Du nord au sud : septième étape, de Neuenegg à Berne


Published by stephen Pro , 8 May 2018, 18h52.

Region: World » Switzerland » Bern » Bern Mittelland
Date of the hike: 6 May 2018
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-BE 
Time: 4:00
Height gain: 250 m 820 ft.
Height loss: 240 m 787 ft.
Route:Neuenegg - Scherligraben - Mengestorf - Köniz - Berne
Access to start point:cff logo Neuenegg
Access to end point:cff logo Bern ou cff logo Köniz

English version here

Il pleut sur la Suisse centrale pendant la nuit et, depuis le train, c’est un ciel lourd et gris que je contemple : ce n’est pas du tout ce qui était prévu ! Mais en sortant du dernier long tunnel avant de changer de train à Berne, le ciel change miraculeusement de couleur et c’est sous un soleil radieux que je reprends mon chemin à Neuenegg, vers 10 heures 45.

Il fait déjà chaud et je suis content de marcher à l’ombre des grands arbres qui surplombent le sentier qui longe la Singine. La rivière, que je suis vers l’amont, passe par une série de cascades miniatures. Malgré la proximité de zones urbanisées des deux côtés de la rivière, c’est très calme : le bruit de l’eau et le rideau de verdure des rives masquent toute présence du monde extérieur. Le sentier est fréquenté par de nombreux promeneurs et cyclistes, alors que quelques pêcheurs ont élu domicile au milieu du torrent peu profond : l’eau ne dépasse pas leurs genoux. Les plages ont été investi par des familles qui se reposent sous des parasols ou font griller des saucisses sur des barbecues improvisés avec des cailloux.

Le sentier passe sous l’autoroute, puis sous le viaduc qui fait passer la ligne de chemin de fer Berne-Lausanne au-dessus de la vallée. J’ai souvent regardé cette vallée très encaissée depuis le train : aujourd’hui c’est moi qui suis en bas, regardant passer les trains loin au-dessus. Un peu plus loin, contraste total, un vieux pont couvert enjambe la rivière.

Au bout d’une heure, mon chemin quitte la Singine pour s’enfoncer dans la petite vallée latérale du Scherligraben. Etroite, profonde et très verte, celle-ci se faufile entre de hautes parois boisées et parfois rocheuses. Il y a beaucoup moins de monde ici que dans la vallée principale, il y règne une ambiance plus sauvage. Le sentier devient plus étroit et, enfin, un peu moins horizontal, montant et descendant doucement dans la forêt qui borde le ruisseau du fond du vallon. Parfois, la vallée s’élargit et la forêt fait place à des clairières où le vert de l’herbe et le jaune de milliers de pissenlits se font concurrence. Je mange mes sandwiches assis au bord d’un petit pont près du hameau de Grabenmühle (611 m), qui marque la fin de la partie encaissée de la vallée.

Quittant le Scherligraben, je suis une petite route qui remonte jusqu’à Mengestorf (637 m). Ce village possède quelques magnifiques maisons anciennes, dont les façades en bois sont couvertes de glycines bleu clair et de lilas mauves. Vient ensuite la grosse montée de cette étape toute plate… mais c’est tout relatif : du village jusqu’au sommet boisée du Mengestorfberg qui le domine, il n’y a que 120 mètres de dénivelée. Par temps clair, j’imagine que la vue vers les montagnes au sud doit être superbe. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui : la brume qui a persisté tout le week-end est toujours aussi épaisse, masquant tout ce qui se trouve au-delà du premier plan.

Alors que je redescends par le côté est de la colline, la présence de la capitale commence à se faire sentir, petit à petit. Les premiers signes ne sont qu’audibles : le ronronnement de fond de la circulation, le rugissement d’une moto, le ding-ding-ding rythmique d’un passage à niveau. Visuellement, rien ne laisse croire que le Palais fédéral ne se trouve qu’à cinq kilomètres d’ici à vol d’oiseau : le paysage que j’aperçois par des trouées dans la forêt reste entièrement rurale.

Bien sûr, la ville finit par s’imposer. A Köniz, les chemins forestiers et les sentiers à travers champs cèdent enfin leur place aux rues avec leurs immeubles, jardins et arrêts de bus. Je pourrais d’ailleurs terminer l’étape en bus, m’ai j’ai envie de marcher jusqu’au bout, même si ça fait franchement bizarre de pénétrer à pied jusqu’au cœur d’une ville capitale en tenue de randonneur… pas certain que l’on ferait cela à Londres, à Paris ou à Bruxelles ! Je remonte au-dessus d’une zone de villas cossues, longe une dernière lisière de forêt, puis descends jusqu’à Fischermätteli, où le centre-ville commence pour de vrai. Il ne me reste plus qu’une demi-heure de marche le long de rues tranquilles sous le soleil chaud du dimanche après-midi, jusqu’à ce que j’arrive au jardin public de la Kleine Schanze, juste derrière le Palais fédéral. J’arrive à ma destination juste à temps : c’est le moment que choisit la semelle de ma chaussure gauche pour se décoller. Ces bomme vieilles chaussures de montagne, qui ont survécu aux Alpes, aux Pyrénées et au chemin du littoral du Pays de Galles, ont été vaincues par les trottoirs de Berne !

Il ne me reste heureusement plus qu’une étape de plat jusqu’à Worb, puis le chemin se redirigera vers des paysages plus montagneux... il était temps.
 
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Hike partners: stephen


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