Du nord au sud : Huitième étape, de Berne à Worb


Publiziert von stephen Pro , 3. Juni 2018 um 12:38.

Region: Welt » Schweiz » Bern » Bern Mittelland
Tour Datum:31 Mai 2018
Wandern Schwierigkeit: T1 - Wandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-BE 
Zeitbedarf: 3:45
Aufstieg: 230 m
Abstieg: 180 m
Strecke:Berne - Elfenau - Allmendingen - Worb

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Pour une ville capitale, Berne est remarquablement compacte. Depuis l'esplanade derrière le Palais fédéral, en plein centre ville, la vue se compose essentiellement de forêts, de prairies et de collines verdoyantes. Cette randonnée assez courte, dernière de quatre étapes de plat, me conduira de la capitale vers ce paysage campagnard et vers les régions plus montagneuses de la suite.

Il fait chaud et lourd en ce jeudi de fin mai, des orages sont prévus pour la fin de l'après-midi. C'est un jour férié en Suisse centrale où j'habite, mais à Berne c'est un jour ouvrable normal : les magasins sont ouverts, les rues sont animées et, à la terrasse des cafés près du Palais fédéral, fonctionnaires et parlementaires dégustent leur café matinal. Je suis la rue principale avec ses arcades jusqu'à la fosse au Bärengraben, où un ours brun solitaire tourne en rond pour le plus grand plaisir des touristes.

Je descends jusqu'à la rive de l'Aare, que je dois suivre en amont pendant les deux premières heures de l'étape. La rivière coule vite et charrie un grand volume d'eau d'une couleur bleu turquoise magnifique. Le Trans Swiss Trail est très friand des bords de rivière : j'ai déjà remonté le Doubs descendu la Sarine puis remonté la Singine, maintenant c'est au tour de l'Aare, et il y a encore l'Emme et le Ticino à venir. Ces chemins de berge peuvent devenir assez monotones après un certain temps, mais je n'ai pas à me plaindre de celui d'aujourd'hui, plutôt agréable à suivre.

La vitesse à laquelle je perds toute impression de me trouver en ville est étonnante. L'Aare serpente entre les quartiers de Berne dans une vallée boisée et encaissée et, vingt minutes après avoir quitté l'ours emblématique de la ville, je pourrais être au milieu de nulle part. Seule la présence de nombreux joggeurs, cyclistes et promeneurs trahit la proximité de la ville. Quelques nageurs ont bravé l'eau de la rivière, qui doit quand même être encore bien froide à cette saison. Mais quel plaisir de se laisser transporter par l'Aare, juste sous les fenêtres du Palais fédéral : y a-t-il une autre ville au monde où ce serait possible ?  

Le sentier de la rive contourne le zoo à Dählhölzli, permettant aux randonneurs d'observer quelques-uns de ses animaux. Je passe devant un étang occupé par une douzaine de pélicans, puis un autre qui, selon un panneau, devrait contenir des castors, mais où je ne vois que des canards et un héron… peut-être quand même que ceux-ci ne sont pas des résidents permanents du zoo. Enfin, deux chamois sont visibles dans leur enclos, au milieu des arbres au-dessus du chemin. Un peu plus loin à Elfenau, la rivière borde une réserve naturelle qui s'étend dans une enfilade d'étangs tranquilles. Le contraste est saisissant entre l'eau rapide et turquoise de la rivière à ma droite et celle, immobile et brunâtre, des étangs à ma gauche.

Au-delà d'Elfenau, la vallée s'élargit progressivement et devient moins encaissé. La vue devient plus lointaine le long de la rivière et le ciel devient également plus visible : le soleil est déjà en train de céder sa place aux nuages, premier signe prémonitoire des orages qui arriveront vers 16 heures, comme tous les jours depuis deux semaines. A Muri il y a une grande piscine en bordure de rivière, mais elle est quasiment déserte malgré la chaleur, peut-être parce que c'est un jour d'école normal. Dix minutes plus tard, je passe devant l'un de ces ponts couverts, massifs et solides, que l'on trouve un peu partout en Suisse.

Jusqu'à ce point, l'étape a été entièrement horizontale (si on ne compte pas la descente entre la gare de Berne et le Bärengraben). A Hintermärchligen (513 m), je quitte enfin le sentier de la rive et remonte vers le nord-est, laissant la vallée de l'Aare derrière moi. Mais alors que je suis plus éloigné de la ville maintenant, les bruits de la civilisation se font entendre. A ma gauche, l'autoroute s'est rapprochée de mon itinéraire, alors qu'à droite se trouve l'aéroport de Berne-Belp. Bon d'accord, ce n'est pas Roissy, mais un avion décolle quand même bruyamment au moment où je passe. Un panneau jaune indique 1 heure 35 jusqu'à Worb… c'est parfait, c'est exactement le temps qu'il me reste avant le train de 15h 30, qui offre la correspondance la plus rapide pour rentrer à Lucerne. Je ne suis donc pas très content lorsque, dix minutes plus tard, le panneau suivant m'informe qu'il faudra maintenant 1 heure 40 minutes.  

Dès que je tourne le dos à la rivière, je dois faire face à un obstacle : le chemin qui quitte la vallée est en travaux et est barré. Ayant oublié d'emmener une carte avec moi, je ne sais pas s'il y a moyen de contourner les travaux, donc je me lance sur le sentier qui est effectivement impraticable : il y a des pelleteuses, des tracteurs et des ouvriers partout. Je parviens à passer, mais seulement en faisant un petit exercice de commando pour passer sous quelques clôtures dans les prés en bordure du chemin. Je passe au-dessus de l'autoroute sur un pont (le topo-guide de Suisse Rando indique à tort que le chemin passe en dessous de l'autoroute) et suis content de constater que son bruit disparaît aussitôt, camouflé par une petite colline. Mais un autre obstacle m'attend : sur une distance d'un kilomètre environ, la petite route de campagne qui mène à Allmendingen a été fraîchement goudronnée, le bitume est encore reluisant et collant. La route est bordée des deux côtés par des clôtures électriques et le bas-côté n'est pas assez large pour me permettre de marcher dessus. Coups de jus ou pieds collants, il faudra choisir…

Le paysage a complètement changé à présent. La vallée boisée a cédé sa place aux grands espaces, aux champs de céréales, aux prés à vaches et aux coquelicots qui fleurissent au pied des haies. Par beau temps, il doit y avoir une belle vue vers l'Oberland bernois au sud : aujourd'hui, les montagnes sont invisibles, déjà englouties par les cumulonimbus des orages à venir. Alors que je pensais ne plus avoir aucune chance d'arriver à Worb avant le départ du train, un troisième panneau à Allmendingen (un quart d'heure après celui marqué 1h 40) m'informe que ma destination n'est plus qu'à une heure de marche…  ça paraît jouable. Je passe au-dessus de la ligne de chemin de fer Berne-Interlaken (là aussi, le guide dit qu'il faut passer sous la voie ferrée) juste au moment où un ICN passe dessous à toute vitesse. Un peu plus loin, je passe sous la ligne qui relie Berne à Lucerne par l'Entlebuch : ici aussi, un train arrive juste au moment de mon passage, mais celui-ci est moins pressé. Le bras gauche du chauffeur pend par la fenêtre ouverte de sa cabine : petit coup de soleil en vue.

Depuis le village de Langenloh, un sentier en forêt me fait monter jusqu'au point culminant de la randonnée, à une altitude de 664 mètres. Peu après, à la lisière du Wislerwald, la destination de l'étape apparaît, dans la vallée en contrebas. D'un village tranquille, Worb (582 m) est devenue une ville-dortoir de bonne taille, dans laquelle j'entre en suivant un sentier raide qui descend au-dessus d'un centre sportif de taille impressionnante : piscine olympique avec plongeoirs, terrains de foot, halle de tennis, il y a tout ce qu'il faut. J'atteins la gare de Worb Dorf avec dix minutes de marge (et avec une demi-heure d'avance sur l'orage), juste ce qu'il faut pour acheter une bouteille d'Apfelschorle au petit magasin bizarrement nommé Avec, comme dans beaucoup de gares.

Petite remarque sur l'horaire des CFF, qui indique une correspondance à Berne avec six minutes pour changer de train. Depuis le mauvais bout du quai de la voie 24 dans la gare souterraine jusqu'à la voie 6, cela relève de l'exploit, et je le réussis uniquement parce que le train pour Lucerne a deux minutes de retard. Avec des bagages ou des enfants, ou pour des personnes âgées, cette correspondance est tout simplement infaisable et ne devrait pas être indiquée en tant que telle.
 
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Tourengänger: stephen


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