De Sargans à Grindelwald sur la Via Alpina - Troisième étape


Published by stephen Pro , 30 July 2010, 17h30.

Region: World » Switzerland » Glarus
Date of the hike:22 July 2010
Hiking grading: T3 - Difficult Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-GL   Chärpfgruppe 
Time: 5:00
Height gain: 700 m 2296 ft.
Height loss: 1650 m 5412 ft.
Route:(Elm) - Obererbs - Richetlipass - Linthal
Access to start point:Obererbs, bus depuis Elm Sportbahnen. A priori un seul bus par jour à 9:15
Access to end point:Linthal, train depuis Ziegelbrücke
Accommodation:Plusieurs hôtels à Linthal
Maps:1174 Elm, 1173 Linthal

Troisième étape, d'Elm à Linthal

La marmotte contre-attaque…

J'ai de la chance, la serveuse de l'hôtel a retrouvé mon T-shirt envolé pendant l'orage de la veille. Il est sec et même pas sale, ayant subi un second lavage 100 pour cent bio grâce à la pluie !

Cette troisième étape me donne quelques soucis. Avec 1400 mètres de montée elle est toute aussi longue que celle de la veille, si ce n'est plus, et je sais qu'il y a un passage délicat dans la descente après le col. Le guide Rother dit même qu'il faut éviter d'y aller par temps humide. Or, justement, les prévisions de Météosuisse pour la journée ne sont pas très optimistes : ciel se couvrant le matin déjà, puis arrivée d'averses et d'orages pouvant être violents.

Il faudrait partir très tôt pour être sûr d'avoir passé l'endroit difficile avant l'arrivée de la pluie, mais l'hôtel ne sert le petit déjeuner qu'à partir de 8 heures. Nous avons appris par les deux Anglais qui font les mêmes étapes que nous qu'il existe un bus qui monte jusqu'à Obererbs, et qui part à 9h 15. Nous décidons de le prendre ; cela nous fera gagner deux bonnes heures et nous donnera toutes les chances de terminer l'étape.

Nous ne regretterons pas notre choix. Depuis le bus, nous voyons le sentier de randonnée à plusieurs reprises ; il n'a pas l'air particulièrement intéressant, traversant fréquemment la route et la suivant même à certains endroits. Le parcours en bus se termine par une section où le chauffer doit faire marche arrière sur 200 mètres sur une route d'alpage qui semble plus étroite que le bus lui-même, faute d'endroit assez large pour faire demi-tour au terminus.

Nous disons au revoir aux deux Anglais, qui ont pris le bus eux aussi. Nous les laissons rapidement derrière nous et ne les verrons plus. Nous décidons de "tracer" ce matin, en montant le plus vite possible sans trop faire de pauses. Plus nous avançons, plus nous aurons de chances de passer avant la pluie. Il fait nettement plus frais que les jours précédents. Le soleil ne brille que timidement et les sommets les plus élevés sont déjà coiffés de nuages… je ne le sais pas encore, mais six jours de pluie et de brouillard passeront avant que je ne revoie des sommets.

Le sentier est très bien profilé, pas trop raide, facilitant la montée. Nous gagnons vite de l'altitude, 400 mètres en une heure malgré les sacs lourds. Mon sac me semble d'ailleurs plus facile à porter que les deux premiers jours, où il me faisait mal aux épaules. Je commence à m'habituer à avoir ce poids sur le dos.

Quelques grondements lointains nous font craindre l'arrivée des orages, mais ce n'est que l'armée qui tire sur la montagne là-bas, à la sortie d'Elm. C'est bien connu, la montagne est dangereuse, alors il faut lui tirer dessus pour se défendre…  

Nous arrivons en haut de cette première montée, sur une épaule dominant le pâturage de Wichlenmatt, avec le Richetlipass derrière. Le temps se dégrade subitement : le vent se lève brusquement et quelques gouttes de pluie commencent à tomber. Je sais que mon couvre-sac imperméable a un effet magique, il suffit de le sortir pour que la pluie cesse. J'essaie… et ça marche, la pluie s'arrête et le vent se calme.

Nous descendons au fond du creux de Wichlenmatt, au milieu des vaches. C'est un joli endroit, un grand pâturage plat et marécageux entouré de montagnes abrupts. Quelques petits ruisseaux bordés de linaigrettes sillonnent le pâturage. Au milieu se trouve un chalet d'alpage, devant lequel flotte ce qui semble êre le drapeau du canton de Soleure… bizarre. Mais en arrivant plus près, nous voyons qu'il s'agit d'un drapeau militaire ; un soldat monte la garde devant la cabane. Nous laissera-t-il passer ? Pas de problème, apparemment la direction interdite n'est pas celle du col, mais plutôt le sentier qui redescend vers Elm par Wichlen.

Il reste 250 mètres à monter jusqu'au col. C'est raide, très raide même à la fin, mais au moins il n'y a pas de névé à cet endroit où, selon mon topo-guide anglais, la neige reste souvent tard dans la saison. A 11 heures 30 nous sommes au Richetlipass, deuxième col de la traversée. Nouveau col, nouvelle vallée et nouvelle vue devant. Nous sommes surpris de voir que vers le nord-ouest, là où nous allons, le ciel est bien dégagé ; Météosuisse se serait-il trompé ?

Nous voulons quand même en finir avec ce passage délicat avant de casser la croûte. La première partie de la descente est raide et glissante : pas de danger particulier, mais le sentier demande beaucoup de concentration sinon c'est la glissade assurée. Nous descendons au milieu d'un troupeau de moutons jusqu'à une petite cabane sur un replat, où nous dépassons un couple hollandais que nous reverrons tout au long de l'après-midi et du lendemain.

Un peu plus bas, nous croisons un jeune homme qui monte vers le col. Il porte un sac Migros qui contient une quantité impressionnante de cannettes de bière… va-t-il ravitailler l'armée à Wichlenmatt, ou a-t-il juste prévu un après-midi de beuverie solitaire en montagne ?

La descente continue le long d'une jolie crête herbeuse couverte de buissons… et voici le fameux passage difficile, qu'il faut passer pour atteindre le Durnachtal en-dessous. La crête que nous suivons se termine en une série de barres rocheuses. Le sentier descend un peu à gauche puis, très étroit, traverse presque horizontalement au-dessus de petites falaises. Cela ressemble beaucoup à un passage sous la cabane de la Tourche en allant vers l'Au de Morcles, que j'ai fait l'été dernier pendant le tour des Muverans. Il faut bien assurer chaque pas car une glissade aurait des conséquences fâcheuses, mais le sentier est bon et sec et en fait il n'y a aucune difficulté. Un court pas rocheux qu'il faut descendre est équipé d'une chaîne, puis c'est fini, nous sommes sous les barres et sommes de nouveau autorisés à trébucher, à glisser et à tomber.

Encore quelques zigzags et nous rejoignons le fond du Durnachtal au milieu d'un cirque impressionnant. En avançant dans l'herbe pour prendre une photo, j'ai la peur de ma vie quand une marmotte que j'ai dû déranger siffle à deux ou trois mètres devant moi…   pas peur des barres rocheuses mais au bord de la crise cardiaque à cause d'une marmotte…

Il refait chaud. Nous trouvons un coin d'ombre pour pique-niquer avant de continuer vers la vallée sur une piste carrossable. Cela ressemble un peu à la descente d'hier après-midi, sauf que la pente est plus douce et c'est beaucoup moins long. Peu après une ferme au nom de Berg (cela ne fait pas preuve de beaucoup d'imagination), nous quittons la piste pour descendre en forêt vers le Bachweg. Descente raide sur des cailloux extrêmement glissants, puis le long du torrent qui nous accompagne jusqu'à l'entrée de Linthal.

A l'hôtel l'accueil est froid, à la limite du désagréable. Il faut présenter une pièce d'identité et remplir une fiche "parce que c'est la loi"… pourtant dans d'autres hôtels, on ne me demande rien du tout. Mais le dortoir au sous-sol est moderne ; une fois de plus, c'est une chambre à quatre lits avec douche privée que nous avons pour nous seuls. Cela nous permet de nous étaler, de vider les sacs, de laver chaussettes et T-shirts et de les étendre un peu partout dans la piéce.  Le repas du soir est franchement mauvais, mais au moins les orages ne sont pas venus et nous pouvons dîner et terminer la soirée en terrasse. Alors que nous nous couchons, il se met à pleuvoir…

Etape suivante : http://www.hikr.org/tour/post26036.html
Etape précédente : http://www.hikr.org/tour/post26004.html

Version anglaise : http://isitmuchfurther.blogspot.com/2010/07/from-sargans-to-grindelwald-on-via_22.html


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Comments (1)


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PStraub says: Berg
Sent 2 August 2010, 07h56
Danke für den witzigen Bericht.

Kleine Anmerkung:
".. au nom de Berg (cela ne fait pas preuve de beaucoup d'imagination) ..".
Im Alemannischen bedeutet 'Berg' nicht 'montagne', sondern eine alpine Liegenschaft, die ganzjährig bewirtschaftet wird.
Das Gegenteil von 'Berg' ist also nicht 'Tal', sondern 'Meiensäss' oder 'Alp', wo der Bauer nur im Sommer ist.


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