Sidelhorn


Published by stephen Pro , 7 September 2014, 20h29.

Region: World » Switzerland » Valais » Oberwallis
Date of the hike: 6 September 2014
Hiking grading: T3 - Difficult Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-BE   CH-VS 
Time: 4:00
Height gain: 700 m 2296 ft.
Height loss: 700 m 2296 ft.
Route:Grimselpass – Husegghütte – Sidelhorn – Triebtenseeli - Grimselpass
Access to start point:cff logo Grimsel Passhöhe
Access to end point:cff logo Grimsel Passhöhe

English version here

Enfin septembre ! Mon mois préféré pour les randonnées en montagne, avec ses petits matins froids qui se transforment en après-midi magnifiques, son air limpide et ses couleurs accentuées par le soleil plus bas dans le ciel. Pas surprenant si, pour la première fois depuis je ne sais plus quand, les deux jours de ce premier week-end de septembre ont été parfaites pour la randonnée.

Pour la première de mes deux randos, j'attendrai le point culminant de mon été. Avec ses 2764 mètres, le Sidelhorn est de loin le sommet le plus haut que j'ai pu gravir cette année. D'accord, c'est un peu de la triche, car on part déjà d'une altitude de 2100 mètres, ne laissant que 600 à monter pour arriver en haut. Berne ou Valais : difficile de dire, car l'itinéraire de la montée suit la frontière cantonale, et le sommet lui-même appartient aux deux cantons.

Je prends le train de Lucerne à Meiringen, où je change pour le car postal qui monte au Grimselpass. Le chauffeur du car commente les principales curiosités de la vallée pour les voyageurs, en allemand et en français ; ainsi, j'apprends que Meiringen s'appelle "Meringue" en français.

Le col du Grimsel n'est pas le plus bel endroit du monde, envahi comme il est par des hordes d'automobilistes et de motards, sans parler de toutes les infrastructures liées à l'exploitation hydroélectrique. Quand on ajoute en plus la laideur des divers restaurants installés au col, cela donne un endroit à fuir le plus vite possible. Même sans toute cette intervention humaine, le Grimsel serait un endroit désolé et austère: pas un arbre à cette altitude, le seul vert vient des lichens qui poussent sur le rocher gris clair.

Quittant la cohue et le bruit du col, je monte vite au-dessus du "lac mort" (le Totesee mériterait un plus joli nom) par un chemin qui annonce tout de suite la couleur : raide et rocheux, le sentier n'offre aucune marche d'approche facile. Par endroits, de grosses pierres plates ont été mis en travers du sentier pour aménager des escaliers semi-naturels ; ailleurs, on monte directement sur de grosses dalles faiblement inclinées. Vers l'est, les sommets du Haslital et de la région de la Furka ne laissent pas deviner l'immense région glaciaire qui se cache derrière. Devant et en dessous, les eaux gris-vert et laiteuses du Grimselsee ont l'air froides et impénétrables. Dans un petit creux marécageux, un petit lac entouré de linaigrettes est l'endroit parfait pour faire une pause boisson et photo.

Un peu plus haut, à 2441 mètres, j'atteins la Husegghütte, une cabane tout en pierre admirablement située pour profiter pleinement de la vue vers le nord et le nord-est. Peu après, les géants de l'Oberland bernois apparaissent ; le plus en évidence parmi eux est le Lauteraarhorn tout couvert de neige. L'itinéraire vers le sommet du Sidelhorn devient plus clair aussi, une arête rocheuse qui descend presque jusqu'au point où je suis. Elle n'a pas l'air facile, cette arête, elle est bien raide...

En réalité, l'arête nord-est du Sidelhorn ne pose aucun problème. Le chemin devient de plus en plus rocheux, mais il y a toujours une trace de sentier facile à repérer. Dans les 50 derniers mètres, je dois me servir un peu des mains pour se hisser au milieu des gros blocs, mais l'itinéraire n'est jamais exposé et j'arrive sans encombre au sommet orné d'une grande croix métallique.

La vue depuis le sommet, souvent décrite sur ce site, est de toute beauté. Les deux glaciers d'Oberaar et de Lauteraar attirent l'œil vers le cœur même de l'Oberland bernois, entourés des plus hauts sommets de la région. Il y a beaucoup de monde au sommet ; en particulier, un grand groupe monté avec sept ou huit enfants  met de l'ambiance. "Caroline, ne va pas là-bas, tu vas tomber !" "Manuel, tu peux emmener ce sandwich à Annina ?" "Aaron, tu veux du chocolat ? Oui, je sais que tu n'aimes pas le chocolat au lait, je suis ta mère après tout, c'est pour ça que je te propose du noir." "Oh papa, regarde, y a des parapentes !" "Caroline, je t'ai dit de NE PAS aller là-bas!" De toute façon, l'endroit ne se prête pas à la sieste, il n'y a pas un mètre carré qui ne soit pas recouvert de cailloux pointus, alors je mange tranquillement mes sandwiches, puis pars vers l'arête sud-ouest.

Celle-ci est nettement plus compliquée que l'arête par laquelle je suis monté. Dans la montée il y avait toujours des traces de sentier : ici, il n'y a qu'un chaos de gros blocs enchevêtrés, empilés les uns sur les autres dans tous les sens. C'est comme si on avait pris tous les gravats du plus gros chantier du monde pour les déverser ici. Même s'il n'y a aucun danger de tomber dans un précipice, le danger de mettre le pied dans un trou et de se casser une jambe est tout à fait réel. Les pierres sont souvent instables, il faut faire attention et bien se servir des pieds, des mains, parfois aussi des fesses. Le "truc" est évidemment de repérer le bon parcours dans ce labyrinthe, mais ce n'est pas facile et je mets une demi-heure pour atteindre la selle marquée 2,689 mètres sur la carte, d'où un sentier plus confortable descend vers le Triebtenseeli.

Plus facile mais toujours pas très commode, ce sentier descend dans des pentes d'éboulis, vers le petit Triebtenseeli dont les eaux bleu foncé contrastent avec celles plus laiteuses du Grimselsee juste derrière. Arrivé près du lac, ça devient beaucoup plus facile. Un bon sentier part vers l'est, sous les pentes nord du Sidelhorn. Il remonte jusqu'à vers 2500 mètres, offrant de belles vues vers les sommets du Haslital et la vallée du Lateraargletscher. Ce sentier me ramène bientôt à la Husegghütte, à partir d'où il suffit d'une demi-heure de descente pour rejoindre le col du Grimsel. J'atteins le col avec juste le temps de boire une bière avant le départ du bus de 16h 10. La randonnée n'a pas été très longues – quatre heures de marche en tout – mais elle a été techniquement intéressante sans être effrayante, et visuellement superbe.

Hike partners: stephen


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