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De Sargans à Grindelwald sur la Via Alpina - Sixième étape


Published by stephen , 1 August 2010, 14h40.

Region: World » Switzerland » Obwalden
Date of the hike:25 July 2010
Hiking grading: T2 - Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-UR   CH-OW 
Time: 6:30
Height gain: 850 m 2788 ft.
Height loss: 1290 m 4231 ft.
Route:Brüsti - Surenenpass - Engelberg
Access to start point:Brüsti, téléphérique depuis Altdorf
Access to end point:Engelberg, train pour Lucerne
Accommodation:Hotel Spannort à Engelberg ; bien sûr, il y a beaucoup d'autres possibilités.
Maps:1191 Engelberg

 Sixième étape, de Brüsti à Engelberg


Der Wanderhit…

… c'est ainsi que les sets de table en papier du Berggasthaus Z'Graggen décrivent l'itinéraire qui va vers Engelberg par le Surenenpass. La description est justifiée ;  autant les six heures de l'étape d'hier ont été la galère, autant les six heures d'aujourd'hui seront un plaisir.

Je n'étais finalement pas seul au dortoir, car un jeune Français est arrivé pendant le souper de la veille. Nous discutons un peu au petit déjeuner ; parti un mois plus tôt de Modane, il suit la Via Alpina "en sens inverse" et espère aller jusqu'en Slovénie, où il devrait arriver en septembre. Bonne chance et bon vent à lui !  Mention aussi aux excellents Birchermüesli du Gasthaus!

Toutes mes affaires ont séché sauf les chaussures, encore humides mais nettement moins qu'hier matin. Mon sac est lui aussi encore un peu humide, mais il suffira d'une heure de soleil pour achever le séchage. Je n'ai pas pu consulter le site de Météosuisse, n'ayant pas de réseau, mais je me souviens que les prévisions pour cette journée du dimanche étaient plutôt bonnes. Je suis donc déçu de voir que le brouillard est toujours là. Il semble toutefois moins tenace que les jours précédents et quelques petites fenêtres de ciel bleu laissent espérer une amélioration rapide.

La montée commence tout de suite, vers une crête qui, très logiquement, s'appelle Grat sur la carte. Après un quart d'heure de montée facile la crête se fait étroite et rocheuse ; un passage en descente est sécurisé par des mains courantes, heureusement car avec l'humidité ambiante il est très glissant.  La crête s'élargit et s'adoucit ensuite et le sentier monte lentement mais sûrement. Les nuages ne veulent pas lâcher prise complètement : de temps en temps ils se déchirent, produisant de jolis effets de lumière avec le soleil qui tente de percer. Mais dans l'ensemble, le ciel reste bien bouché. Dommage, car ce long parcours de crête doit être magnifique quand il y a quelque chose à voir.

Au bout d'un peu plus d'une heure, alors que je fais une pause, un couple de randonneurs qui ont eux aussi dormi à Brüsti arrivent. Ils sont neuchâtelois et sont partis de Sargans deux jours avant moi. Ils ont fait des variantes et ont pris un jour de repos, de sorte que je les aie rattrapés hier soir. Ils suivront le même chemin que moi jusqu'à Engstlenalp demain soir ; ensuite ils prévoient de bifurquer vers le nord et de descendre sur Brienz. Pendant que nous discutons, le brouillard se lève subitement et nous voyons un paysage inattendu de pics et de falaises saupoudrés de neige fraîche, juste devant nous. Ca doit être le Brunnistock, un "presque trois mille". J'ai juste le temps de prendre une photo, puis le brouillard enveloppe tout de nouveau.

Je continue en direction d'Angistock où il y a un joli petit lac, puis de Langschnee où il reste effectivement plus de neige qu'ailleurs – l'endroit est bien nommé. Le sentier se perd un peu dans un grand champ d'éboulis, puis reprend sa montée de l'autre côté. Un groupe de VTTistes arrive depuis la vallée par un autre chemin ; ils poussent leurs vélos et ont l'air de souffrir ! Le terrain devient schisteux, la pente se redresse et le brouillard s'épaissit. Le col, lui, reste invisible, perdu quelque part là-haut dans les nuages. La dernière centaine de mètres est très raide.

Au col, le vent souffle fort et il fait très froid. Il n'y a pas de brouillard de l'autre côté mais les nuages restent bas et cachent les sommets : le Titlis reste invisible, seule une ombre plus sombre qu'ailleurs indique la présence de quelque chose de gros, là-bas dans les nuages. Malgré le froid Il y a pas mal de monde au col ; les deux Neuchâtelois, une famille, trois jeunes Hollandais qui vont dans l'autre direction et, bientôt, les VTTistes qui ont vraiment dû galérer en poussant leurs engins jusqu'en haut de cette dernière pente. L'un d'eux trouve néanmoins l'énergie de suspendre son vélo au poteau de balisage pour une photo de groupe.

Je ne traîne pas longtemps au Surenenpass, il fait trop froid. Côté ouest, le sentier descend au-dessus de quelques petits lacs, au milieu de troupeaux de vaches bien paisibles qui font presque la queue pour se faire photographier. Il y a beaucoup plus de monde de côté du col, sans doute des gens partis d'Engelberg après le petit déjeuner.  Cela se voit qu'on est dimanche et qu'on se rapproche de zones beaucoup plus touristiques que les jours précédents.

La descente se poursuit tout en douceur jusqu'à Blackenalp, où il y a une buvette et une petite chapelle blanche sur une butte, devant un cirque de falaises. Je me pose sur un rocher un peu avant la chapelle pour pique-niquer ; pendant que je mange, les nuages recommencent à descendre. Avec les nuages sombres, les falaises et quelques rayons de soleil timides, il y a de jolis jeux de lumière. Le vent reste quand même frais ; j'aurais bien aimé faire une petite sieste face à ce décor austère mais il fait trop froid, alors je remballe mes affaires et je continue par pistes et sentiers au-dessus du torrent, jusqu'à Stäfeli.

A partir d'ici c'est beaucoup plus touristique, car facilement accessible depuis Engelberg même en baskets. Il y a des familles, des cyclistes, des gens promenant leur chien. Mais l'itinéraire reste très beau et, contrairement à l'étape précédente, réussit à éviter la route jusqu'au bout. Au restaurant Alpenrösli je traverse l'Engelberger Aa pour poursuivre sur un joli sentier, à travers bosquets et clairières. Engelberg apparaît au lointain ; à Herrenrütiboden des vaches broutent tranquillement au milieu des promeneurs du dimanche… à moins que ce soit les promeneurs qui marchent tranquillement au milieu des vaches qui broutent ! Le sentier rejoint brièvement la route, puis la quitte au niveau d'un terrain de golf pour gagner le centre d'Engelberg par une série de ruelles tranquilles où la seule circulation est celle des cyclistes.  Le chemin me fait entrer en ville le long du monastère ; je visite rapidement l'intérieur de l'église, mais elle est un peu trop décorée, trop flamboyante à mon goût.

Engelberg est plus petit que je pensais. Je m'attendais un peu à une station huppée de type Gstaad ou Saas-Fee, mais en ce dimanche soir c'est une petite ville tranquille : peu de monde dans les rues, même si la plupart des magasins sont encore ouverts. Mon hôtel, dans la rue principale, est très luxueux par rapport aux auberges des jours précédents. Chambre cossue avec télé, grand lit, balcon et même – comble du luxe pour un randonneur humide – un sèche-linge escamotable dans la douche qui me permet de faire une séance intensive de lavage et de séchage de mes vêtements sales et mouillés.

Ca fait du bien d'être propre et sec. Je mets mon portable et mon appareil photo à recharger, puis je sors (en short, ce qui est un peu téméraire vu la fraîcheur) faire le tour du centre ville ; je repère la Coop et vérifie qu'elle sera ouverte lundi matin. En fait, la ville se résume plus ou moins au monsatère et à la Dorfstrasse, c'est vraiment tout petit. Malgré la température frisquette, je m'installe à une terrasse pour regarder un peu l'étape du lendemain sur la carte. Les deux Neuchâtelois arrivent et nous buvons une bière ensemble. Le monsieur commande "ein Weissbier" et reçoit un verre de vin blanc, puis se fait gronder par la serveuse qui lui dit qu'il fallait demander "ein Weizenbier". Peut-être, mais elle aurait quand même dû comprendre le mot "Bier" dans ce qu'il a dit...  Ma soirée se termine dans une pizzeria de la rue principale ; malgré la météo toujours aussi capricieuse, la journée a été belle. Demain ce sera en quelque sorte un jour de repos : grasse matinée et petite étape de quatre heures jusqu'à Engstlenelp.

Etape suivante : http://www.hikr.org/tour/post26121.html

Etape précédente : http://www.hikr.org/tour/post26039.html

English version: http://isitmuchfurther.blogspot.com/2011/07/from-sargans-to-grindelwald-on-via_25.html

Hike partners: stephen


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