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Petite balade de Romoos à Bramboden


Published by stephen , 3 June 2020, 17h02.

Region: World » Switzerland » Luzern
Date of the hike: 1 June 2020
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-LU 
Time: 4:15
Height gain: 805 m 2640 ft.
Height loss: 550 m 1804 ft.
Route:Romoos - Schwändi - Oberlänggrat - Drachslis - Bramboden

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Dans un premier temps, je pensais aller au Tessin ce week-end pour reprendre ma traversée nord-sud, interrompue en février. Mais l'idée de passer deux heures dans un train sans doute bien rempli manque vraiment d’attrait en ce moment : je décide donc de rester plus près de la maison et de faire une petite randonnée dans la région du Napf. Vingt minutes de train et un quart d’heure de bus suffiront pour atteindre le point de départ. Le train de Lucerne à Wolhusen est presque vide : par contre, dans le car postal qui monte de Wolhusen à Romoos, toutes les places sont prises. Je suis pourtant le seul à porter un masque... les règles de distanciation sociale ne semblent pas avoir atteint ce coin de la Suisse centrale !

La dernière fois que j'étais à Romoos (792 m), c'était en plein hiver. Le village était endormi, froid et désert sous une épaisse couche de neige fraîche. Aujourd'hui, l’ambiance est toute autre : autour de la fontaine moderne au centre du village, ça grouille de familles qui partent pour des promenades et des pique-niques sous le soleil chaud du lundi de Pentecôte. Je remonte la rue principale, passant devant hôtel Kreuz au charme très vintage avec ses balcons en bois, puis je continue par une petite route qui quitte le village vers l'ouest, jusqu'à ce qu'un sentier étroit se détache sur la gauche et entre dans les bois au-dessus de la route. Sur le mur d’une cabine en bois hébergeant des toilettes rustiques à l'entrée du sentier, une affiche informe les utilisateurs des lieux comment se protéger contre le coronavirus : étant donné le non-respect total des recommandations auquel je viens d'assister dans le car postal, cet avertissement au milieu de nulle part me semble quelque peu inutile !

Le sentier revient brièvement sur la route à Säumettle (812 m), puis la quitte à nouveau pour remonter, assez raide, dans la forêt où des rayons de soleil illuminent des touffes d'herbe et des racines. Un peu au-dessus de 900 mètres, je quitte de la forêt pour des prairies herbeuses, avec une belle vue vers l'est à travers un paysage joliment vallonné, jusqu'à la lointaine chaîne du Pilatus. Le paysage est parsemé de fermes isolées : à côté de la plus proche d’elles se trouve un grand tipi blanc, qui doit être un endroit bien agréable pour un week-end en famille tendance outdoor. Des familles, il y en a d’ailleurs beaucoup sur le chemin : les enfants ont chaud, ils sont fatigués par la montée et ils râlent. Peu à peu je les laisse derrière : les pleurs et les couinements diminuent et le calme revient.

A Schwändi (1032 m), le chemin débouche sur une route, près d’un arrêt de bus et d’un parking. La prochaine partie de la randonnée a l’air intéressante sur la carte : le sentier descend dans une vallée très encaissée, puis remonte de l'autre côté pour rejoindre la route. Malheureusement, ce sentier est fermé et je n’ai d’autre choix que de suivre la route, qui contourne tout le vallon : 3 kilomètres de goudron, ce n’est pas vraiment ce que je suis venu chercher au pays du Napf ! La route, sinueuse et très étroite, serpente entre des falaises instables à droite et le ravin à gauche : je dois constamment me pousser pour laisser passer des tracteurs et d’autres engins agricoles qui en occupent vraiment toute la largeur. Des travaux de consolidation de la chaussée et de la falaise sont en cours sur toute cette partie : l'instabilité du terrain est peut-être la raison pour laquelle le sentier est fermé. Alors que j'atteins enfin la fin de ce tronçon goudronné, toute une procession de petits tracteurs colorés et rutilants me dépasse, un homme et une femme assis sur chacun d'eux. Si j’ai bien compris le logo qui décore chaque tracteur, il s’agit de membres d’un club de yodel qui se dirigent sans doute à une fête champêtre quelque part dans les alpages. 

Une montée raide sur une piste caillouteuse débouche sur un beau chemin herbeux à flanc de montagne, qui monte vers Oberlänggrat (1149 m), point culminant de la randonnée. Quelques centaines de mètres avant d'atteindre la ferme, je monte sur le talus au-dessus du chemin pour manger mes sandwichs. La vue d'ici est superbe : le massif du Pilatus est visible de bout en bout, puis le Schimbrig et, à sa droite, la crête rocheuse du Schafmatt. Au loin, quelque chose qui pourrait bien être le Sustenhorn est juste visible à travers la brume de chaleur. C’est la plus belle vue de la journée et un joli endroit pour casser la croûte.

Depuis Oberlänggrat, le sentier se dirige vers le sud et plonge à travers bois. Mon genou gauche, qui m’embête depuis une séance de jogging un peu trop soutenue il y a quelques semaines, me rappelle sa présence de manière douloureuse dans cette descente. Le sentier lui-même me réserve une surprise : à la limite inférieure de la forêt, il semble continuer tout droit le long d’une croupe herbeuse, vers la buvette de Schwesteregg. Mais, arrivé à la buvette, aucune marque de balisage en vue. En fait, juste avant la lisière du bois, le chemin bifurque à droite, se faufilant sournoisement entre deux arbres : il y a une grosse flèche jaune peinte sur un arbre au niveau de l’embranchement, mais j’étais occupé à relacer mes chaussures et ne l’ai absolument pas vue !

La tendance générale est maintenant à la descente ; parfois sur des sentiers étroits, le plus souvent sur des chemins plus larges et caillouteux. Mon genou continue de me rappeler son existence, en particulier dans les quelques parties plus raides. L'après-midi est devenu très chaud, faisant de cette descente une expérience plutôt pénible. Serpentant entre des parois rocheuses, le chemin m'amène finalement au fond d'une vallée encaissée, où un ruisseau de couleur brune (le Seeblibach) coule lentement entre des rives de galets blancs. À une centaine de mètres en aval, une passerelle en bois bien au-dessus du lit de la rivière laisse penser qu’il charrie parfois beaucoup d’eau, mais il a peu plu ces derniers temps et le torrent n’est plus qu’un petit filet d’eau, que je peux facilement traverser les pieds secs.

Sur l’autre rive, le sentier commence immédiatement à grimper pour quitter le fond de la vallée, avec des marches en bois à l’endroit le plus raide. D’abord en forêt, puis dans les pâturages, je remonte lentement jusqu’aux chalets de Hinter Bramboden, au-dessus desquels la piste se transforme en petite route d’alpage. Les premières maisons de Bramboden ne sont plus très loin, mais il me faut encore un quart d’heure de marche le long de la route pour rejoindre le centre du village (1053 m) avec son église, son café et son arrêt de bus. Derrière l’église, le cimetière offre une vue panoramique par-dessus les pierres tombales jusqu'aux montagnes de l'autre côté de la vallée de l'Entlebuch. Je viens de rater un bus et le prochain ne part que dans deux heures. Sans mon genou douloureux, j’aurais poursuivi ma marche jusqu’à Schüpfheim, mais je me contente de boire une bière au soleil, puis de m’asseoir sur un banc à l'ombre jusqu'à ce que le bus (qui n’est en fait qu’un minibus) arrive.

Je suis seul à bord du bus pour le trajet (fort pittoresque et sur de toutes petites routes) jusqu'à la gare de Schüpfheim. Le quai est bien rempli de randonneurs, certains attendant le train pour Lucerne, d'autres celui pour Berne qui arrive en même temps. Et là, j’observe un phénomène culturel intéressant : presque tous les voyageurs qui attendent le train pour la capitale (dont beaucoup de francophones) portent un masque, tandis que ceux qui se dirigent vers Lucerne n’en ont pas… la distanciation sociale ne fonctionne pas de la même manière d’une région à l’autre !
 

Hike partners: stephen


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