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Du nord au sud : Vingt-quatrième étape, de Bellinzona à Isone


Published by stephen , 11 January 2020, 12h48.

Region: World » Switzerland » Tessin » Sottoceneri
Date of the hike: 4 January 2020
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-TI   Gruppo Camoghè 
Time: 4:30
Height gain: 830 m 2722 ft.
Height loss: 310 m 1017 ft.
Route:Bellinzona - Cima di Dentro - Isone

English version here

Après l’étape longue et plate entre Biasca et Bellinzona, celle-ci est nettement plus courte mais aussi plutôt raide, avec un peu plus de 800 mètres de dénivelée positive. Il n’y a eu que deux étapes où j’ai fait plus de montée, et dans les deux cas (de Giswil à Melchsee-Frutt et d’Engelberg à Brüsti) il s’agissait de variantes en dehors du tracé même du Trans Swiss Trail.

Depuis l’ouverture du tunnel de base du Gothard, on est vite arrivé à Bellinzona au départ de Lucerne. Le trajet serait encore plus rapide s’il n’y avait pas 16 minutes d’arrêt à Arth-Goldau. Étant donné que le train s’arrête déjà pendant un quart d’heure à Lucerne, cette deuxième longue pause juste après doit être extrêmement frustrant pour ceux qui sont montés à Bâle et qui veulent arriver vite dans le sud ! 

La randonnée du jour débute par une heure de marche en ville. Nous aurions pu éviter cette partie urbanisée en prenant le train jusqu’à Giubiasco, mais nous ne connaissons pas Bellinzona et voulons visiter le centre. Il y a un marché dans la jolie rue principale de la vieille ville, dominée des deux côtés par des châteaux. En plus des fruits, légumes et pains habituels, plusieurs marchands vendent des portions de polenta, qui bouillonne dans de grosses marmites posées au sol. Quittant le centre-ville, nous suivons la rivière Tessin vers le sud pendant un kilomètre : c’est à ce moment que je deviens conscient d’une petite douleur au niveau de mon talon d’Achille gauche : les 25 kilomètres de plat du Jour de l’An ont laissé quelques traces. 

Nous traversons les communes banlieusardes de Giubiasco et de Camorino, avant de délaisser enfin l’asphalte pour un sentier qui se met tout de suite à grimper en forêt. Je commençais à boiter assez sérieusement, mais heureusement, la douleur au niveau de mon talon diminue dès que nous attaquons la pente.  

Nous montons pendant presque deux heures. La pente est assez raide, quasiment sans replats pour souffler. La forêt est dense : en été, le feuillage masquerait complètement la vue. Même à cette saison où les feuilles sont par terre plutôt qu’attachées aux branches, il n’y a pas grand-chose à voir : juste quelques ouvertures qui permettent d’apercevoir la vallée et les cimes enneigées qui bordent son autre côté. Loin vers le sud-ouest, en direction de Locarno, on aperçoit un petit bout du Lago Maggiore. Plus près, nous sommes surpris par l’étendue de l’agglomération de Bellinzona, qui remplit entièrement le fond plat de la vallée à perte de vue vers le nord. Au sud de la ville, la vallée semble être dévouée aux cultures maraîchères, avec de nombreuses serres de très grande taille.

Au fur et à mesure que nous montons, le versant de la montagne devient de plus en plus raide et le sentier, devenu plus étroit, s’élève en une longue série de lacets. Par terre, une épaisse couche de feuilles mortes monte jusqu’au-dessus de nos chevilles. Le mélange des feuilles et du rocher lisse qui se trouve en dessous rend cette partie du sentier très glissant : il faut faire un minimum d’attention, car il y a des endroits où une glissade pourrait entraîner une chute d’une dizaine de mètres, voire plus. 

Après deux heures de montée régulière, au cours desquelles le vent s’est mis à souffler fort, nous quittons la forêt à Cima di Dentro (1005 m). En voyant ce nom, je m’attendais à un sommet, mais cette “Cima” se révèle être une dépression herbeuse et marécageuse, en plein soleil et à l’abri du vent, l’endroit parfait pour casser la croûte. Nous nous asseyons sur un talus orienté vers l’ouest, ce qui nous permet de profiter pleinement d’un soleil quasi printanier. Face à nous, le panorama est magnifique : quelque part là-bas se trouvent les Centovalli, la région du Simplon et, plus loin encore, le massif du Mont Rose. 

Depuis Cima di Dentro, il faut moins d’une heure pour descendre jusqu’à Isone (747 m). Après quelques centaines de mètres le long d’une petite route, nous empruntons un sentier qui descend en forêt, plutôt raide, vers le fond de la vallée. Comme à la montée, le sentier est tapissé de feuilles mortes, qui recouvrent des gros pavés plats typique des chemins tessinois. Dès que nous nous retrouvons sur le plat, mon talon redevient douloureux : il va falloir quelques jours de repos pour éliminer cela. Le car postal qui doit nous emmener à la gare de Rivera ne part que dans 40 minutes, que nous passons dans un abribus en face de la maison communale. De l’autre côté de la rue, le vent devenu tempétueux fait de son mieux pour dénuder un sapin de Noël de ses décorations. En descendant vers Rivera, dans un des nombreux lacets de la route, deux policiers armés de mitraillettes se tiennent au milieu de la chaussée. Ils scrutent le car postal, puis font signe au chauffeur de passer… je me demande ce qu’ils cherchaient, armés jusqu’aux dents sur cette route de montagne paisible. 

Les prochaines étapes me conduiront à Lugano, puis jusqu’à Mendrisio et à Chiasso… ça commence à sentier sérieusement le sud, et la fin !

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Hike partners: stephen


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