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Du nord au sud : Neuvième étape, de Worb à Neumühle


Published by stephen Pro , 3 June 2018, 16h29.

Region: World » Switzerland » Bern » Emmental
Date of the hike: 2 June 2018
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-BE 
Time: 6:00
Height gain: 585 m 1919 ft.
Height loss: 535 m 1755 ft.
Route:Worb - Lüüseberg - Schafhausen - Lützelflüh - Neumühle
Access to start point:cff logo Worb Dorf
Access to end point:cff logo Neumühle (attention, arrêt sur demande)

English version here

"… Les vues magnifiques en direction de la ville de Berne ainsi que vers le Jura, les Alpes et la région du Napf compensent largement le fait que l'essentiel de cette étape se fait sur revêtement dur."

Cette description (traduction approximative depuis l'allemand) du topo-guide Suisse Rando ne m'inspire pas vraiment. Je n'ai rien contre une vue magnifique sur les Alpes et j'ai un petit faible pour le Napf…  mais l'idée de marcher pendant cinq ou six heures sur des revêtements durs ne m'enthousiasme guère. J'ai délaissé mes chaussures de montagne habituelles en faveur d'une nouvelle paire de chaussures de randonnée légères achetée la veille… voyons comment elles vont s'accommoder de ces surfaces dures.

Pour un itinéraire censé traverser la Suisse du nord au sud, le Trans Swiss Trail passe une quantité de temps considérable à snober la direction du sud. Je quitte Worb en mettant le cap sur le nord-est, et la plus grande partie de cette étape suit cette même direction. Le point d'arrivée de l'étape se situe même assez nettement plus au nord que son point de départ ! La météo est parfaite pour la randonnée : il fait beau, mais la moiteur orageuse des derniers jours à disparu, l'air est moins lourd et plus propre.

Je quitte Worb (582 m) par une petite route qui monte assez rapidement au-dessus de la ville et de son château. Très vite, la vue s'ouvre sur un joli paysage de bosquets, de champs et de fermes. La route goudronnée fait bientôt place à une piste forestière et, en réalité, c'est sur ce type de surface que la plupart de l'étape se déroule : la quantité de bitume reste dans des limites acceptables. La piste remonte doucement, dans la forêt du Worbberg ou à sa lisière, jusqu'à une altitude de 763 metres, puis redescend jusqu'à Rüttihubelbad, avec son complexe hôtelier et son "sensorium"… non, je ne sais pas ce que c'est. Un tronçon bitumé court et raide m'amène au beau village de Wikartswil (771 m), typique de la campagne suisse profonde avec ses vielles maisons aux façades fleuries et son garage Subaru. Au-dessus du village, un sentier caillouteux raide remonte jusqu'à la lisière de la forêt (857 m). La vue vers le sud depuis ce point est vraiment superbe, avec les toits du village au premier plan, puis un patchwork de champs et de forêts qui s'éloigne à perte de vue, sous un ciel bleu dans lequel flottent des cumulus cotonneux. Seules manquent les Alpes lointaines, cachées dans les nuages comme c'était déjà le cas avant-hier.

La pente s'adoucit et je remonte en forêt pour traverser le sommet plat du Lüüseberg (933 m), point culminant de cette étape. Une heure et demie après avoir quitté Worb, le gros travail physique de la journée est fait : la suite de la randonnée se fera essentiellement à plat ou en descente. Un banc juste en bordure de forêt m'incite à m'asseoir et à manger ma salade de coquillettes. Je ne marche pas vraiment depuis assez longtemps pour faire une pause, mais la vue est belle et mon choix s'avère juste : je ne verrai pas d'autre banc aussi panoramique pendant un bout de temps après. La vue vers le nord-ouest s'étend jusqu'à Berne, alors que le Bantiger coiffé de sa grande antenne de télécommunications domine la vue au premier plan.

Je poursuis mon chemin par une série de sentiers à travers champs, de petites routes et de pistes agricoles, passant devant le restaurant Mänziwilegg (915 m), où un tracteur retourne le foin déjà fauché pour mieux le sécher. Je vois plusieurs cyclistes sur ces petites routes et pistes, mais aucun autre randonneur à pied : pourtant, la vue est superbe, le topo-guide n'avait pas tort. A  Schönbrunnen, le massif du Napf apparaît soudain à l'est, au-delà du Wildmattgraben sauvage. Il n'y a pas de doute : le Mittelland bernois et le Plateau sont désormais derrière moi, je suis en train d'amorcer ma descente vers l'Emmental. Au-delà, cachées dans les nuages, il y a les montagnes de la Suisse centrale. L'itinéraire nord-sud va enfin se décider à se diriger vers le sud, vers le Gothard et, au-delà, le Tessin magique.

Tout d'abord, je dois descendre dans l'Emmental, puis remonter la rivière qui lui donne son nom. La descente est assez raide, sur un sentier caillouteux qui me rend conscient du fait que mes nouvelles chaussures à tige basse n'offrent pas tout à fait le même soutien aux chevilles que des chaussures de montagne classiques. A Ebenläng (790 m), une partie de Hornuss est en train de se jouer dans le pré juste à côté du chemin. Un joueur en bleu tape dans le palet, l'équipe rouge essaie de le toucher avec leurs grandes palettes en bois… je ne sais pas comment ils y arrivent, ce palet est si petit et vole si vite et si loin que je ne le vois même pas !

J'atteins le fond de la vallée au niveau du village de Schafhausen (606 m), un "f" et les chutes du Rhin en moins par rapport à son presque homonyme au nord de Zürich. Il faut ensuite remonter de 60 mètres sur un sentier très raide, pour atteindre la limite de la forêt sur le Biglerberg puis redescendre de l'autre côté. Cette montée supplémentaire peut facilement être évitée en restant simplement sur la petite route qui contourne le Biglerberg par le bas, mais on manquerait alors la belle vue le long de l'Emmental, vers Burgdorf et le massif du Weissenstein dans le Jura soleurois au fond. Le sentier est recouvert de bouses de vache toutes fraîches qui font la joie de milliers de mouches. Il n'y a aucun signe de celles qui ont créé cette expérience gastronomique pour insectes, mais elles devaient être ici il y a peu de temps.

Au terme de quatre heures et demie de marche, j'arrive à Lützelflüh (582 m), fin théorique de cette étape. Mais l'étape suivante, de Lützelflüh à Langnau, est très courte et je me dis qu'en continuant un peu aujourd'hui, je pourrai faire les deux prochaines étapes en une sans que cela fasse une journée trop longue.

C'est une bonne décision : j'aurais été très déçu si j'étais revenu jusqu'à Lützelflüh rien que pour cette balade de bord de rivière sans grand intérêt. Si le sentier le long de l'Aare était sympathique, celui-ci est beaucoup moins attrayant, en tout cas pour les randonneurs. L'Emme reste invisible derrière un rideau d'arbres la plupart du temps ; par contre, la voie ferrée et la route sont à la fois visibles et audibles. L'endroit est néanmoins très prisé : par des trouées entre les arbres, je vois des gens qui font des grillades au bord de la rivière, des enfants qui barbotent dans l'eau peu profonde, des jeunes qui s'amusent avec des canots pneumatiques. Le sentier qui borde la rivière semble aussi être un haut-lieu du cyclotourisme, et j'imagine tout à fait que cela pourrait être sympa de descendre de Langnau à Burgdorf à vélo, puis de revenir en train.

Je marche depuis six heures et, à ma grande surprise, n'ai ni ampoules, ni même mal aux pieds : mes nouvelles chaussures ont bien fait leur travail et étaient certainement mieux adaptées au terrain que les autres, plus rigides et plus lourdes. Je continue au-delà des gares de Ramsei et de Zollbrück, pour m'arrêter enfin à celle de Neumühle. C'est ici que le Trans Swiss Trail croise le Chemin panorama alpin, qui arrive depuis le Napf avant de filer vers la Blasenflue et la Suisse occidentale. J'y étais il y a deux ans, et je me souviens de m'être dit que j'y repasserais sans doute un jour dans le sens nord-sud… c'est désormais chose faite. 

Etape suivante
Etape précédente

Hike partners: stephen


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