Début d’automne sur les crêtes du Weissenstein


Publiziert von stephen , 28. September 2015 um 19:01.

Region: Welt » Schweiz » Solothurn
Tour Datum:20 September 2015
Wandern Schwierigkeit: T1 - Wandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-BE   CH-SO 
Zeitbedarf: 5:30
Aufstieg: 1245 m
Abstieg: 450 m
Strecke:Balsthal – Oberbalmberg – Weissenstein
Zufahrt zum Ausgangspunkt:cff logo Thalbrücke
Zufahrt zum Ankunftspunkt:cff logo Oberdorf

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Pour ce dernier week-end “officiel” de l’été, j’abandonne une fois de plus le Chemin panorama alpin, les prévisions météo pour les Préalpes de la Suisse centrale n’étant pas très optimistes. Cap sur le Jura soleurois où, au moins, je devrais voir le soleil et quelques belles couleurs d’automne. Ce n’est pas un mauvais choix : je quitte Lucerne sous un ciel gris et un petit crachin, mais à Olten déjà, une demi-heure plus tard, le ciel se dégage et le soleil commence à se montrer.

La plus grosse montée de cette randonnée vient dès le début. Depuis la petite gare de Thalbrücke près de Balsthal, je suis une petite route qui ne tarde pas à se transformer en piste forestière, remontant doucement en grands lacets le long du flanc sud d’une vallée. Après trois ou quatre lacets, un sentier boueux se détache de la piste et attaque la pente de manière plus agressive. Cette montée ne présente pas de grand intérêt – la forêt est dense et il n’y a pas de vue – mais elle a le mérite de me faire gagner de l’altitude très rapidement. Lorsque le sentier sort enfin de la forêt à Schwengimatt, je suis surpris de constater que j’ai fait 520 mètres de dénivelée en très exactement une heure. Après trois semaines sans sortie en montagne, j’avais l’impression d’avoir perdu toute la forme physique acquise dans les Dolomites…  mais apparemment, tout n’est pas encore perdu.

Je passe devant le restaurant d’alpage de Schwengimatt, ouvert mais désert, puis continue à travers des alpages vers une selle. Ici, pour la première fois de la journée, la vue s’ouvre vers le sud-ouest, vers le Plateau suisse qui s’étend à l’infini. Malgré tout le ciel bleu, le soleil ne se montre pas franchement, préférant se cacher derrière les quelques nuages résiduels, au détriment de la qualité de la lumière.
 
A partir d’ici, j’entame le long parcours de crête qui m’emmènera jusqu’au Weissenstein, au-dessus de Soleure. Un joli sentier m’emmène par des sous-bois très verts, puis devient plus étroit et remonte vers la crête de la Breitflue. Comme partout dans cette partie du Jura, le côté sud de la crête est abrupt, souvent vertical, alors que les pentes sur son côté nord sont moins raides. Dans le Jura neuchâtelois c’est le contraire : falaises au nord, pentes plus douces au sud. Sur la crête même, de nombreux arbres foudroyés indiquent que l’endroit doit souvent subir des orages. La forêt se déchire de temps en temps, offrant de belles vues vers le sud, encadrées par la forme des branches et des feuilles. Je m’attendais à ce que l’automne soit plus avancé, tout est encore bien vert. Néanmoins, de temps en temps, un rayon de soleil touche des feuilles qui ont déjà viré au jaune ou à l’orange, les éclairant d’une belle lumière. Ce joli parcours est quelque peu gâché par l’intrusion d’une haute clôture qui semble marquer le périmètre d’un site militaire quelconque. Et maintenant, ayant grimpé jusqu’à une altitude de 1232 mètres, le sentier plonge par des lacets très raides sous des falaises sombres, me faisant perdre 150 mètres en quelques minutes.
 
La musique monotone de nombreuses cloches à vaches se rapproche à présent, me laissant deviner que la sortie de la forêt n’est pas loin. En effet, cinq minutes plus tard, je retrouve un paysage d’alpages sous le chalet de Hinteregg. Cela tombe bien, il est midi et demi et je commence à avoir faim. Malgré la pluie des derniers jours, l’herbe est sèche et c’est sans difficulté que je trouve un bel endroit pour faire la pause, sur les pentes au-dessus du sentier, à la lisière de la forêt. La vue vers le sud est belle, s’étendant au-delà du Plateau vers l’ombre grise des collines du Napfgebiet. Par temps plus clair on verrait certainement les Alpes de la Suisse centrale et de l’Oberland bernois, mais aujourd’hui elles se trouvent encore complètement cachées sous une chape nuageuse.  Au premier plan, le filet argenté de l’Aare serpente à travers le Plateau, s’en allant vers l’est, vers sa rencontre avec la Reuss et la Limmat puis, plus tard, avec le Rhin. Ce premier plan me surprend par la quantité de forêt qu’il comporte. Depuis le train ou la voiture, on a l’impression que le Plateau est un mélange d’industrie légère et de cultures maraîchères. Mais vu d’ici, quelque 800 mètres plus haut, il me semble qu’une bonne moitié du Plateau est couverte de forêt. Pour accueillir l’automne, j’ai fait ma première soupe de la saison, et je dois dire qu’elle est particulièrement réussie, un mélange délicieux de lentilles vertes, de carottes et d’oignons.

Je m’accorde vingt minutes de sieste sous un soleil devenu chaud avant de continuer. Cette chaleur me pousse même à me badigeonner de crème solaire, ce qui provoque la disparition immédiate du soleil derrière un nuage, comme pour me narguer. A partir d’ici, j’ai le choix entre deux itinéraires : l'un d’eux passe par la crête du Schattenberg, alors que l’autre contourne la montagne par le nord. J’opte pour le parcours de crête, car l’autre semble emprunter essentiellement des routes d’alpage. A côté du chemin, un couple est en train de faire une torrée (ou son équivalent soleurois), nouveau signe que l’automne arrive.

En fin de compte cette crête du Schattenberg manque d’intérêt, et j’aurais peut-être mieux fait de prendre les chemins d'alpage de la vallée. Pendant plus d’une heure, je suis un sentier étroit et parfois peu marqué, un peu sous la crête sur son côté nord et toujours en forêt. Les rares vues viennent des ravins profonds qui partent de temps à autre vers le sud, et qui offrent un aperçu de bosquets, de champs et de villages tranquilles loin dessous. Par endroits, le sentier passe sous de hautes falaises de rocher lisse et gris clair. A un endroit, un grimpeur pend au bout d’une corde à quelques mètres du sol, alors que son compagnon l’assure depuis en bas. Ils sont en train de faire la conversation tranquillement, comme s’ils étaient assis à une table de bistrot. Personnellement, si je pendais à quatre mètres du sol, je ne voudrais qu’une chose : descendre le plus vite possible !
 
Juste avant la ferme de Hinteres Hofbergli, je sors enfin de la forêt. Le soleil a réussi à prendre définitivement le dessus sur les nuages : à trois heures et demie d’un après-midi de septembre, il baisse déjà dans le ciel et ses rayons obliques éclairent joliment les falaises et les arbres. Le Weissenstein apparaît pour la première fois, mais vu d’ici à contre-jour il est tout sauf blanc : les pentes de sa face est sont boisées et sombres. Je remonte à travers des pâturages vers une selle à Niederwiler Stierenberg, 1175 mètres, puis redescends par une large piste vers Oberbalmberg. Sur cette piste, je rattrape un grand groupe de familles qui promènent à la laisse ce que je crois être des lamas (sauf le dernier du groupe, qui promène un âne). Devant, une dame porte un blouson marqué "Balmberg Alpaca Trekking" ; ce sont donc peut-être des alpacas plutôt que des lamas, j’avoue ne pas trop savoir la différence !
 
J’arrive à Oberbalmberg, 1078 mètres, où une route franchit la crête. La dernière fois que j’étais ici, il y a une dizaine d’années, l’endroit était endormi : un arrêt de bus, un vieil hôtel fermé et rien d’autre. Aujourd’hui, au contraire, Oberbalmberg grouille de monde. De partout, j’entends le bruit d’enfants qui crient, qui rient, qui hurlent…  et le bruit vient principalement d’au-dessus de ma tête. En effet, il y a ici un grand parcours d’aventure dans les arbres, un de ces parcours où les enfants de 7 à 77 ans peuvent se faire peur avec des tyroliennes, des ponts népalais et des échelles branlantes. J’ai essayé une fois et ça s’est mal terminé… pendu au bout d’une corde à dix mètres du sol devant 25 collègues de bureau lors d'un teambuilding, pas drôle du tout !

En repartant d’Oberbalmberg, je manque le sentier qui monte au Röti, le point culminant du Weissenstein. Après un instant d’hésitation, je décide de ne pas retourner en arrière pour chercher le bon chemin : je suis déjà monté au Röti, et le détour par ce sommet me ferait certainement louper un train, avec une heure d’attente avant le suivant. Je prends donc l'itinéraire le plus court jusqu’au Kurhaus Weissenstein, par une piste qui remonte doucement le long du flanc nord de la montagne, longeant des pâturages où des vaches mères surveillent des veaux encore tout jeunes. Une dernière grimpette en forêt m’amène enfin, vers 16 heures 30, à la grande bâtisse du Kurhaus. Je descends à la gare d’Oberdorf par la télécabine flambant neuve qui a récemment remplacé le vieux télésiège.

J’ai une demi-heure d’attente à la gare d’Oberdorf, un peu perdue dans la nature : il n’y a même pas de bistrot pour que les randonneurs assoiffés puissent boire une bière en attendant le train. C’est une fin un peu décevante à une journée qui aura surtout eu une valeur d’exercice physique, car il y a eu trop de longs tronçons en forêt sans vue pour qu’on puisse vraiment parler de belle randonnée.

Tourengänger: stephen


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