Tour du lac de Zurich : Troisième étape, de Rapperswil à Lachen


Published by stephen , 23 March 2022, 19h12.

Region: World » Switzerland » St.Gallen
Date of the hike: 6 March 2022
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-SZ   CH-SG 
Time: 6:30
Height gain: 525 m 1722 ft.
Height loss: 525 m 1722 ft.
Route:Rapperswil – Schmerikon – Grynau – Nuolen - Lachen
Access to start point:cff logo Rapperswil
Access to end point:cff logo Lachen

English version

Cette troisième étape de ma randonnée autour du lac de Zurich est heureusement beaucoup plus intéressante que la précédente. Elle est également très longue, avec un peu plus de 29 kilomètres : soyez donc prévenus, si vous la faites, vous aurez mal aux jambes après !

Depuis la gare de Rapperswil, je traverse le grand campus moderne de la Haute école de la Suisse occidentale pour retrouver mon chemin au bord du lac. Le temps est similaire à celui de la veille : soleil éclatant, ciel bleu, brume assez tenace sur les montagnes et vent du nord frisquet. Ce dernier souffle toutefois moins fort aujourd'hui, de sorte que l'impression générale est celle d'une journée plus chaude. 

Dans mon descriptif de l'étape précédente, j’ai écrit que la banlieue de Rapperswil semblait s'étendre à l'infini. C'est un peu la même chose de l'autre côté de la ville au début de cette étape, bien que l'environnement soit plus agréable aujourd'hui. Le large chemin goudronné, séparé du lac par de grandes étendues de roseaux sur ma droite, passe devant diverses infrastructures sportives : au stade de hockey sur glace se succèdent un club d'aviron, un club de tennis, un vaste complexe de terrains de football, et enfin un lido... les habitants de Rapperswil aiment manifestement leurs activités sportives, et semblent disposer de tout ce qu’il faut pour les pratiquer. Il y a aussi un zoo pour enfants, pour ceux qui préfèrent caresser des ânes plutôt que de taper dans un ballon de foot. 

Je continue sur le chemin qui longe le lac, avec maintenant une ligne de chemin de fer sur ma gauche, jusqu'au monastère de Wurmsbach. J’aurais pu continuer ainsi à plat jusqu'à Schmerikon, mais j’ai envie de varier un peu les paysages et opte donc pour l’itinéraire un peu plus long qui passe par les collines boisées du Chlosterwald et du Bannwald au nord du lac : un peu de montée et de descente ne fera pas de mal pour ma forme physique. C’est un bon choix : les pistes forestières changent du goudron du sentier lacustre, et me permettent de longer de jolis vallons marécageux à Moos et à Chatzenriet.

Je quitte la forêt juste au-dessus des premières maisons de Schmerikon, tout en haut du village. Des rues tranquilles me font descendre jusqu’à l'église, puis jusqu'au bord du lac. C’est un petit bourg à l’air prospère, mais moins tape à l’œil dans sa richesse que d'autres villages de côté-ci du lac de Zurich. Au bord du lac, les belles maisons anciennes sont malheureusement séparées de l'eau par la ligne de chemin de fer et la gare. Sans cette intrusion, on pourrait imaginer un front de lac similaire à celui d'Ascona ou de Morcote, avec des cafés et des restaurants au bord de l'eau. Je me pose sur un banc au soleil sur la digue du port pour manger mon déjeuner : il fait moins froid qu'hier, mais j’ai quand même encore besoin de toutes mes couches de vêtements une fois que je m’arrête de marcher.

J’ai atteint l'extrémité sud-est du lac, mais avant de pouvoir commencer le chemin de retour vers Zurich, je dois marcher encore deux kilomètres vers l'ouest. La raison de cette petite rallonge est la présence de la Linth qui se jette dans le lac ici, et l'absence de pont pour la traverser. Je continue donc en passant devant une nouvelle série d’installations sportives, un nouveau club de voile et une nouvelle piscine, puis le long du chemin de halage qui suit la rivière vers l'est jusqu'à ce que, à Grynau, j'atteigne enfin un pont pour passer sur l’autre rive. Il y a une vieille tour ici - des vestiges d'un château je suppose - et aussi, sur les pentes raides au-dessus de la rivière, des bunkers militaires sans doute conçus pour protéger ce qui a dû être un endroit stratégique, là où la Linth fait un coude vers l’ouest.

J’entame maintenant la montée la plus importante et la plus raide de la journée, par un sentier qui serpente à travers la forêt, avant de filer vers l’ouest, moins raide désormais. L'autoroute en contrebas devient gênant pendant un moment, à l'endroit où elle émerge d'un tunnel au pied de la colline, puis le bruit des moteurs s'estompe. De temps en temps, la forêt fait place à des clairières, au-delà desquelles j’aperçois les montagnes entre le Linthtal et le Wägital, encore à moitié perdues dans la brume de l'après-midi. Après environ une heure de marche le long de cette crête boisée du Buechberg, le sentier descend abruptement pour émerger de façon inattendue au-dessus d'un terrain de golf, que je longe maintenant vers le village de Nuolen.

Les montées et descentes de la journée sont maintenant terminées : la dernière heure jusqu'à Lachen se fait en terrain parfaitement horizontal. Le chemin traverse une vaste étendue de prairie qui borde le lac, dont une partie est occupée par un petit aérodrome. Pas la moindre clôture pour empêcher les gens de s'aventurer sur la piste, juste un panneau menaçant toute intrusion d’une peine "de 20 à 100 francs", ce qui ne semble pas très dissuasif. De petits avions monomoteur atterrissent juste à côté du sentier toutes les cinq minutes environ, et de nombreux parents sont venus avec leurs enfants pour les regarder, tout comme mes parents m’emmenaient parfois regarder décoller les avions à l'aéroport de Londres au milieu des années soixante. La lumière de fin de l'après-midi a pris une qualité presque irréelle : le soleil est bas et a peint l'herbe et les roseaux d’une couleur de blé mûr, tandis que le ciel, dans lequel des cumulus bourgeonnent au-dessus des montagnes, a pris une teinte qui, en plein été, suggérerait l'arrivée imminente d'un orage.

Lachen n'est plus très loin. Je traverse la rivière presque à sec qui descend du Wägital : la neige des sommets n’a pas encore suffisamment fondu pour faire gonfler le ruisseau. Dans son lit caillouteux, deux chats tentent de passer d'une rive à l'autre, cherchant le moyen de naviguer de pierre en pierre sans tremper leurs pattes dans les flaques. L'un d'eux réussit à atteindre l'autre rive ; le second, moins audacieux, revient sans cesse sur ses pas en miaulant en direction de son ami plus téméraire. Lachen semble être une petite ville vivante, avec un front de lac animé où se tient une fête foraine. Deux ou trois immeubles d’une quinzaine d’étages font tache à la périphérie de la ville : appartements de luxe ou cité de logements sociaux, je n’en sais rien, mais ils ne semblent pas du tout à leur place dans un tel endroit. 

Lorsque j'arrive à la gare, alors que le crépuscule commence à tomber, cela fait presque six heures et demie que je marche, et j'ai parcouru près de 30 kilomètres. Sans surprise, tout ce qui se trouve en dessous de ma taille me fait mal : pieds, chevilles, cuisses, hanches. Mais ça a été une très belle journée de randonnée, avec de nombreux points d'intérêt tout le long du chemin. 
 
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Hike partners: stephen
Communities: Randonneur


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