Du nord au sud : Quinzième étape, de Melchsee-Frutt à Engelberg


Published by stephen , 25 September 2018, 20h21.

Region: World » Switzerland » Obwalden
Date of the hike:23 September 2018
Hiking grading: T2 - Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: Östliche Melchtaler Alpen   CH-OW   CH-BE   CH-NW   Westliche Melchtaler Alpen 
Time: 5:45
Height gain: 510 m 1673 ft.
Height loss: 1450 m 4756 ft.
Route:Melchsee-Frutt - Tannalp - Engstlenalp - Jpchpass - Trüebsee - Unter Trüebsee - Engelberg
Access to start point:cff logo Melchsee-Frutt
Access to end point:cff logo Engelberg

English version here

La "randonnée des 4 lacs" entre Melchsee-Frutt et Engelberg est un classique de la Suisse centrale. Après l'étape solitaire du week-end dernier, celle-ci me fera passer par des endroits beaucoup plus fréquentés. Le vent souffle autour de la télécabine qui me monte de Stöckalp à Melchsee-Frutt : l'arrivée de vents tempétueux et de fortes pluies est annoncée en début de soirée, accompagnée d'une baisse des températures de 10 à 15 degrés.

Mais pour le moment, l'été est toujours bien présent à 1900 mètres et un T-shirt suffit largement. La lumière sur le Melchsee est magnifique : cette lumière très particulière que produit parfois le soleil bas d'automne accompagné de vents forts en altitude. La surface du lac scintille sous las rayons, alors que les mamelons herbeux de la rive opposé ont déjà commencé à prendre des couleurs automnales.  Une procession de nuages chassés par le vent traverse le ciel de nord-ouest en sud-est, effleurant tout juste le sommet du Titlis et de ses satellites.

Un sentier remonte tout en douceur depuis la rive nord du Melchsee (1891 m), se dirigeant vers l'est à la base des falaises du Bonistock, où des groupes de varappeurs s'entraînent sous le soleil matinal. Une demi-heure de marche m'amène au Tannensee (1976 m), déjà le deuxième des quatre lacs de la journée. Bien qu'artificiel, le Tannensee est un joli lac, bordé de montagnes sur trois côtés, alors qu'à l'extrémité ouest, derrière le barrage, une longue arête de rocher noir se dresse au-delà du Melchsee. Je contourne le lac par sa rive sud, puis continue jusqu'à Tannalp (1974 m), où le restaurant de montagne a été pris d'assaut par un mélange de randonneurs, de cyclistes et de pêcheurs : il y a de quoi occuper tout le monde ici.

Le sentier descend maintenant par des alpages verts, face à une belle vue sur le Gental et vers les sommets de l'Oberland bernois. Le prochain lac est déjà visible loin en dessous : dans une cuvette que le soleil n'a pas encore atteinte, l'Engstlensee est gris foncé sous des pentes couvertes d'éboulis et de conifères. Le sentier se faufile entre des barres rocheuses, devient brièvement plus étroit et est sécurisé par un câble sur une centaine de mètres (assez inutilement par temps sec). Je passe devant les chalets et l'hôtel d'Engstlenalp, puis remonte un peu avant de trouver l'endroit parfait pour me poser au bord de l'Engstlensee (1861 m).

Ce lac est de toute beauté. Il m'a déjà plu sous les nuages lorsque j'y suis passé il y a huit ans : ce jour-là, il me faisait penser au Lake District anglais. Il me plaît encore plus aujourd'hui : le soleil est arrivé et l'eau grise a viré au bleu profond. Avec le vert-jaune des pâturages du bord du lac, le vert sombre des conifères, le gris de la montagne et le bleu du ciel, l'ensemble est juste parfait. Quelques personnes se baignent même, mais ce lac alimenté par des ruisseaux descendant du Titlis juste au-dessus doit quand même être assez froid, quelle que soit la température de l'air. Je mange mes sandwiches au pâté et au fromage, puis m'autorise un quart d'heure de sieste sous un soleil dont la chaleur est digne du mois d'août.

La seule véritable montée de cette étape plutôt placée sous le signe de la descente vient tout de suite après la pause midi. De l'Engstlensee jusqu'au Jochpass il y a environ 350 mètres de dénivelée, sur un sentier facile qui n'est jamais vraiment raide. Je suis surpris par le nombre de VTTistes que je croise… puis je comprends : un télésiège remonte depuis l'extrémité est du lac jusqu'au col, et il semble transporter essentiellement des vélos et leurs propriétaires. Je me trouve en bordure du domaine skiable d'Engelberg et la station a visiblement décidé de rentabiliser ses remontées mécaniques en y attirant une clientèle estivale de cyclistes. On a clairement fait l'effort de maintenir les itinéraires de VTT et de randonnée séparés, même si quelques VTTistes semblent trouver les sentiers de randonnée rocheux et étroits plus intéressants que les larges pistes de ski transformés en pistes cyclables.

Le Jochpass (2207 m) n'est pas le plus joli col des Alpes, avec son hôtel-restaurant et ses multiples départs de télésiège : je ne m'y attarde donc pas. La descente vers le Trüebsee (une heure selon le balisage, mais 40 minutes suffisent) n'est pas non plus la plus belle que je connaisse : difficile en effet de ne pas remarquer la pollution architecturale qui a envahi le bord du lac. La descente n'a rien de difficile, mais j'imagine que ce sentier pourrait devenir désagréablement glissant sous la pluie.  Quant au Trüebsee lui-même… cela fait des années qu'il a vendu son âme à l'industrie du ski et du tourisme, c'est un petit paradis pour amateurs de béton.

Je connais déjà la descente directe sur Engelberg qui passe par Gerschnialp et sais que le sentier passe souvent juste sous les câbles d'une télécabine. J'opte donc pour l'itinéraire un peu plus long qui descend vers le nord et passe par l'alpage d'Unter Trüebsee. Le choix s'avère judicieux, c'est un chemin plutôt agréable. Une piste me conduit d'abord jusqu'à l'extrémité nord du Trüebsee (1772 m), qui est beaucoup plus jolie et plus calme ici. Depuis ce point, on peut regarder par-dessus l'eau jusqu'aux montagnes de l'autre côté de la vallée d'Engelberg, sans voir toutes les infrastructures touristiques de l'autre bout du lac. Je me surprends même à trouver le Trüebsee beau vu d'ici : l'eau du lac est bleu-vert, le vent a créé de petites vagues et, derrière les conifères de la rive opposée, le gris clair des montagnes offre un contraste saisissant au ciel devenu très sombre dans cette direction.

 Un sentier herbeux descend le long d'un vallon, passant devant quelques vieux bâtiments. Derrière moi, le Titlis et son glacier dominent la vue. Le responsable du balisage de ce sentier a dû avoir trop de peinture à sa disposition car, alors que le chemin est parfaitement clair et facile à suivre, il y a des marques blanc-rouge-blanc sur les rochers bordant le sentier tous les cinq ou six mètres. On ne risque pas de se perdre ici !
 Ce joli sentier débouche sur une piste malcommode qui descend en pente raide, sans doute une piste de ski en hiver car il y a des canons a neige. Heureusement, cette piste fait bientôt place à un sentier plus étroit mais plus confortable qui descend en forêt jusqu'au restaurant d'Unter Trüebsee (1244 m). Juste avant d'y arriver, je trouve un téléphone portable sans soute perdu par un cycliste : je le laisse au restaurant, en espérant que son propriétaire repassera par là pour le chercher.

En dessous d'Unter Trüebsee, je traverse un alpage plus plat sur une petite route. Le son des cloches à vaches remplit l'air: j'en ai rarement entendu autant en un seul endroit. Il ne reste plus qu'une petite demi-heure de marche jusqu'à Engelberg et c'est tant mieux, car le mauvais temps annoncé est sur le point d'arriver. Les premières gouttes tombent juste au moment où j'arrive à la gare. La lumière et les couleurs ont rendu cette étape particulièrement belle. Le week-end prochain, si la météo le veut bien, je continuerai par le Surenenpass avant de rejoindre le Trans Swiss Trail dans la vallée de la Reuss. Ayant fait cette étape dans le brouillard en 2010, j'ai hâte de la refaire par beau temps !

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Hike partners: stephen


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