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Vacances dans la vallée d'Aoste : Deuxième semaine, l'Alta Via No. 1


Published by stephen , 25 August 2017, 20h10.

Region: World » Italy » Val d'Aosta
Date of the hike: 6 August 2017
Hiking grading: T2 - Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: I 

Randonnée guidée de 14 jours, au cours de laquelle nous avons suivi en grande partie l'Alta Via No. 2, puis l'Alta Via No. 1.

Première partie

J8 : Gressoney St. Jean – col Pinter (2777 m) – refuge Vieux Crest (1935 m).  +1500 m, -900 m, T2
Un taxi nous libère de la fournaise de Pont St. Martin et nous monte au-dessus de Gressoney St. Jean, où nous rejoignons l'Alta Via 1 pour la deuxième semaine de notre randonnée. Au fond de la vallée, les glaciers du massif du Mont Rose sont étincelants au soleil. Pourtant, la montée au col Pinter ne me plaît vraiment pas : il fait chaud, ça démarre raide et reste raide jusqu'au col, je suis à la peine. Le balisage de l'Alta Via 1 est accompagné de marques "GSW", signifiant que nous marchons sur le Grand Sentier Walser, aussitôt rebaptisé "Grand Sentier Wallon" par l'une des deux Belges du groupe. Nous pique-niquons et faisons une longue sieste sous le col au bord d'un lac dont les rives sont couvertes de linaigrettes, puis poursuivons notre descente par un joli sentier qui finit de me remettre de bonne humeur. Sur le versant opposé de la vallée, au-dessus de Champoluc, un village porte le nom adorable de Bisous. Un peu en dessous du beau hameau de Cuneaz, une vipère traverse tranquillement le chemin en plein milieu du groupe, entre moi et la randonneuse qui me suit, sans se presser. Nous passons la soirée et la nuit au refuge Vieux Crest qui n'a de refuge que le nom : certes, on dort dans des lits superposés, mais les prestations sont dignes d'un hôtel de style chalet de ski cossu.  
 
J9 : Refuge Vieux Crest  - St. Jacques (1689 m) - col de Nannaz (2772 m) - col des Fontaines/col de Croux (2695 m) - Maen (1342 m).  +1200 m, -2000 m, T2
Nous commençons la journée en suivant un sentier en balcon qui file vers le nord au-dessus du val d'Ayas, face au Cervin qui paraît minuscule vu de cette distance. Pour la seule fois de la quinzaine, les infrastructures liées au ski se font un peu envahissantes : je me souviens que lorsque j'ai fait le tour du Mont Rose en 2004, cette zone entre la vallée de Gressoney et le col Teodulo était déjà bien amochée par les pylônes et autres installations de sports d'hiver. Une descente raide sur une piste désagréable nous conduit à St. Jacques, où nous prenons un café au bistrot du village. La montée au col de Nannaz (ou de Nana, ça varie d'un panneau de balisage à l'autre) est plus facile que celle d'hier : la pente est moins agressive et je me sens plus en forme, les 1200 mètres de dénivelée passent sans problème. Nous déjeunons dans la cuvette entre le col de Nannaz et celui des Fontaines, et faisons à nouveau une bonne sieste : vaut mieux profiter, car une dégradation de la météo est annoncée. La descente dans la Valtournenche est longue, d'autant plus que nous dormons dans un village situé 200 mètres plus bas que celui prévu dans le programme. Heureusement, cette descente est fort jolie, franchissant d'abord quelques paliers rocheux, puis se poursuivant par alpages et hameaux pour terminer en forêt. L'accueil à l'hôtel aurait pu être plus aimable, mais nous avons le luxe d'une chambre double avec un grand balcon pour faire sécher notre linge.
 
J10 : Maen - Fenêtre d'Ersaz (2293 m) - Fenêtre de Tsan (2738 m) - (col Terray (2775 m) - refuge Cuney (2652 m).  +2100 m, -800 m, T2
Au moment précis où je sors de l'hôtel pour remplir mes gourdes à la fontaine, il se met à pleuvoir. Ce n'est qu'une averse, mais ce n'est aussi que le début. Pendant que nous montons vers le barrage de Cignana, le ciel s'assombrit de plus en plus. Il règne un silence feutré et étouffant ce matin, un calme avant l'orage un peu inquiétant. Nous nous arrêtons au refuge Barmasse, où le gardien nous sert du chocolat chaud absolument magique, tellement chocolateux et épais qu'il faut le "boire" à la petite cuillère. Le temps se dégrade pour de bon après la Fenêtre d'Ersaz : les nuages descendent au niveau du sol, la vue disparaît et la pluie s'installe définitivement. Dommage car, du peu que nous pouvons voir, l'étape doit être vraiment magnifique. A la Grande Drayère, une cabane à moitié en ruine nous permet de manger au sec, mais pas vraiment au chaud : la température semble baisser de minute en minute. Alors que nous passons l'encoche de la Fenêtre de Tsan, les premiers grondements de tonnerre se font entendre, encore assez loin mais se rapprochant. Le bivouac Reboulaz nous permet de nous réchauffer un peu : un couple de randonneurs hollandais s'y est installé et a allumé le poêle. Ces petits refuges non gardés du Val d'Aoste sont plutôt bien aménagés et confortables. Nous continuons en passant devant des lacs à peine aperçus à travers le brouillard, puis remontons à nouveau vers le col Terray, dernier et plus haut des trois cols de la journée. Un beau balcon assez aérien vient ensuite, puis une dernière montée jusqu'à la chapelle Notre Dame des Neiges (encore une, il y en a partout !) et le refuge Cuney. Nous avons fait plus de 2,000 mètres de dénivelé positif et finalement, ça s'est passé bien plus facilement que je n'aurais cru. Cuney est un refuge à l'ancienne ; rustique, couchages sur trois niveaux superposés, aucun endroit pour sécher nos affaires trempées. Ils sont presque au bout de leur stock de nourriture - l'hélico de ravitaillement vient demain - et cela se sent dans la qualité du repas, probablement le pire que j'ai jamais mangé en refuge. Le dortoir est froid et humide mais les couvertures ne manquent pas et en fin de compte, je fais une bonne nuit.
 
J11 : Refuge Cuney - col Chaléby (2653 m) - col de Vesonnaz (2793 m) - Oyace (1177 m).  +450 m, -1600 m, T2
La pluie et les nuages se sont provisoirement évacués pendant la nuit, mais il fait froid au lever du jour. Nous étendons nos affaires mouillées dehors le temps de prendre un petit déjeuner frugal, elles finiront de sécher sur nous. L'étape du jour est plus courte que les précédentes et, après deux petits cols qui se succèdent dès le début, se fait essentiellement en descente. Ce n'est pas plus mal après la grosse montée de la veille. Plusieurs petits lacs invitent à faire des pauses photo dans la montée au col de Chaléby puis au col de Vesonnaz, où le vent est glacial. Nous descendons par une longue vallée verte et faisons une bonne pause midi au soleil, ce qui nous permet de finir de faire sécher nos vêtements et chaussures encore humides. L'étape se termine à Oyace, minuscule village tranquille dans une vallée apparemment ignorée par le tourisme des vallées voisines.
 
J12 : Oyace - col de Breuson (2492 m) - Ollomont.  +1050 m, -1100 m, T2
Le mauvais temps est revenu pour l'étape la plus courte et la plus facile de la quinzaine. Nous montons au col de Breuson dans le brouillard, puis redescendons de l'autre côté sous la pluie. Nous ne verrons rien du Grand Combin, c'est un peu une journée pour rien. Ma motivation est au plus bas, je trouve cette Alta Via 1 nettement moins intéressante que la 2 et j'ai hâte que les vacances se terminent. C'est le chaos à Ollomont : l'avant-veille, un éboulement plus haut dans la vallée a fait sortir la rivière de son lit. Une partie du village a été engloutie sous une coulée de boue ; il en reste encore une épaisse couche partout et le va-et-vient des camions et des engins de chantier est constant. Le grand dortoir où nous passons la nuit n'est heureusement pas touché, mais il faut prendre un petit bain de boue pour aller du dortoir au restaurant. Nous mangeons très bien dans cette petite auberge, mais l'accueil est vraiment désagréable, c'est le moins que l'on puisse dire. Nous l'avons remarqué deux ou trois fois : alors que les refuges sont sympathiques, le personnel des hôtels et restaurants de la vallée manque cruellement de professionnalisme et n'a pas du tout le sens de l'accueil.
 
J13 : Ollomont - col Champillon (2709) - St. Rhémy en Bosses.  +1300 m, -1300 m, T2
Il fait froid dans notre dortoir mais, grâce à quatre couvertures, je passe une excellente nuit. Et quelle surprise au réveil : il a neigé ! Tout est blanc au-dessus de 2500 mètres environ. Il ne pleut plus mais le ciel est gris et le restera pendant une bonne partie de la journée. A l'heure convenue pour le petit déjeuner, la patronne du restaurant est encore au lit. Négocier l'heure du déjeuner est une bataille constante pour le guide : rares sont les établissements qui acceptent de nous servir avant sept heures et demie. Au bout de presque deux semaines de marche, le groupe a pris son rythme de croisière et nous montons rapidement au refuge Champillon, frôlant et même dépassant les 500 mètres de dénivelée positive à l'heure. Nous nous arrêtons au très beau refuge pour une pause café/chocolat : ici au moins, on a le sens de l'accueil. Une demi-heure plus tard, nous atteignons le col Champillon, où la neige de la nuit a déjà fondu. Un endroit abrité du vent dans le versant ouest du col nous permet de déjeuner et même de faire une mini-sieste : cela ne vaut pas les siestes de la première semaine, mais c'est un signe que le temps s'améliore à nouveau. Le vent reste pourtant froid et, dans la descente vers la vallée du St. Bernard, souffle très fort. L'étape se termine par un long balcon sur d'agréables chemins forestiers, où nous marchons sur un sol tout doux recouvert d'un tapis d'aiguilles de conifères. Notre hébergement à St Rhémy en Bosses est franchement luxueux et le souper est un vrai plaisir gastronomique.
 
J14 : St. Rhémy en Bosses - col de Malatra (2929 m) - Lavachey.  +1300 m, -1300 m, T2
Et voilà, comme à chaque fois, le dernier jour est arrivé… et il fait un temps magnifique ! Nous quittons la vallée avec ses infrastructures autoroutières laides et gagnons petit à petit de l'altitude au-dessus de l'alpage joliment (?) nommé de Merdeux Inférieur. Plus haut, à l'alpage Tsa de Merdeux, nous nous faisons doubler par un grand groupe d'enfants encadrés par des adultes, dont au moins un prêtre. Ils transportent des légumes sur le dos, non pas dans des sacs à dos mais dans de gros paniers en bois qui doivent être vraiment lourds et désagréables à porter… sans doute que ça se fait de cette manière depuis 80 ans alors pourquoi changer ?  Un peu plus haut, un taureau a sorti tous ses attributs masculins et est en train de séduire une vache en plein milieu du sentier. Le Grand Combin, qui se cache depuis trois jours, décide enfin de se montrer alors que nous nous approchons du col de Malatra. C'est un beau col, à peine plus qu'une fissure dans une barre rocheuse impénétrable. Nous y montons en traversant un immense pierrier puis, tout en haut, en crapahutant dans les rochers à l'aide de cordes fixes.

Nous voilà au dernier col… et subitement, voilà le Mont Blanc qui surgit de nulle part, c'est magnifique !  Nous descendons jusqu'à vers 2600 mètres et nous installons sur un replat herbeux pour le dernier pique-nique et la dernière sieste, face à tout le versant italien du massif du Mont Blanc. La descente par le vallon de Malatra est superbe avec, juste en face, les immenses Grandes Jorasses et les glaciers qui en descendent. Au niveau du refuge Bonatti nous rejoignons l'itinéraire du tour du Mont Blanc et c'en est fini avec les sentiers tranquilles : pour la dernière heure de notre périple, nous sommes accompagnés par les foules du week-end du 15 août. Il y a tellement de monde dans le val Ferret que la police a dû fermer la route, et le bus qui nous redescend de Lavachey à Courmayeur est plus que bondé. Cette dernière étape a été le point fort d'une deuxième semaine qui, sans doute en raison de la météo, n'a pas toujours été à la hauteur de la première.

Hike partners: stephen


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Comments (1)


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Bertrand says:
Sent 28 August 2017, 12h10
Récit sympa qui donne envie !


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