De Grächen à Zermatt par l'Europaweg
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Longue et belle randonnée de deux jours sur un sentier balcon parfois étroit, rocheux et exposé. Cet itinéraire, qui fait partie du Tour du Cervin et de celui du Mont Rose, peut être enchaîné avec le sentier balcon Saas Fee-Grächen pour faire une superbe balade à faire pendant un long week-end.
Cotation T4 dans les guides du CAS, ce qui me semble un peu excessif.
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Premier jour
Après une bonne nuit dans une pension de Grächen (1,615 m), nous partons sous le soleil vers 8 heures 30. On est en plein mois d'août mais il fait assez frais pour que la polaire soit nécessaire. Au centre du village, un panneau indique 6h 30 de marche pour atteindre l'Europahütte et 13 heures jusqu'à Zermatt; ce sont donc deux étapes assez longues. On quitte Grächen par une petite route serpentant entre de vieux chalets fleuris, puis on continue par un mélange de chemins forestiers et de petites routes jusqu'au hameau de Gasenried.
C'est là que commence la montée la plus sérieuse de ces deux jours : une heure et demie de grimpe raide, quasiment sans répit. Ayant déjà fait cette randonnée l'année dernière, je sais à quoi m'attendre et adopte un rythme très lent. En forêt, le chemin grimpe en zigzaguant à flanc de montagne, très raide par endroits. De temps en temps, une trouée dans la verdure laisse apparaître la vallée, avec Grächen loin derrière et, tout au fond, le Bietschhorn et les montagnes de l'Oberland. Dans la première partie de la montée, une flèche peinte sur un gros rocher indique l'emplacement d'une source située à quelques mètres à gauche du chemin. C'est le seul point d'eau de cette journée, on profite pour faire une pause et remplir les gourdes. Au bout d'une heure de cette rude montée, on quitte enfin la forêt et la pente s'atténue. On arrive sur un plateau herbeux couvert d'énormes rochers. Le chemin monte jusqu'à un belvédère où se trouve une statue.
A partir d'ici, le caractère du chemin change totalement. Pendant trois heures, on ne verra quasiment plus d'herbe ; que du rocher. Le sentier monte encore, plus doucement maintenant, en balcon, dans un environnement qui devient progressivement de plus en plus rocheux. Il devient étroit et tortueux, contournant des éperons rocheux et allant s’enfoncer dans de petits vallons sauvages. Par endroits, il faut faire attention : le chemin est très étroit, le sol n'est pas toujours stable et il y a du vide… parfois beaucoup de vide. Certains passages sont protégés par des câbles, mais ce ne sont pas toujours les sections les plus délicates.
L’endroit le plus spectaculaire, Grosse Grabe, est une zone d’éboulis de blocs énormes, qu’il faut escalader. Des panneaux mettent en garde contre des chutes de pierres et encouragent les randonneurs à traverser cette zone le plus vite possible. Pendant une vingtaine de minutes on crapahute dans les rochers, suivant les marques blanc-rouge-blanc qui indiquent la bonne route. Le balisage paraît excessif, mais par temps de brouillard j’imagine que cette zone pourrait vite devenir dangereux.
Une fois sorti de cet endroit, le chemin redevient plus facile. Il y a quelques pas délicats, mais rien de bien grave. Le temps devient de plus en plus couvert, des nuages montent de la vallée et tournent autour de nous, un vent froid se lève et il se met à pleuvoir.
Enfin, dernier obstacle de la journée, que certains risquent de ne pas apprécier, il faut traverser le torrent descendant du Hochberggletscher sur un pont suspendu. Nouveau panneau d’avertissement : pas plus de cinq personnes sur le pont à la fois. On traverse un par un, au milieu ça bouge pas mal et le fond du ravin est loin en dessous !
Après le pont, il reste une petite heure de marche facile pour atteindre l’Europahütte (2220 m), où nous allons dormir. La pluie est devenue forte ; juste avant la cabane, un couple est en train d'essayer de monter une tente à l'abri d'un rocher, mais le vent semble être en train de gagner la partie.
L’Europahütte est une cabane moderne au milieu des rochers et des sapins, tout en bois, avec une terrasse absolument magnifique face au Weisshorn. Malheureusement, ce soir-là, on ne peut pas profiter en raison de la pluie.
La cabane est pleine à craquer ; il y a notamment un groupe d’une quinzaine de Japonais, tous relativement âgés… on les imainerait plus facilement dans les rues de Zermatt ou dans le train du Jungfraujoch qu’ici au milieu de nulle part. Après un repas quelconque – cuisine plutôt industrielle et assez décevante – nous nous couchons dans un dortoir surpeuplé – on est sept dans une chambre à six lits, avec une personne sur un matelas par terre. Il y a des douches chaudes, mais à quatre francs pour deux minutes, je préfère me laver à l'eau froide.
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Deuxième jour
En nous levant, nous sommes surpris de voir que le versant opposé est tout blanc… pendant la nuit, il a neigé très bas, nous sommes tout juste sous la limite pluie/neige. Le gardien nous avertit que le chemin est fermé à cause d'un éboulement et qu'il faut faire un détour.
Effectivement, le chemin habituel, qui passe sous une cascade puis traverse une zone d'éboulis dans une série de tunnels, est barré. On doit descendre plus bas pour traverser la zone à risque, puis remonter sur le chemin.
La première partie de la journée est similaire à la veille : beaucoup de rocher, des paysages très sauvages et inhospitaliers, un chemin étroit souvent taillé dans la falaise. C'est moins exposé que l'étape de la veille ; pourtant, beaucoup plus de sections sont protégées par des câbles, assez inutilement parfois.
Un peu plus loin, c’est un tunnel percé dans la falaise qu’il faut emprunter sur une centaine de mètres. Il y a même de la lumière.. le tout est de trouver l’interrupteur. Au-dessus, au fond des vallons que nous parcourons, on voit toute une série de sommets blancs et de glaciers. Maintenant nous avons laissé le Weisshorn derrière et c’est le Cervin qui apparaît devant nous. C’est lui qui va dominer la vue jusqu’à la fin du parcours.
Après une autre descente assez raide sous des abris en béton contre les éboulements, c’est une montée 400 mètres, un peu inattendue et pas vraiment la bienvenue, qui nous attend. Dans cette partie nous doublons les Japonais, partis une heure avant nous de la cabane, qui cassent la croûte dans une petite forêt. Le sentier oblique à gauche et emprunte une longue vallée perpendiculaire au Mattertal, pour atteindre l’alpage des Täschalpen (2,214 m), où il y a une buvette et une route. Nous pique-niquons ici, assis sur un rocher.
Täschalpen marque la fin de la partie "alpine" de cette randonnée de deux jours. La fin du parcours est une balade tranquille sur des chemins larges, à travers bois et pâturages. Le chemin revient dans la vallée principale, remonte brièvement, puis commence sa longue et douce descente vers Zermatt. Le Cervin se rapproche de plus en plus ; quant au Mont Rose, on sait où elle se trouve mais on ne le voit pas, d’autres montagnes le cachent.
On arrive au hameau de Tufteren (2,215 m), où une terrasse de café ombragée nous donne un bon prétexte pour faire une pause avant d’entamer la dernière descente. Il existe plusieurs options de descente sur Zermatt depuis ici ; nous prenons un joli chemin qui descend, parfois assez raide, passe sous un télésiège et continue à travers bois pour atteindre Zermatt, à 1,750 mètres.
(Stephen)
Cotation T4 dans les guides du CAS, ce qui me semble un peu excessif.
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Premier jour
Après une bonne nuit dans une pension de Grächen (1,615 m), nous partons sous le soleil vers 8 heures 30. On est en plein mois d'août mais il fait assez frais pour que la polaire soit nécessaire. Au centre du village, un panneau indique 6h 30 de marche pour atteindre l'Europahütte et 13 heures jusqu'à Zermatt; ce sont donc deux étapes assez longues. On quitte Grächen par une petite route serpentant entre de vieux chalets fleuris, puis on continue par un mélange de chemins forestiers et de petites routes jusqu'au hameau de Gasenried.
C'est là que commence la montée la plus sérieuse de ces deux jours : une heure et demie de grimpe raide, quasiment sans répit. Ayant déjà fait cette randonnée l'année dernière, je sais à quoi m'attendre et adopte un rythme très lent. En forêt, le chemin grimpe en zigzaguant à flanc de montagne, très raide par endroits. De temps en temps, une trouée dans la verdure laisse apparaître la vallée, avec Grächen loin derrière et, tout au fond, le Bietschhorn et les montagnes de l'Oberland. Dans la première partie de la montée, une flèche peinte sur un gros rocher indique l'emplacement d'une source située à quelques mètres à gauche du chemin. C'est le seul point d'eau de cette journée, on profite pour faire une pause et remplir les gourdes. Au bout d'une heure de cette rude montée, on quitte enfin la forêt et la pente s'atténue. On arrive sur un plateau herbeux couvert d'énormes rochers. Le chemin monte jusqu'à un belvédère où se trouve une statue.
A partir d'ici, le caractère du chemin change totalement. Pendant trois heures, on ne verra quasiment plus d'herbe ; que du rocher. Le sentier monte encore, plus doucement maintenant, en balcon, dans un environnement qui devient progressivement de plus en plus rocheux. Il devient étroit et tortueux, contournant des éperons rocheux et allant s’enfoncer dans de petits vallons sauvages. Par endroits, il faut faire attention : le chemin est très étroit, le sol n'est pas toujours stable et il y a du vide… parfois beaucoup de vide. Certains passages sont protégés par des câbles, mais ce ne sont pas toujours les sections les plus délicates.
L’endroit le plus spectaculaire, Grosse Grabe, est une zone d’éboulis de blocs énormes, qu’il faut escalader. Des panneaux mettent en garde contre des chutes de pierres et encouragent les randonneurs à traverser cette zone le plus vite possible. Pendant une vingtaine de minutes on crapahute dans les rochers, suivant les marques blanc-rouge-blanc qui indiquent la bonne route. Le balisage paraît excessif, mais par temps de brouillard j’imagine que cette zone pourrait vite devenir dangereux.
Une fois sorti de cet endroit, le chemin redevient plus facile. Il y a quelques pas délicats, mais rien de bien grave. Le temps devient de plus en plus couvert, des nuages montent de la vallée et tournent autour de nous, un vent froid se lève et il se met à pleuvoir.
Enfin, dernier obstacle de la journée, que certains risquent de ne pas apprécier, il faut traverser le torrent descendant du Hochberggletscher sur un pont suspendu. Nouveau panneau d’avertissement : pas plus de cinq personnes sur le pont à la fois. On traverse un par un, au milieu ça bouge pas mal et le fond du ravin est loin en dessous !
Après le pont, il reste une petite heure de marche facile pour atteindre l’Europahütte (2220 m), où nous allons dormir. La pluie est devenue forte ; juste avant la cabane, un couple est en train d'essayer de monter une tente à l'abri d'un rocher, mais le vent semble être en train de gagner la partie.
L’Europahütte est une cabane moderne au milieu des rochers et des sapins, tout en bois, avec une terrasse absolument magnifique face au Weisshorn. Malheureusement, ce soir-là, on ne peut pas profiter en raison de la pluie.
La cabane est pleine à craquer ; il y a notamment un groupe d’une quinzaine de Japonais, tous relativement âgés… on les imainerait plus facilement dans les rues de Zermatt ou dans le train du Jungfraujoch qu’ici au milieu de nulle part. Après un repas quelconque – cuisine plutôt industrielle et assez décevante – nous nous couchons dans un dortoir surpeuplé – on est sept dans une chambre à six lits, avec une personne sur un matelas par terre. Il y a des douches chaudes, mais à quatre francs pour deux minutes, je préfère me laver à l'eau froide.
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Deuxième jour
En nous levant, nous sommes surpris de voir que le versant opposé est tout blanc… pendant la nuit, il a neigé très bas, nous sommes tout juste sous la limite pluie/neige. Le gardien nous avertit que le chemin est fermé à cause d'un éboulement et qu'il faut faire un détour.
Effectivement, le chemin habituel, qui passe sous une cascade puis traverse une zone d'éboulis dans une série de tunnels, est barré. On doit descendre plus bas pour traverser la zone à risque, puis remonter sur le chemin.
La première partie de la journée est similaire à la veille : beaucoup de rocher, des paysages très sauvages et inhospitaliers, un chemin étroit souvent taillé dans la falaise. C'est moins exposé que l'étape de la veille ; pourtant, beaucoup plus de sections sont protégées par des câbles, assez inutilement parfois.
Un peu plus loin, c’est un tunnel percé dans la falaise qu’il faut emprunter sur une centaine de mètres. Il y a même de la lumière.. le tout est de trouver l’interrupteur. Au-dessus, au fond des vallons que nous parcourons, on voit toute une série de sommets blancs et de glaciers. Maintenant nous avons laissé le Weisshorn derrière et c’est le Cervin qui apparaît devant nous. C’est lui qui va dominer la vue jusqu’à la fin du parcours.
Après une autre descente assez raide sous des abris en béton contre les éboulements, c’est une montée 400 mètres, un peu inattendue et pas vraiment la bienvenue, qui nous attend. Dans cette partie nous doublons les Japonais, partis une heure avant nous de la cabane, qui cassent la croûte dans une petite forêt. Le sentier oblique à gauche et emprunte une longue vallée perpendiculaire au Mattertal, pour atteindre l’alpage des Täschalpen (2,214 m), où il y a une buvette et une route. Nous pique-niquons ici, assis sur un rocher.
Täschalpen marque la fin de la partie "alpine" de cette randonnée de deux jours. La fin du parcours est une balade tranquille sur des chemins larges, à travers bois et pâturages. Le chemin revient dans la vallée principale, remonte brièvement, puis commence sa longue et douce descente vers Zermatt. Le Cervin se rapproche de plus en plus ; quant au Mont Rose, on sait où elle se trouve mais on ne le voit pas, d’autres montagnes le cachent.
On arrive au hameau de Tufteren (2,215 m), où une terrasse de café ombragée nous donne un bon prétexte pour faire une pause avant d’entamer la dernière descente. Il existe plusieurs options de descente sur Zermatt depuis ici ; nous prenons un joli chemin qui descend, parfois assez raide, passe sous un télésiège et continue à travers bois pour atteindre Zermatt, à 1,750 mètres.
(Stephen)
Hike partners:
stephen





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