Autour du Chemin panorama alpin : Neuvième étape, de Näfels à Innerthal


Publiziert von stephen Pro , 4. Oktober 2015 um 19:17.

Region: Welt » Schweiz » Glarus
Tour Datum: 3 Oktober 2015
Wandern Schwierigkeit: T2 - Bergwandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-GL   Oberseegruppe   CH-SZ 
Zeitbedarf: 6:00
Aufstieg: 1260 m
Abstieg: 775 m
Strecke:Näfels - Eggberg - Boggenmoor - Scheidegg - Schwarzenegger - Innerthal
Zufahrt zum Ausgangspunkt:cff logo Näfels - Mollis
Zufahrt zum Ankunftspunkt:cff logo Innerthal, Post, bus (toutes les heures) pour cff logo Siebnen - Wangen

English version here

Cette randonnée entre le Glarnerland et le Wägital ne semblait pas encore être répertoriée sur Hikr ; c'est étonnant, car elle est vraiment magnifique. Le guide Rother Glarnerland-Walensee la décrit dans l'autre sens, mais le descriptif n'incite pas trop le randonneur à y aller, parlant à la fois de "sehr sumpfig" et de "viel Hartbelag"… en quelque sorte les deux extrêmes !

J'adore le mois d'octobre, et il suffit de voir la lumière de ce samedi matin pour comprendre pourquoi. Depuis le train, un peu de brume adoucit le paysage alors que le soleil encore bas projette de longues ombres du côté ouest des arbres. Le soleil envoie des rayons étincelants vers le  Zürichsee, dont la surface frémit sous le foehn.

Je descends du train à Näfels, où j'ai terminé l'étape précédente de mon (presque) Chemin panorama alpin par un après-midi de canicule, il y a un peu plus d'un mois. Depuis, l'été a fait place à l'automne et, pendant que je monte en forêt pour sortir de la vallée de la Linth, des feuilles descendent tout doucement depuis les arbres pour tapisser le sol. A la bifurcation de chemins de Brändliboden, je quitte l'itinéraire principal qui remonte vers l'Obersee et prends le sentier plus étroit qui remonte vers le Schwändlital. Ce sentier est bien marqué et le balisage est tout neuf ; pourtant, il ne semble pas avoir vu beaucoup de passage et est assez encombré de végétation par endroits. Vers 800 mètres, la carte indique un lac, le Haslensee, dans un creux près du sentier. Je vais le voir, mais est complètement à sec. Je me demande s'il se remplit au printemps, à la fonte des neiges, ou s'il a oublié définitivement qu'il était un lac. A la clairière isolée de Brändlen, 886 m, la forêt se déchire pour la première fois et la vue s'ouvre vers le Schwändlital, que je suivrai vers l'ouest.

La forêt est très calme ; je m'en rends compte lorsque je trébuche sur un caillou roulant, faisant peur à un oiseau qui devait se trouver juste au-dessus de ma tête. Il part dans un grand fracas d'ailes et de piaillements. Un peu plus haut, dans une autre clairière, c'est un veau – l'un des trois qui sont assis en plein milieu du chemin – qui prend peur et part devant moi, paniqué, avançant tout en tournant sa tête pour voir si j'y suis encore. Le sentier débouche sur la petite route d'accès au Schwändlital, que je dois suivre pendant deux cents mètres environ. La route est couverte de bouses de vache toutes fraîches : la désalpe a dû avoir lieu tout récemment. Un jeune couple à VTT me demande le chemin pour aller à un endroit dont je n'ai jamais entendu parler, mais au moins je peux leur prêter ma carte pour qu'ils essaient de le retrouver. Ce sont les seules autres personnes que je verrai pendant les trois premières heures de la randonnée.

Je quitte la forêt à Eggberg, 1084 m, petit hameau d'alpage avec deux ou trois maisons. Des moutons broutent l'herbe de l'alpage, alors que la cour de ferme est remplie de poules : des poules à Eggberg, cela me paraît d'une logique absolument parfaite. Au sud, l'alpage est dominé par les hautes parois du Rautispitz, alors que vers l'est, c'est un grand panorama qui s'ouvre, dominé par le Mürchtenstock et le Fronalpstock derrière la vallée de la Linth. De gros nuages gris se sont formés au-dessus des montagnes vers le sud-est : le foehn arrivera-t-il à les maintenir à l'écart jusqu'à ce soir ?

C'est à partir d'ici que la randonnée devient vraiment belle. Je remonte au-dessus d'Eggberg, le long d'une crête herbeuse et arrondie, qui sépare le Schwändlital au nord de l'Oberseetal vers le sud. L'herbe est compacte sous mes pieds, elle semble presque équipée de ressorts. Quant aux revêtements durs du guide Rother, je n'en verrai aucun : en effet, l'itinéraire décrit dans le guide se contente de suivre le fond du Schwändlital, ce qui ne correspond pas du tout au balisage sur le terrain. Je continue de remonter doucement  vers l'ouest, passant le petit sommet du 1259 m. Un peu plus loin, à Boggenmoor, les couleurs d'automne sont vraiment splendides. Il y a des endroits marécageux par ici et, dans ces creux humides, les longues herbes ont viré au jaune orangé. Cela constitue un premier plan parfait devant un fond montagneux sous un ciel devenu bleu.

A midi et demi, je commence à rechercher l'endroit idéal pour me poser et manger. Parfois, on peine même à trouver un endroit acceptable ; aujourd'hui, il y a l'embarras du choix. Partout il y a des endroits idéaux, chacun pouvant se vanter d'un meilleur panorama que le précédent. Je m'arrête finalement vers 12h 45 dans une pente herbeuse orientée vers l'est, devant une vue exceptionnelle. Au premier plan, des pentes herbeuses vertes et jaunes descendent de gauche à droite, vers l'Oberseetal. Une crête surmontée d'arbres attire l'œil vers quelques chalets et granges isolés. La plupart des arbres sont des résineux encore verts mais, au milieu, un petit groupe d'arbres dont les feuilles sont devenues jaune vif font un contraste marqué. En toile de fond derrière ce premier plan coloré, les montagnes au-delà de la vallée de la Linth se dressent vers le ciel, tout en niveaux de gris. La soupe aux poireaux et pommes de terre que j'ai faite pour accompagner mes sandwiches n'atteint pas les hauteurs de celle aux lentilles d'il y a quinze jours : trop fade quand je l'ai goûtée ce matin, j'ai ensuite été un peu trop enthousiaste avec l'assaisonnement et elle est devenue un peu trop salée. L'herbe est confortable, le soleil est chaud, la vue est imprenable, tout est parfait pour ce qui sera probablement la dernière sieste de l'été.

Je repars à une heure et demie : je serais bien resté plus longtemps à cet endroit, mais il me reste encore trois heures et demie de route pour rejoindre le Wägital. Le sentier continue toujours le long de la crête herbeuse que je suis depuis Eggberg, et qui finit par venir buter contre les parois verticales du Bärensolspitz. Ici, le sentier quitte la crête pour descendre vers le fond du Schwändlital. Devant, au-delà d'un paysage fait de longues ombres et de feuillage de couleurs vives, je vois maintenant la Scheidegg, le col qui me fera quitter le canton de Glarus pour celui de Schwyz et pour la Wägital. Un court passage dans une forêt sombre et un peu sinistre sous de hautes parois offre un contraste. Au-dessus sur ma gauche, je vois l'entrée d'une grande grotte noire. Le bruit d'un grand animal qui bouge dans les sous-bois vient de là-haut : un chamois, peut-être. J'avance vite vers la sortie de la forêt, juste au cas où c'était un ours, un troll ou quelque chose du genre.

Le sentier quitte la forêt et atteint le fond de la vallée à Büelen, 1263 m.  Il rejoint une piste de terre battue qui longe un petit ruisseau. L'odeur de bouses de vaches est très forte ici, mais le bétail est parti vers ses quartiers d'hiver. Les clôtures électriques ont été démontées et la haute vallée du Schwändlital est devenue déserte, se préparant pour six mois d'hibernation. J'arrive à un endroit marqué Gross Moos sur la carte : en général, la présence du mot Moos est une bonne garantie de chaussures de marche boueuses, mais ici, une bonne piste contourne la zone marécageuse par le nord. Je croise une femme venant en sens inverse, la première randonneuse que j'ai vue depuis Näfels.

A Hinter Schwändli, dernière ferme de la vallée, un homme est en train de charger sa voiture, sans doute avant de fermer la maison pour l'hiver. C'est ici que commence la dernière montée de 130 mètres jusqu'au col de Scheidegg. Presque tout de suite, le sentier disparaît et le balisage devient difficile à repérer. En même temps, le terrain devient très boueux. Une passerelle franchit le ruisseau descendant du col, mais ses planches sont pourries et trouées, et je préfère descendre dans le ruisseau qu'essayer d'utiliser la passerelle. La montée n'est ni très longue ni très raide, mais la nature du terrain la rend très incommode. Il n'y a pas de sentier au milieu de ces herbes longues et jaunes, il faut simplement remonter au mieux vers le col. L'herbe vient jusqu'à mes genoux, parfois jusqu'à la taille et, sous mes pieds mais invisible, il y a un mélange de boue, de mousse et d'eau. Parfois cela supporte bien mon poids… parfois pas. Ceci explique peut-être pourquoi l'itinéraire n'est pas plus parcouru : même au bout d'une saison estivale chaude et sèche, c'est boueux… qu'est-ce que ça doit être au mois de juin ! C'est clair que l'itinéraire serait à éviter absolument après quelques semaines de pluie.

Côté schwyzois du col (1431 m), cela reste très marécageux. Heureusement, le sentier quitte rapidement le thalweg  pour courir horizontalement le long du flanc sud de la vallée, sous les parois du Tierberg et du Bockmattli. Loin devant, voilà le Grosser Mythen qui apparaît pour me rappeler que les terres inconnues et exotiques de la Suisse orientale sont maintenant derrière moi, et que je me dirige vers des endroits plus connus. Je descends vers le chalet d'alpage Trepsen, 1352 m, puis continue en balcon avant de remonter doucement vers la selle de Schwarzenegg, à 1379 mètres d'altitude. Ici, je commence enfin à voir du monde : je me retrouve à présent sur le sentier d'accès au Bockmattli et aux autres sommets du côté est du Wägital.

A partir d'ici, il n'y a plus qu'à descendre. Bientôt, le Wägitalersee apparaît, entouré de montagnes sous lesquelles des prairies vertes, éclairées par le soleil, descendent vers ses eaux bleues. Lac artificiel certes, mais quel beau lac ! Je descends par un sentier raide et plutôt glissant, où passages ensoleillés et ombragés alternent. Avec le soleil dans mes yeux, c'est assez difficile de repérer exactement ce que j'ai sous les pieds, et c'est par je ne sais quel miracle que j'arrive en bas sans m'étaler.  Enfin, vers 1100 mètres, je sors de la forêt et le sentier fait place à une petite route qu'il suffit de suivre, en descente douce et en balcon au-dessus du lac qui s'étend devant mes yeux. Un concert de cloches à vaches complète cette scène bucolique parfaite. Seul petit bémol : le soleil pile en face, qui m'empêche de vraiment rendre justice au paysage sur photo.

J'arrive au village minuscule d'Innerthal, à l'extrémité nord du lac, à 16h 55. Le prochain bus part à 16h 59, timing parfait à la fin d'une journée magnifique, probablement la plus belle journée de randonnée que j'ai faite en Suisse cet été. Si la météo veut bien, il me reste encore une étape un peu "montagne" pour rejoindre le tracé officiel de Chemin panorama alpin à Einsiedeln, avant d'attaquer une série d'étapes à basse altitude que je pourrai faire même si l'hiver décide de s'installer. 

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Tourengänger: stephen


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