Regenflüeli (presque) sans Regen


Published by stephen Pro , 25 August 2014, 18h45.

Region: World » Switzerland » Luzern
Date of the hike:24 August 2014
Hiking grading: T2 - Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: Pilatusgebiet   CH-LU 
Time: 3:30
Height gain: 625 m 2050 ft.
Height loss: 625 m 2050 ft.
Route:Eigenthal – Rosenboden – Gumm - Regenflüeli – Gumm - Ober Honegg - Eigenthal
Access to start point:cff logo Eigenthal, Talboden
Access to end point:idem

English version here

Une petite randonnée pour ce dimanche, avec deux buts très précis : tester une nouvelle paire de chaussures et voir si ma jambe droite s'est bien remise du début de tendinite subi il y a deux semaines en Engadine.
J'ai décidé de démarrer tôt et d'y aller doucement, ne voulant pas trop forcer sur ma jambe. La boucle que j'ai prévue ne durera que quatre heures, ce qui me permettra de prendre mon temps, de faire des croquis et de profiter du soleil dominical. Sauf qu'à 7 heures 30, lorsque je me lève, il pleut et le ciel est gris uniforme. Je me recouche, fais une seconde tentative une heure plus tard… il pleut toujours autant. J'abandonne, retourne au lit, me dis que je pourrai toujours tester mes chaussures au bord du lac, en ville, même si j'aurai l'air ridicule.

Lorsque je me réveille pour la troisième fois à 9h 45, il fait grand beau. J'aurais dû partir comme prévu, je serais déjà en montagne sous ce beau ciel bleu. Je décide quand même d'y aller : en montant à Eigenthal en voiture au lieu d'attendre le prochain bus, je pourrai quand même y être vers onze heures. La route directe est fermée suite à des dégâts causés par les intempéries du début d'août (j'en verrai d'autres sur le Regenflüeli), je dois faire un grand détour par Malters et Schwarzenberg.

A Eigenthal, j'ai besoin d'une pièce de 5 francs pour le parking, mais je n'ai qu'un billet de 10. Un couple arrive en moto et s'arrête : je leur demande poliment, dans mon meilleur allemand, s'ils auraient de la monnaie. Le motard, pas aimable du tout, me répond quelque chose du style "Si tu veux quelque chose, parle-moi en suisse-allemand".  Bon… je lui explique que le Lozärnerdütsch ne figure pas au programme scolaire en Angleterre et que je fais ce que je peux. En apprenant que je suis anglais, le type devient tout de suite plus aimable, et sa compagne m'offre même cinq francs "als Geschenk". Ce petit incident laisse un mauvais goût dans ma bouche pendant quelques minutes, puis je relativise : je vis en Suisse depuis plus de 16 ans et c'est la première fois qu'une telle chose m'arrive… et de toute façon il y a des imbéciles partout.

La randonnée débute dans les pâturages verts et bucoliques de l'Eigental. Sous mes pieds, le sol est spongieux, on sent bien que la terre est détrempée en cette fin d'été. La première montée en forêt est glissante et boueuse à souhait, un bon premier test pour mes chaussures neuves. Celles-ci semblent être confortables, tant mieux. Depuis que je randonne en Suisse j'ai toujours utilisé des Lowa Tibet GTX, j'en ai eu trois paires. Cette fois-ci, je n'ai pas trouvé ce modèle et ai décidé d'essayer des Meindl pour changer, après pas mal d'hésitation. Ce qui est certain, c'est que mes bonnes vieilles chaussures n'auraient pas aimé ce terrain ; je me suis déjà rendu compte pendant mes vacances que les semelles n'avaient plus aucune adhérence sur le rocher mouillé.

Vers le haut de la forêt, je double un groupe de quatre qui cherchent des champignons avec, de toute évidence, pas mal de réussite. Le temps s'y prête, il faut dire : le beau soleil lucernois n'a pas réussi à s'imposer en montagne, la matinée est grise et fraîche. La forêt fait place à un pâturage pentu où je n'avance que lentement, perdant beaucoup de temps à rechercher un itinéraire où je ne m'enfoncerai que jusqu'à la cheville. J'arrive enfin au chalet de Rosenboden, au-delà duquel les conditions s'améliorent provisoirement.

De Rosenboden, un sentier étroit traverse des pentes raides presque à l'horizontale. Le son des cloches à vaches remonte de la vallée, au-delà de laquelle les parois sombres du Pilatus montent pour se noyer dans les nuages gris et bas. Le Regenflüeli apparaît devant, au-dessus d'une barre rocheuse inclinée. Je fais une pause de vingt minutes pour laisser ma jambe un peu au repos et, accessoirement, pour dessiner le paysage.

Une montée raide (escaliers et rambardes en bois) me conduit à l'alpage de Gumm, au-dessus duquel l'état du sentier devient tout simplement catastrophique. Est-ce à cause des intempéries ou le sentier est-il toujours pareil, je n'en sais rien, mais c'est un véritable bourbier. Je remonte le vallon en essayant de suivre le balisage, mais c'est impossible, je m'enfoncerais jusqu'aux genoux dans ce mélange infâme de boue, d'eau et de bouses de vaches. Même après avoir atteint la crête sommitale, cela ne s'améliore pas. La pluie semble avoir enlevé toute la couche supérieure de terre et d'herbe ici, ne laissant que de la boue lourde et gluante. Heureusement, le sommet n'est plus très loin : la croix sommitale apparaît, puis la vue s'ouvre soudainement vers le Plateau avec ses lacs, ses villes et villages, le tout sous un ciel bleu qui n'arrive toujours pas à s'installer là où je suis.

Malgré l'altitude très modeste de ce petit sommet, la vue est somptueuse dans toutes les directions… ou le serait s'il y avait un peu moins de nuages. En face, les cabines du téléphérique du Pilatus font leurs derniers va-et-vient avant leur fermeture définitive le week-end prochain, pour laisser place à une installation plus moderne au printemps prochain. Je mange mes sandwiches, puis commence un croquis dans le livre de sommet… croquis que je suis obligé de terminer à la hâte, car il se met à tomber des gouttes. Le Regenflüeli m'aura quand même fait cadeau d'un peu de l'élément auquel il doit son nom !

Ne voulant pas redescendre par l'itinéraire cauchemardesque de la montée, je pars droit dans la pente herbeuse, en visant le chalet de Gumm. C'est une bonne décision : même si la pente est raide et que le sol est détrempé, je souffre nettement moins qu'à la montée. En dessous de Gumm, plutôt que de repasser par Rosenboden, j'opte pour le sentier qui descend par Ober Honegg. Mais celui-ci n'est guère recommandable : une raide piste d'alpage, souvent bétonnée pour faciliter le passage des véhicules agricoles. J'arrive néanmoins satisfait en bas : mes chaussures ne m'ont pas donné d'ampoules, et ma tendon n'a donné aucun signe de faiblesse. Mission accomplie donc, avant une sortie un peu plus soutenue le week-end prochain.
         

Hike partners: stephen


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