Du nord au sud : Sixième étape, de Morat à Neuenegg


Published by stephen Pro , 8 May 2018, 18h42.

Region: World » Switzerland » Fribourg
Date of the hike: 5 May 2018
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-BE   CH-FR 
Time: 4:15
Height gain: 220 m 722 ft.
Height loss: 140 m 459 ft.
Route:Murten/Morat - Salvenach - Liebistorf - Auried - Laupen - Neuenegg
Access to start point:cff logo Murten
Access to end point:cff logo Neuenegg

English version here

Après deux étapes au cours desquelles j'ai traversé la région entre Saint-Imier et Morat que je connaissais déjà bien, la suite du Trans Swiss Trail va m'emmener dans des contées moins familières. Avec la promesse d'une météo ensoleillée et chaude pour la saison, j'ai décidé d'enchaîner deux étapes ce week-end,  ce qui devrait m'amener jusqu'à Berne. J'ai presque envie de combiner ces étapes courtes pour essayer de rallier la capitale en une seule journée, mais cela risque de faire trop, d'autant plus qu'une bonne partie de ces étapes se fait sur revêtement dur.

Je suis plutôt déçu, au vu des prévisions, d'êtree accueilli à Morat par un ciel gris et bas et une fraîcheur inattendue qui m'incite à ne pas tomber la polaire tout de suite.  La première partie de l'étape ne m'inspire guère plus que le ciel : rues résidentielles et chemins de desserte agricole se succèdent, le plus souvent en faux-plat ascendant. Il faut attendre presque une heure avant que je gagne enfin suffisamment de hauteur pour avoir une vue sur Morat, son lac et le Mont Vully. La vue plus lointaine reste bouchée et le restera pendant tout le week-end : même si les nuages se sont dissipés et que le soleil brille à présent, une brume épaisse subsiste.

A l'entrée du village de Salvenach, je traverse la route qui va de Morat à Fribourg, passe devant un grand centre jardin, puis continue le long d’une piste entre la lisière de la forêt à droite et des champs cultivés à gauche. Le paysage n’a rien de spectaculaire mais est néanmoins joli : le printemps a déployé toute sa palette de nuances de vert, au milieu de laquelle font irruption quelques taches de jaune vif, là où il y a des champs de colza. Des rangées de salades bien alignées s’en vont vers des points de fuite lointains : le tout ferait un beau sujet pour une étude de perspective.

Après une série de bosquets, je pénètre maintenant dans la forêt de Galm, beaucoup plus étendue. La piste monte tout doucement vers le point le plus élevé de l’étape, à l’altitude très modeste de 580 mètres. Je m’arrête pour boire de l’eau à côté d’une petite cabane en bois (Galmhütte, 563 m), puis poursuis mon chemin entre les arbres pendant une vingtaine de minutes encore. C’est très vert et très calme mais, en fin de compte, toutes les pistes forestières se ressemblent et cela finit par devenir monotone.

Je suis donc content de quitter la forêt juste à l’entrée du village plutôt moderne de Liebistorf (524 m), qui semble être complètement endormi sous le soleil de ce samedi après-midi. Les petites routes et pistes forestières se suivent, jusqu’à ce qu’un chemin me fasse descendre en pente assez raide dans le fond de la vallée de la Sarine, arrivée jusqu’ici après un long parcours depuis le col du Sanetsch et le massif du Wildhorn. A Auried (494 m), il y a une réserve naturelle autour d’un grand étang marécageux, où canards et grenouilles se livrent à un concours de celui qui fait le plus de bruit.

Je franchis la Sarine sur une passerelle, puis suis la berge vers l’aval pendant une demi-heure, jusqu’à la petite ville de Laupen.  C’est ici que la Sarine se joint à la Singine, autre rivière de montagne qui, elle, a sa source au milieu des Préalpes fribourgeoises. A la confluence des deux torrents se trouve une vaste plage de gros cailloux blancs qui, j’imagine, doit se trouver noyée lors des crues. Aujourd’hui, cette étendue de pierres est occupée par quelques promeneurs de chiens et par des enfants qui s’amusent à jeter des cailloux dans l’eau. L’endroit sent la marée basse et les algues, parfums des vacances d’été quand j’étais petit. A des centaines de kilomètres de la mer, je ferme les yeux et suis immédiatement transporté au Pays de Galles. Je m’installe sur un banc juste au-dessus de la plage pour manger un déjeuner assez basique : sandwiches au jambon et au fromage suivis d’une pomme.

Dans le topo-guide de l’itinéraire national No.2, cette courte étape finit à Laupen. Mais il est seulement 13h 30 et je ne marche que depuis trois heures : je décide donc de continuer. Plus j’avance aujourd’hui, moins il me restera à faire demain et plus je pourrai faire la grasse matinée ! La rue principale de Laupen comprend quelques belles maisons mais est un peu gâchée par la circulation. Au-dessus du village, un château trône sur un éperon rocheux, surveillant la vallée et la confluence des deux rivières.

A partir de Laupen, l’itinéraire laisse la Sarine derrière et remonte la Singine vers l’est. La rivière reste le plus souvent cachée derrière un rideau d’arbres, mais quelques ouvertures donnent accès à la rive, où des familles et pêcheurs profitent des plages de galets et de l’eau limpide et peu profonde. Au bout d’une heure, alors que je m’approche du village de Neuenegg, le bruit d’un champ de tir devient de plus en plus envahissant. Les chemins de randonnée suisses passent souvent à proximité des champs de tir : celui-ci le longe vraiment de tout près. Je trouve le bruit des fusils plutôt inquiétant, mais je suis manifestement le seul à être perturbé : je croise des familles avec de tout jeunes enfants, des chiens, même deux jeunes femmes qui promènent des lamas à la laisse…  et personne parmi tout ce petit monde ne bronche face aux armes de guerre, même pas les lamas !

Vers trois heures de l’après-midi, j’arrive à Neuenegg. Je décide de m’arrêter ici : il reste encore quatre heures de marche jusqu’à Berne, c’est trop pour aujourd’hui... je reviendrai demain.
 
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Hike partners: stephen


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Comments (1)


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Sent 8 May 2018, 20h17
Très beau texte, comme à l'accoutumé, avec toujours quelques embruns de "suissitude".

Morat-Neuenegg, c'est aussi l'une des dernières lignes de défense qui devait empêcher les panzers allemands d'entrer dans Berne. On trouve encore dans cette région des reliquats de la Première et Seconde Guerre formant une sorte de rempart autour de la capitale helvète (voir par exemple http://worldoft1.blogspot.ch/2016/09/gurmels-partie-13-klein-gurmels.html).

Modestes ouvrages car la ville aurait pu être "sacrifiée", comme celle de Genève, les véritables défenses, elles, protégeant le véritable sanctuaire qu'était le réduit alpin.

Enfin bref, tout cela est de l'histoire ancienne...


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