De Stans à Flüeli, sur les traces de pèlerins et d'ermites


Publiziert von stephen Pro , 2. Juni 2014 um 19:48.

Region: Welt » Schweiz » Obwalden
Tour Datum: 1 Juni 2014
Wandern Schwierigkeit: T1 - Wandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-NW   CH-OW   Stanserhornkette 
Zeitbedarf: 4:00
Aufstieg: 820 m
Abstieg: 520 m
Strecke:Stans – St. Antoni – St. Niklausen – Ranft – Flüeli
Zufahrt zum Ausgangspunkt:cff logo Stans
Zufahrt zum Ankunftspunkt:cff logo Flüeli-Ranft, Dorf, car postal pour cff logo Sachseln

English version here

Le Bruder-Klausen-Weg  est un itinéraire facile, relativement court mais panoramique, qui relie Stans à Flüeli-Ranft, dans la longue vallée qui remonte du lac de Sarnen vers le Brünigpass.  Le chemin doit son nom à Niklaus von Flüe, ermite émérite du 15ème siècle et célébrité locale dans ce petit coin d'Obwalden.

Au terme d'un long week-end de l'Ascension qui n'a pas vraiment été propice à la randonnée en Suisse centrale, ce premier jour du mois de juin amène enfin du ciel bleu et de la chaleur. Un court trajet dans le petit train rouge de la Zentralbahn m'amène rapidement à Stans, où la randonnée débute sur la place du village, devant une église belle et imposante dont les cloches sont en train de sonner la messe dominicale.
Je quitte Stans par une ruelle en pente raide, quittant rapidement les zones résidentielles pour un joli paysage très vert, fait de collines arrondies et de maisons anciennes en bois sombre. Je traverse la voie du funiculaire historique du Stanserhorn juste au moment où un train passe, son chauffeur debout sur la plate-forme avant, fièrement habillé d'un uniforme vieux style.

Peu après, je quitte la petite route pour un sentier qui monte tout d'abord en pente assez soutenue, puis devient plus plat pour continuer son chemin entre haies et prés. La première montée de la journée  - et la plus grosse - est déjà derrière moi. Le Pilatus, omniprésent en Suisse centrale, apparaît devant, vu depuis un angle plutôt inhabituel (sauf pour les habitants de Stans).

Cette randonnée fait partie du long chemin qui mène à Saint-Jacques de Compostelle, et mon guide Rother m'informe qu'en été, je verrai "de nombreux pèlerins". Je suis donc à la recherche de pèlerins et me demande comment on identifie un pèlerin par rapport à un commun randonneur du dimanche. Je me fais une image mentale : cape, croix, bâton, une sorte de mélange de Gandalf et de l'archevêque de Canterbury. Mais je ne vois rien qui ressemble à cela. Un grand corbeau noir me regarde d'un œil curieux mais n'a aucune des caractéristiques du pèlerin. Un homme promenant son chien se dirige carrément à l'opposé de la direction de Compostelle, ce qui le disqualifie automatiquement.

En fait, ce que je vois surtout, ce sont des VTTistes : contrairement aux pèlerins complètement absents, ils sont très nombreux à profiter du beau temps et des beaux paysages. A Murmatt, juste après une ferme qui dispose d'un joli silo antique dans sa cour, il y en a une bonne dizaine alignés dans un champ avec leurs vélos, en train de poser pour une photo de groupe. Le photographe désigné pose l'appareil photo en équilibre sur un poteau de clôture, règle le déclenchement automatique et court pour se mettre avec ses copains, juste à temps. L'appareil se déclenche, le photographe le récupère et donne son verdict : "Isch tip-top!": la photo est réussie et le moment est immortalisé. Avec le Pilatus en toile de fond, je comprends bien le choix de l'endroit.

Le sentier se poursuit en légère descente vers le sud, passant brièvement par une forêt sombre et fraîche avant de remonter à nouveau. Vers l'ouest, par une clairière, la vue s'ouvre sur un paysage d'une grande beauté pastorale : pommiers, vieille ferme, vallée verdoyante avec, au lointain, une église qui se met à sonner midi. Hypnotisé par ce paysage splendide, je réussis à louper mon chemin sans le réaliser. Je remonte par une prairie d'herbe longue, puis par un étroit sentier en forêt qui finit par se perdre au bord de ce qui semble être une vieille carrière. Je reviens sur mes pas, repère une piste forestière qui semble aller dans la bonne direction et retrouve bientôt mon chemin.

Je fais une pause pour manger mes sandwiches juste à la frontière cantonale entre Nidwalden et Obwalden. Deux femmes arrivent en bavardant, me voient en train de manger et viennent s'asseoir à même pas deux mètres de moi, alors que les jolies places de pique-nique ne manquent pas dans ce paysage de carte postale. Si elles avaient fait cela pour bavarder avec moi j'aurais été plutôt content, mais non, elles m'ignorent royalement et continuent leur conversation. Je renonce à mon idée de faire une petite sieste, finit mon sandwich et ma pomme et me remets en route.

Le Rother parle de "quelques courts tronçons goudronnés", mais en réalité, il y a un long passage de revêtement dur entre ce point et le hameau de St. Antoni. Les 45 prochaines minutes sont plutôt monotones. Dans un petit vallon, à côté d'une maison isolée, un panneau indique, avec un très beau sens de l'anticipation,  le niveau atteint par les eaux "le 18 juin 2016". Au moins les habitants de la maison ont deux bonnes années pour tout mettre à l'abri de la crue. Je passe devant un troupeau de vaches aux cornes très longues, regroupées autour d'un immense taureau noir qui n'a pas l'air aimable du tout… heureusement qu'il se trouve derrière une clôture solide !

Je vois enfin un signe que l'itinéraire est parcouru par des pèlerins, car ici, une grange a été recyclé en "Pilger-Stibli", proposant boissons et sandwiches aux pèlerins fatigués sous une enseigne ornée de coquilles Saint-Jacques. Mais le bistrot est vide, il n'y a aucun signe ni de Gandalf, ni d'évêque.

Après St. Antoni, le sentier monte brièvement sur une petite crête, offrant la seule vue de la journée sur le lac de Sarnen. Il continue ensuite le long d'une vallée peu profonde, dont les arbres et granges isolés ainsi que les fleurs sauvages font un beau premier plan pour le Stanserhorn en toile de fond. Plusieurs sentiers ici sont barrés par des panneaux annonçant mystérieusement : "Privé, réservé aux sœurs": Je me dis que j'aurais dû inviter ma sœur à m'accompagner, elle aurait pu me dire ce que ces sentiers ont de spécial… mais le mystère est vite résolu quand j'arrive devant les bâtiments (très laids) du couvent de Bethanien, qui semble aussi faire hôtel, restaurant et centre de conférences : sans doute une bonne manière de financer les activités plus religieuses du lieu.

Je traverse la route menant vers le Melchtal à St. Niklausen. Au-delà, le sentier commence sa descente raide vers Ranft, loin en dessous au fond d'une vallée très encaissée. Je descends entre de vieilles granges et franchit un torrent sur une petite passerelle. C'est ici que l'ermite Niklaus von Flüe s'est retiré lorsqu'il a décidé de quitter la société pour se consacrer à la méditation. Deux chapelles blanches vieilles de plus de 500 ans sont témoins de l'importance spirituelle du. L'intérieur de la plus neuve des deux chapelles est joliment fait de bois sculpté et peint, alors que la plus ancienne, un peu plus haut dans la vallée, est beaucoup plus austère. Bien que situé à moins de 20 minutes à pied du village de Flüeli, l'endroit paraît bien isolé même aujourd'hui.
Une montée courte mais plutôt raide me fait quitter la vallée et m'amène en quelques minutes à Flüeli, avec son église parfaitement perchée sur une butte et son grand hôtel de style Art nouveau. Le car postal va partir dans cinq minutes : je n'aurai pas le temps de prendre une bière, mais je serai chez moi en moins d'une heure et il y en a de la bien fraîche eu frigo !

Tourengänger: stephen


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