Etzlihütte et Chrüzlipass


Publiziert von stephen Pro , 3. August 2013 um 11:09.

Region: Welt » Schweiz » Uri
Tour Datum:27 Juli 2013
Wandern Schwierigkeit: T2 - Bergwandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-UR   CH-GR 
Zeitbedarf: 2 Tage
Aufstieg: 1650 m
Abstieg: 1050 m
Strecke:Bristen - Etzlihütte - Chrüzlipass - Sedrun
Zufahrt zum Ausgangspunkt:cff logo Golzern, Talststion Seilbahn Car postal depuis cff logo Erstfeld
Zufahrt zum Ankunftspunkt:cff logo Sedrun
Unterkunftmöglichkeiten:Etzlihütte SAC
Kartennummer:1212 Amsteg

English version here

Une ou deux fois par an, je pars en montagne avec quelques collègues de bureau, histoire de leur faire découvrir à quel point les lits de cabane peuvent être étroits, mais aussi que lorsque les bonnes conditions sont réunies, même la bière Eichhof peut ressembler à l'élixir des dieux. L'été dernier, nous avons dû annuler notre excursion à la Windegghütte pour cause de mauvais temps. Pas de problème cette année : il fait beau et chaud depuis des semaines, nous devrons juste faire attention aux orages prévus dimanche après-midi.

J'ai choisi l'Etzlihütte comme destination, avec une montée facile depuis le Maderanertal le premier jour, puis la traversée vers Sedrun pour dimanche. C'est un groupe de six personnes qui se retrouve à la gare d'Erstfeld, depuis laquelle nous prenons le car postal pour Bristen dans le Maderanertal. Cette montée en bus est probablement la partie la plus vertigineuse de tout le tour ; si les itinéraires de car postal étaient cotés sur l'échelle du CAS, cette route serait un bon T4. Mais après cinq ou six virages plus raides et étroits les uns que les autres, la route quitte enfin la gorge qui protège l'entrée de la vallée pour des paysages plus doux et verts. 

Nous commençons à marcher au terminus de la ligne de bus, au départ du petit téléphérique de Golzern. Il fait très chaud déjà ; des températures de 37 degrés sont annoncées en plaine cet après-midi. Le début de la montée pour gagner l'Etzlital est bien raide ; heureusement, cette première demi-heure se déroule en forêt. Une fontaine bien placée à l'endroit où le sentier quitte la forêt nous permet de plonger nos bras dans l'eau froide. Je mouille également mon chapeau de soleil ; la sensation d'eau froide sur ma tête est un délice, le goût de crème solaire dans ma bouche un peu moins ! 

Le sentier rejoint une piste d'alpage qui suit la rive droite de l'Etzlibach, suivant la longue vallée vers le sud. Le torrent est bruyant et gris, charriant beaucoup de minéraux depuis les névés et les champs de caillasse plus haut dans la vallée. Malgré le soleil, il y a suffisamment de fontaines et de passages à l'ombre pour que la chaleur reste tolérable. Cette partie basse de l'Etzlital est malheureusement ruinée par une ligne haute tension particulièrement laide ; elle est un peu mieux cachée dans la partie médiane de la vallée, mais réapparaît dans toute sa splendeur juste sous la cabane.

La piste traverse un torrent latéral sous une jolie cascade, passe dans un court tunnel, puis quitte la partie étroite de la vallée pour des paysage d'alpage plus ouverts. Au-dessus des quelques maisons de Vorder et Hinter Etzliboden, le sommet rocheux du Bristen domine la vallée du haut de ses 3,000 mètres. Toute cette première partir du parcours le long de l'Etzlital est plutôt plate, mais après Hinter Etzliboden, la piste franchit le torrent sur un pont et fait place à un sentier plus étroit qui commence immédiatement à monter. Nous faisons une pause ici pour boire et manger des fruits secs, car la prochaine heure sera raide et en plein soleil. J'espère que nous trouverons un endroit pour déjeuner lorsque nous atteindrons le prochain replat, 300 mètres plus haut à Rossboden.

Il y a peu d'ombre pendant cette montée ; heureusement il y a plusieurs torrents à franchir et donc autant d'occasions pour se rafraîchir. L'une de mes coéquipière a opté pour des sandales de randonnée aujourd'hui et nous rend tous jaloux en s'attardant dans les torrents, prenant un bon bain de pieds alors que nous souffrons dans nos chaussures de montagne lourdes et chaudes. Je rince mon T-shirt à l'eau froide de l'un des torrents et le renfile froid et humide ; dix minutes plus tard, il est déjà sec. Le foehn commence à souffler, faisant baisser la température d'un ou deux degrés et amenant un peu d'air pour rendre la montée plus agréable. Encore quelques zigzags raides et nous arrivons au replat de Rossboden, où un gros rocher nous offre un minimum d'ombre pour manger sandwiches, chips, saucisson, chocolat et fruits. Nous passons une demi-heure à nous reposer sous le soleil chaud avant de poursuivre notre montée.

Il faut maintenant franchir un nouveau palier plus raide, encore 300 mètres de montée jusqu'à une grande croix que nous voyons contre le ciel, loin au-dessus. Les effets de la chaleur commencent à se faire sentir, la fatigue s'installe et le rythme de montée ralentit. Mais nous arrivons enfin au prochain replat, l'alpage de Gulmen situé à quelque 1900 mètres. Ici, le sentier descend à côté du torrent, qui serpente à travers un fond de vallée herbeuse. C'est l'endroit idéal pour faire une nouvelle pause et tremper nos pieds dans l'eau du torrent. Elle est glaciale ; la sensation est sublime pendant quelques secondes, mais ça devient vite douloureux ! Encore deux cents mètres au-dessus, un drapeau suisse flotte en haut d'un mât, marquant l'emplacement de l'Etzlihütte, notre destination du jour.

Encore un petit raidillon et nous arrivons à Müllersmatt, le dernier replat avant la cabane. La vue s'ouvre ici vers le Chrüzlital, vallée pierreuse qui monte vers l'est et que nous prendrons demain. Vers l'ouest, ce sont les pinacles du Sunnig Wichel qui dominent la vue. La cabane se trouve juste au-dessus, bâtisse typique des cabanes du CAS, avec une grande terrasse ensoleillée devant et – moins habituel – un jacuzzi. Nous trouvons nos places dans le dortoir au premier étage et nous installons en terrasse avec des bières bien fraîches pour passer les deux heures avant le souper.  Un groupe de six personnes est en train de se détendre dans le jacuzzi, verres de vin à la main. L'idée est bien trop tentante, et nous décidons d'y aller également. Pour dix francs (prêt d'une serviette et d'un maillot de bain compris), on a droit à une grosse demi-heure dans ce grand baquet en bois, dont l'eau bouillonnante est chauffée à 37 degrés par un feu de bois. Tout cela doit choquer les puristes, mais je suis prêt à parier que tous ceux qui l'ont essayé trouvent que l'idée est formidable. Pendant une demi-heure, nous nous reposons dans l'eau chaude et bouillonnante, soleil sur le visage, bière à la main, montagnes en toile de fond…  difficile d'imaginer une façon plus parfaite de terminer la journée. Le foehn souffle de plus en plus fort, les gens assis en terrasse ont tous enfilé leur polaire… pas nous, nous sommes bien au chaud dans notre baquet ! Le souper est servi à six heures et demie : une bonne soupe à l'orge, une excellente salade mêlée, puis ce grand classique des cabanes, des penne avec une sauce bolognaise. Nous restons assez longtemps à discuter et à jouer aux cartes après le repas, ne montant nous coucher que vers dix heures.

Pendant la nuit, le vent souffle de plus en plus fort. J'ai réussi à avoir un couchage en bout de ligne et à côté de la fenêtre ouverte et, par conséquent, dors remarquablement bien, ce qui n'est pas le cas pour tout le groupe. Je me réveille quand même deux ou trois fois, et à chaque fois le bruit du vent est impressionnant. Les rafales tapent contre la toiture juste au-dessus de ma tête et je me demande si vraiment les ardoises vont pouvoir résister à un tel assaut. Le bâtiment lui-même semble bouger, tellement ça souffle… mais la cabane subit certainement des conditions bien plus extrêmes que ceci plusieurs fois par an !

Dimanche matin, je me lève à sept heures pour voir un ciel qui, contre toute attente, est gris. Je sors pour voir comment sont les conditions : vers le nord le ciel est bleu mais au-dessus de ma tête, des nuages bien bas sont accrochés à la montagne et il tombe même quelques gouttes de pluie. Les prévisions météo annoncent pourtant une nouvelle journée chaude, avec l'arrivée d'orages pouvant être violents en seconde partie de journée. Nous n'avons que quatre heures de marche à faire aujourd'hui, mais j'espère quand même que ces nuages n'annoncent pas l'arrivée plus tôt que prévu du front orageux.

Nous déjeunons et sommes prêts à partir à huit heures et demie. Nous redescendons jusqu'à Müllersmatt par l'itinéraire de la veille, puis bifurquons à droite vers le sentier du Chrüzlipass, frontière entre les cantons d'Uri et des Grisons bien visible vers l'est. Le principal obstacle de la randonnée – pour moi en tout cas – vient tout de suite après la bifurcation. Le sentier doit franchir le principal torrent de la vallée, celui dans lequel nous avons pris un bain de pied hier. Une passerelle a été construite à partir de trois gros tuyaux métallique, dont l'une s'est désolidarisée de l'ensemble et est à moitié tombée à l'eau. Les deux tuyaux restants n'offrent qu'un passage étroit, sans possibilité de poser les pieds à plat. Mon sens de l'équilibre n'a jamais été mon point fort et je ne me sens pas du tout sûr de moi-même alors que j'avance sur le tuyau. Je n'ai aucune idée si l'eau est profonde, mais je sais qu'elle est glaciale et que je n'ai pas du tout envie d'y tomber. Je finis par m'asseoir à califourchon sur les tuyaux, ce n'est pas très élégant comme méthode mais ça me permet de passer sans problème. Derrière moi, deux jeunes randonneurs traversent quasiment en courant ; de toute évidence, je suis le seul à trouver ça difficile !

Après avoir passé un second torrent à gué, le sentier commence sa montée dans le Chrüzlital. Le terrain est plus difficile qu'hier, assez raide et très minéral. Toute la vallée du Chrüzlital n'est qu'un immense champ de gros cailloux, il n'y a souvent pas de sentier, il faut trouver le meilleur passage à travers les gros blocs, en s'aidant du balisage pour repérer la direction générale. L'itinéraire reste sur le flanc nord de la vallée : sur le flanc opposé, le bruit régulier de chutes de pierres nous fait comprendre pourquoi. Petit à petit, nous gagnons de l'altitude, alors que le soleil commence à l'emporter sur les nuages : le mauvais temps ne va visiblement pas arriver assez tôt pour nous gêner.

Nous arrivons au Chrüzlipass (2347m) vers dix heures et demie. C'est un large col venteux, relativement plat et caillouteux, en haut duquel de nombreux grands cairns ont été construits. Devant nous, la suite de notre itinéraire plonge dans le Val Strem sauvage, qui descend vers la vallée du Rhin antérieur au sud. En face, quelques cascades descendent des sommets rocheux au-dessus en de minces filets d'eau argentée. Vers le nord, la vallée monte vers des névés et des arêtes de pierre noire entourées de sommets imposants.  Après une pause, nous descendons dans le Val Strem sur un sentier raide qui zigzague entre des barres rocheuses, la vue vers le sud s'ouvrant de plus en plus au fur et à mesure que nous descendons. Après une heure de descente, le sentier arrive enfin dans le fond gazonné de la vallée, où nous trouvons un endroit très agréable (quoique venteux) à côté du torrent pour pique-niquer.  Difficile d'imaginer un cadre plus joli que cette vallée sauvage pour manger et faire une petite sieste.

Notre chemin se poursuit le long du torrent vers le sud. Au début, le terrain est assez plat, mais nous voyons que devant nous, la vallée plonge vers du terrain plus abrupt alors qu'elle entame sa descente vers Sedrun. Le torrent se divise en multiples ruisseaux qui coulent sur de grandes dalles lisses et légèrement inclinées. Nous arrivons au bord de la dernière descente : devant nous et encore loin en dessous, voici le village de Sedrun et le Rhin encore tout petit. Le sentier descend en lacets à côté de toute une série de cascades magnifiques : vues depuis en bas, ces cascades semblent former un immense escalier d'argent descendant eu milieu de la vallée.

En dessous des cascades, le sentier redevient plus plat mais boueux. C'est fou à quel point quelques vaches peuvent transformer un bon sentier en patinoire boueuse… et aussi bouseuse ! Comme souvent, une ou deux vaches ont décidé de marcher sur le sentier au lieu de profiter des dizaines d'hectares de pâturage dont elles disposent. Comme le sentier est étroit et que le terrain autour est raide, nous n'avons d'alternative que de les suivre à leur rythme, qui est celui d'un promeneur du dimanche pas pressé du tout. Je sens que ces vaches vont nous faire louper le train de deux heures et et demie, mais elles finissent par repérer quelque chose de bon à manger à gauche du sentier et nous laissent passer. Le sentier fait place à une petite route, qui nous mène en une vingtaine de minutes à la gare. Heureusement, le train est annoncé avec huit minutes de retard, sinon nous l'aurions probablement loupé, le temps d'acheter nos billets à l'automate. Le train quitte la petite gare, passe devant l'entrée du Val Strem – nous étions tout là-haut il y a deux heures – puis continue vers Andermatt, où nous changeons pour Göschenen. Nous achetons des bières au kiosque et passons les vingt minutes d'attente à nous désaltérer sur le quai de la gare. Il y aura quelques courbatures au bureau demain matin, mais tout le monde a survécu et tous sont d'accord que le week-end a été une réussite, tant mieux.  

Tourengänger: stephen


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