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Unlockdown sur le Chrüzhubel


Published by stephen , 11 May 2020, 17h55.

Region: World » Switzerland » Luzern
Date of the hike:10 May 2020
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: Pilatusgebiet   CH-LU 
Time: 4:30
Height gain: 780 m 2558 ft.
Height loss: 780 m 2558 ft.
Access to start point:cff logo Obernau, Dorf, bus 1 depuis le centre de Lucerne
Access to end point:idem
Maps:Obernau - Chrüzhubel - Würzenegg - Hergiswald -Obernau

English version here

Unlockdown. Ce mot linguistiquement plus que douteux n’existait pas jusqu’à ce que Boris Johnson l’invente la semaine dernière, l’ajoutant ainsi à la liste des nouveaux termes que nous avons tous appris ces dernières semaines, comme la distanciation sociale ou l’immunité de groupe. Après sept week-ends passés essentiellement sur mon balcon (merci à la météo clémente qui a prédominé), le moment est venu de m’aventurer en dehors de mon quartier. Depuis la mi-mars, mes sorties se sont limitées à des visites au supermarché et à un peu de jogging, deux soirs par semaine. Cela a quand même fait du bien et, au bout de sept semaines, je suis capable de courir cinq kilomètres sans faire de pause, contre deux kilomètres avec pauses en début de confinement.  Cela dit, ça ne remplace pas une bonne randonnée, chose que je n’ai pas faite depuis février.

Je ne veux pas aller trop loin ni passer trop de temps dans les transports. Je me décide donc pour une randonnée en boucle juste à la périphérie de Lucerne, avec quand même un peu de distance et de dénivelée, histoire d’entretenir la forme physique. Depuis chez moi, dix minutes dans un bus heureusement vide suffisent pour m’amener à Obernau (554 m), au bout de la ligne No. 1. Après une petite mise en jambes sur le plat, j’attaque bientôt la première montée bien raide pour quitter la vallée encaissée du Ränggbach, à la lisière de la forêt. Il y a eu des orages pendant la nuit et l’atmosphère est restée lourde et chaude : d’autres orages pourraient bien arriver plus tard. Au-dessus du chalet de Stole (646 m), où un paysan est en train d’installer les clôtures de ses parcs à moutons, il y a une très belle vue vers le Rigi à l’est, mais surtout vers le massif du Pilatus au sud. C’est la seule vue vraiment dégagée sur le Pilatus que j’aurai aujourd’hui, car les nuages résiduels n’en finiront pas de cacher ses sommets malgré le ciel presque entièrement bleu.

Un peu plus haut, au-dessus d’un endroit marqué “Paradiesli” sur la carte, le sentier devient moins raide et atteint la large crête herbeuse du Blatterberg, que je suis maintenant vers le sud-ouest. Je monte vers une bosse arrondie surmontée d’une grande croix, qui n’est pourtant pas le Chrüzhubel même si elle semble remplir tous les critères. Derrière moi, la vue s’étend au-delà du lac des Quatre Cantons et du Bürgenstock vers le Rigi lointain. Je poursuis mon chemin le long de cette belle crête, au milieu d’un joli paysage bucolique composé de prairies, de bosquets et de hameaux d’alpage. Je croise quelques autres randonneurs – des familles et des couples pour la plupart – mais on ne peut pas dire qu’il y a foule. Sur le coup de midi j’atteins le Chrüzhubel (998 m), élévation boisée sans distinction qui marque le point culminant du Blatterberg… et où, contre toute attente, il n’y a pas de croix ! Il y a quand même un banc avec une jolie vue vers le sud-ouest, sur lequel je m’installe pour manger mes sandwiches, après m’être désinfecté les mains avec du produit acheté la veille (5 CHF les 100 millilitres, ce n’est pas donné… prix habituel ou "spécial Covid" ?). 

Je repars du Chrüzhubel, en légère descente jusqu’à Scharmoos (882 m), où une chapelle minuscule se cache au milieu des bâtiments agricoles. Devant moi, la crête herbeuse s’élève à nouveau et file vers Schwarzenberg, mais j’ai atteint le point le plus éloigné de ma randonnée et entame le retour à Obernau. Le caractère de la balade change désormais : si la matinée était faite de crêtes et de vues étendues, la marche de l’après-midi se déroule presque entièrement en forêt. Cela reste intéressant malgré le manque de panoramas : les couleurs printanières des sous-bois sont magnifiques et le chant des oiseaux remplit l’air d’une musique agréable. A côté d’une maison apparemment déserte, perdue dans une clairière isolée (Chräje, 865 m), une femme s’occupe d’un bébé dans un landau à l’ancienne. Sa réaction à mon “Grüezi” souriant est pleine de méfiance, confirmant quelque chose que j’observe depuis ce matin : alors que le bonjour joyeux est généralement de rigueur en montagne, aujourd’hui les gens se contentent d’un hochement de la tête, voire d’un regarde hostile qui semble dire : ”Que faites-vous sur le même sentier que moi, vous voulez m’infecter ?"  Nous sommes pourtant à 4 mètres l’un de l’autre, voire plus. Le sentier remonte, tout d’abord doucement puis plus raide, jusqu’à Spittelegg (1025 m) où je traverse la route sinueuse qui relie Obernau à Eigenthal, blotti dans son vallon sous les remparts de la face nord du Pilatus. Plus raide encore, je continue de monter, en sueur, jusqu’à ce que j’atteigne la crête de Würzenegg (1174 m), point culminant de la randonnée. Ici, une clairière étendue offre une vue plus rapprochée du Pilatus, dont le sommet reste caché dans les nuages. Il y a des tables et des bancs ici, et pas mal de monde. Pour la plupart il s’agit de petits groupes familiaux, mais l’une des tables est occupée par un groupe d’une douzaine de personnes, serrées comme des sardines, en train de constituer leur petite immunité de groupe privée.

Les 90 minutes qui me restent à marcher sont toutes en descente. Des pistes forestières et des sentiers plus étroits s’enchaînent jusqu’au hameau de Hergiswald (803 m), avec son église de pèlerinage de taille complètement démesurée. Un peu au-dessus du hameau, la forêt s’ouvre sur un magnifique panorama vers le nord-est. Au premier plan se trouvent les villes de Kriens et de Lucerne, puis le lac des Quatre Cantons, le Rooterberg et le Rossberg, puis enfin le Rigi tout au fond. Au-dessous de Hergiswald, les 200 mètres de descente suivants se font par un escalier interminable : je n’ai pas compté mais il doit y avoir des centaines de marches. Le long du sentier, des blocs monolithiques rectangulaires en pierre rouge sont ornés de textes et d’images spirituels. L’escalier se termine à côté d’une grosse stèle, de la même pierre jaune, qui raconte que ce chemin était emprunté par les fondateurs de l’église au-dessus, et leur servait pour passer de l’ombre de la vallée à la lumière de la montagne. 

Je franchis le Ränggbach sur un pont couvert, juste à côté d’un pont routier moderne. Lors de ma première visite à Eigenthal et au Pilatus,  en septembre 2012, ce nouveau pont n’existait pas encore et le car postal devait emprunter le vieux pont de bois, à peine plus large que lui-même, à coups de manœuvres savantes de la part du chauffeur. Le pont d’Hergiswald marque la fin de la descente : pour retrouver mon point de départ à Obernau, il me suffit de suivre des pistes faciles pendant vingt minutes. La randonnée a été de toute beauté : cela m’a surpris à deux pas de la ville. Mais surtout : que ça fait du bien de sortir à nouveau… et puis la randonnée, c’est quand même plus sympa que le jogging pour entretenir sa forme physique !   


Hike partners: stephen


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