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Du nord au sud : Cinquième étape, de Cudrefin à Murten/Morat


Published by stephen , 22 April 2018, 19h48.

Region: World » Switzerland » Fribourg
Date of the hike:21 April 2018
Waypoints:
Geo-Tags: CH-FR   CH-VD   CH-NE 
Time: 3:45
Height gain: 230 m 754 ft.
Height loss: 230 m 754 ft.
Route:Cudrefin - La Sauge - Mont Vully - Sugiez - Murten
Access to start point:cff logo Cudrefin, Place de la Tour Bus depuis la gare d'Ins, seulement toutes les 2 heures.
Access to end point:cff logo Murten

English version here

L'une des particularités de l'itinéraire national No. 2 est qu'à deux endroits, il faut prendre le bateau pour traverser un lac. L'un de ces endroits se trouve au Tessin, toute à la fin de l'itinéraire ; l'autre est à Neuchâtel, où il faut traverser le lac jusqu'à Cudrefin sur la rive sud. Malheureusement, il n'y a pas de service de bateau sur le lac de Neuchâtel en hiver et, bien que la température soit digne du mois d'août, le 21 avril se trouve encore en hiver en ce qui concerne l'horaire. Je dois donc utiliser un moyen de transport un peu moins romantique, autrement dit, je vais à  Cudrefin en bus. Cela m'irrite un peu : je n'ai rien contre le car postal, mais j'aurais aimé maintenir la continuité du parcours en redémarrant de Neuchâtel, où j'ai terminé l'étape précédente.

Je fais cette randonnée l'après-midi, par nécessité : en effet, la première liaison train/bus réaliste pour aller de Lucerne à Cudrefin n'y arrive qu'à midi et quart. Le départ tardif n'a pas vraiment d'importance car l'étape est relativement courte. Courte mais variée, avec deux lacs, une réserve naturelle, un canal et une colline couverte de vignes. Au bord du lac à Cudrefin il fait chaud et le ciel est d'un bleu immaculé. Sur les pelouses qui bordent la plage, on fait des grillades alors que le bistrot de l'embarcadère (Chez Popeye) est pris d'assaut. Je vais jusqu'au bout de la jetée et regarde vers Neuchâtel sur l'autre rive : si j'avais fait la traversée en bateau, c'est ici que j'aurais démarré.

Je quitte Cudrefin vers le nord-est, suivant une allée qui traverse un grand camping. C'est le grand ménage du printemps dans les caravanes et les mobilhomes. Bien que Sugiez soit vaudois, le camping semble être exclusivement germanophone : la frontière linguistique n'est pas bien loin, je la traverserai d'ailleurs au cours de cette étape. Au-delà du camping, je continue par un chemin qui file tout droit à travers une forêt très verte : en l'espace de deux semaines seulement, les arbres sont passés complètement de l'hiver au printemps.
La zone comprise entre le chemin et le lac est une réserve naturelle d'importance mondiale, lieu de passage privilégié pour les oiseaux migrateurs qui trouvent refuge parmi les roseaux et dans la forêt marécageuse. J'entends beaucoup d'oiseaux, mais n'en vois pas : par contre, il y a un grand nombre de papillons d'un jaune très pâle. Je croise de nombreuses personnes qui sont visiblement des amateurs d'ornithologie : j'ai rarement vu autant de matériel photographique professionnel réuni dans un sous-bois, et je n'avais jamais vu d'objectifs aussi énormes !

A La Sauge (433 m), le sentier forestier débouche sur la rive du canal de la Broye, qui relie les lacs de Neuchâtel et de Morat. Juste en face de l'endroit où je me trouve, une bonne vingtaine de cygnes glissent sur l'eau ou se reposent sur l'herbe de la prairie sur la rive opposée. Bien que mon chemin parte vers la droite, je tourne d'abord à gauche pour aller jusqu'à l'endroit où le canal rejoint le lac de Neuchâtel. Des plates-formes d'observation ont été installées ici, offrant un point de vue merveilleux sur le vaste tapis de roseaux qui s'étend vers l'ouest, avec les crêtes bleu-mauve du Jura en toile de fond.

Je reviens sur mes pas jusqu'à la Sauge, puis continue vers le sud le long de la rive ouest du canal, avec maintenant le petit Mont Vully en point de mire. Il fait incroyablement chaud pour un mois d'avril : la température doit avoisiner les 27 degrés et le soleil tape vraiment fort. Des bateaux de plaisance vont et viennent sur le canal, me passent sur le canal, leurs occupants habillés de maillots de bain, ça sent les vacances d'été.
Au point où le canal vire à gauche, le sentier de randonnée le quitte et remonte vers les pentes boisées du Mont Vully, par lequel il faut maintenant passer avant des descendre sur le lac de Morat. Les 200 mètres de montée sont la seule partie de cette étape qui ne soit pas parfaitement plate : d'ailleurs, il serait possible de faire cette rando sans faire de dénivelée du tout, en continuant simplement le long du canal qui contourne le Mont Vully par l'est.

L'ascension se fait tout en douceur pour la plupart. Au fur et à mesure que je gagne de la hauteur, la vue vers le nord s'ouvre, m'offrant un dernier regard sur Jura avec le Chasseral désormais presque libre de neige. Les quatre premières étapes se sont déroulées dans le Jura, maintenant je vais lui tourner définitivement le dos. La montée devient brièvement plus raide et je me retrouve un peu à la peine, gêné par la chaleur intense et inattendue. Je continue par une suite de chemins et de routes agricoles, de bosquets et de champs. L'ambiance paisible est brièvement interrompue par un circuit de motocross où trois motards tournent en rond, générant des quantités impressionnantes de poussière et de bruit. A chacun son truc...

En arrivant à un carrefour à une altitude de  611 mètres, j'atteins la crête du Vully et la vue s'ouvre subitement vers le sud. Juste en dessous se trouve le lac de Morat puis, plus loin, un paysage de collines basses qui s'élèvent petit à petit vers les Préalpes fribourgeoises, à peine visibles à travers la brume de chaleur. Un peu plus loin j'arrive au point culminant de la colline (653 m), où tous les camping-cars de Suisse semblent s'être donnés rendez-vous.

Je descends le versant sud du Mont Vully par des chemins assez raides, atteignant bientôt le vignoble qui s'étale le long de ces pentes ensoleillées. Une série de petites routes me ramène au canal de la Broye au niveau du grand village de Sugiez, où je cherche en vain une fontaine pour remplir ma gourde vide. Pas de fontaine en vue, mais la boulangerie du village est ouverte et je peux m'y ravitailler. La traversée de Sugiez est un peu fastidieuse, l'asphalte est dur sous mes pieds, jusqu'à ce que je rejoigne enfin un sentier plus agréable à l'extrémité sud du village, là où le canal rejoint le lac de Morat.

La dernière heure de la randonnée est très semblable à la première : un long chemin forestier tout droit, à quelques mètres du lac, avec des plates-formes d'observation depuis lesquelles il y a une belle vue sur le lac et le Vully. Les voiliers sont de sortie et, à la plage de Muntelier, il y a même des gens qui se baignent. Le sentier du bord du lac entre Muntelier et Morat est noir de monde, les terrasses des restaurants sont bondées, il y a des files d'attente pour jouer au beach-volley, et l'odeur des barbecues est partout.

J'arrive à Morat quelques minutes trop tard pour le train de 16h17, j'ai une heure à tuer avant le suivant. Il y a pire comme endroit pour passer une heure : la vieille ville médiévale est impeccablement conservée et, avec sa rue principale en arcades, ressemble à une Berne miniature. Je m'assois en terrasse pour boire une grande panachée, entouré d'une joyeuse cacophonie bilingue français-allemand. Morat se trouve vraiment sur la frontière linguistique et ça s'entend. A côté de moi, cinq hommes sont attablés devant des grandes chopes de bière, en pleine discussion sur le mérite de différents modèles de téléphone mobile. Le débat est animé et se fait entièrement en suisse-allemand, jusqu'à l'un des hommes lance, en français : "Oui mais ça c'est un Windows Phone, c'est de la merde !". Et le débat repart de plus belle, sauf que la langue a changé : maintenant ils parlent tous français.

Morat me plaît bien

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Hike partners: stephen


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