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Sur le Chemin panorama alpin : Vingt-huitième étape, de St-Prex à Nyon


Published by stephen Pro , 9 April 2017, 19h55.

Region: World » Switzerland » Vaud
Date of the hike: 8 April 2017
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-VD 
Time: 6:45
Height gain: 480 m 1574 ft.
Height loss: 420 m 1378 ft.
Route:St-Prex – Aubonne – Bougy – Begnins - Nyon
Access to start point:cff logo St-Prex
Access to end point:cff logo Nyon

English version here

La fin s'approche, j'ai calculé qu'il me reste environ 14 heures de marche pour terminer le Chemin panorama alpin. Mais cela me pose un dilemme : deux méga-étapes, ou trois de longueur plus raisonnable. En montagne, je n'hésiterais pas à faire des étapes de sept heures. Mais en plaine, sur le plat et sur revêtement dur, ce n'est peut-être pas une bonne idée. En me mettant en route samedi matin, je ne sais toujours pas ce que je vais faire : j'ai seulement imprimé la carte jusqu'à Begnins, mais si mes pieds le veulent bien, peut-être que je pousserai jusqu'à Nyon.

On annonce un week-end estival et je veux profiter du beau temps. Je suis debout à six heures et dans le train à sept heures. Je commence quand même à en avoir assez de ce train Lucerne-Berne-Fribourg-Lausanne, que j'ai pris pour rejoindre le point de départ de neuf des dix dernières étapes (l'exception était à Schwarzsee, où j'ai passé une nuit entre deux étapes).  C'est un peu comme au début de l'itinéraire, où je me suis même lassé du merveilleux Voralpenexpress à force de le prendre au début et à la fin de chaque étape.

A dix heures, je suis prêt à me mettre en route à St-Prex. Devant une boulangerie-pâtisserie, un panneau indique que le parking est réservé aux voitures "portant un macaron"... L'itinéraire officiel du Chemin panorama alpin reste près du lac jusqu'à Allaman, puis se dirige vers le nord pour rejoindre la ville médiévale d'Aubonne. Mais j'ai repéré un autre chemin qui permet de gagner Aubonne de manière plus directe : j'ai vu suffisamment de panoramas lacustres au cours des deux dernières étapes, ce raccourci me permettra de gagner une heure sur cette étape de plus de 30 kilomètres. Il me faut un quart d'heure pour quitter St-Prex, puis un quart d'heure de plus pour enfin mettre le bruit de l'autoroute derrière moi, même si celui-ci ne disparaît jamais complètement au cours de cette étape. J'avance entre des champs qui ont été labourés avec une précision géométrique impeccable, puis au milieu de vergers d'arbres fruitiers qui commencent tout juste à fleurir.  

Une chose qui n'est certainement pas présente aujourd'hui, ce sont les fameux panoramas alpins. Le paysage qui m'entoure est plutôt plat et, dans mon dos, les montagnes de la rive française du Léman sont quasiment invisibles, cachées dans une brume épaisse. En l'absence de paysages spectaculaires, ce sont les villages viticoles qui constituent le seul intérêt de l'étape, avec leurs vieilles maisons, leurs caves et leurs châteaux. Le premier de ces villages est Lavigny : voilà un nom tout à fait approprié, tout comme Vincy que je traverserai plus tard. Une descente courte me mène au fond d'un vallon juste sous la petite ville d'Aubonne, où je traverse un pont en pierre au-dessus d'une rivière qui s'appelle – avec beaucoup d'originalité – l'Aubonne. La montée jusqu'au centre ville est bien raide et me laisse en sueur : il fait déjà chaud. Aubonne est un bourg agréable avec des maisons anciennes, des ruelles tortueuses et, en haut de la colline, un château depuis lequel on jouit d'une vue panoramique sur les toits de la ville et les Alpes invisibles.

Quittant Aubonne, je commence la traversée de la région viticole de la Côte. Je me souviens de mon arrivée en Suisse au printemps 1998, soi-disant pour un contrat de six semaines… depuis le train qui m'emmenait de Genève à Neuchâtel, je m'étonnais du degré d'urbanisation de la région, mais surtout des vignes…  j'ignorais complètement que la Suisse produisait du vin, et que toute la rive nord du Léman n'est qu'un immense vignoble.

Aujourd'hui, c'est surtout la marque que l'homme a imposée sur la région que je remarque, et qui me dérange. Sous mes pieds, la quasi intégralité de l'étape se fait soit sur béton, soit sur goudron. Le vignoble n'a pas le caractère dramatique du Lavaux et les montagnes sont toujours perdues dans la brume. Le bruit de l'autoroute ne me quitte pas d'un instant, celui de la voie ferrée non plus. Plus près, la route cantonale semble avoir été squattée par des groupes de motards : dans un de ces groupes j'en compte une bonne soixantaine, dont certains font exprès de faire le plus de bruit possible. La mauvaise humeur est en train de s'installer : je finis par m'arrêter pour manger pas tellement parce que j'ai faim, mais parce que la randonnée du jour m'énerve.

Après une courte pause, cela continue dans la même veine. Je passe près de Féchy, bien connue des étiquettes des bouteilles de vin, même si le village n'est qu'un minuscule groupement de maisons blottis autour d'une église. Je suis étonné d'entendre le son d'un quatuor de cors des Alpes, quelque part au lointain : cette musique ne semble pas du tout à sa place dans ce paysage sur fond sonore d'autoroute. Le prochain village, Bougy-Villars est plus grand : au centre du village, sous un vieil arbre près de l'église, il y a un point de vue avec une table d'orientation. Il est vrai qu'à une altitude de 550 mètres, Bougy domine bien le paysage qui l'entoure. La brume s'est un peu dissipée et j'arrive à distinguer les Dents du Midi et même le Mont Blanc. Par temps clair, on peut voir le Jet d'eau de Genève ici : aujourd'hui, la brume est trop épaisse.

Les villages se suivent avec peu de vraie campagne entre deux. De nombreuses grandes villas ont été construites le long de la petite route que je suis et, même s'il n'y a que peu de circulation, toutes les voitures que je vois semblent être des Porsche. Montant au point culminant de l'étape à quelque 600 mètres, je traverse Bugnaux, Vincy (encore un nom très approprié : plus loin, il y a aussi Vinzel), Gilly, Bursins, Luins, Begnins… tous ces villages sont très jolis mais, en écrivant ce post 24 heures plus tard et en regardant mes photos, je n'arrive pas à les distinguer l'un de l'autre. L'après-midi est devenu chaud et j'apprécie les nombreuses fontaines qui me permettent de me désaltérer sans avoir à sortir ma gourde : chaque village en a au moins une, parfois plusieurs.

Begnins marque la fin des vignes : c'est aussi le point où je dois décider si j'essaie de combiner les trois dernières étapes pour n'en faire que deux. Je marche sur revêtement dur depuis presque cinq heures, il serait plus sage de m'arrêter ici plutôt que de faire les deux heures qu'il reste encore jusqu'à Nyon. Mais au fond, j'ai envie d'en finir avec ce Chemin panorama et je décide donc de continuer. Je devrais arriver à avoir le train de 17:14 à Nyon, je serai chez moi peu après huit heures, ça va. Décision sage ou pas, il faut demander à mes ampoules… Je quitte Begnins par un sentier (enfin, au bout de cinq heures, un vrai sentier qui n'est pas une route !) qui descend au fond d'un vallon boisé, puis le quitte aussitôt pour retrouver un paysage de bosquets et de prairies. Je suis étonné de voir que même si je suis la direction de Nyon, les panneaux jaunes ne sont plus ornés de l'emblème vert de l'itinéraire national No. 3 : j'ai dû louper une bifurcation quelque part. Tant pis, à ce stade je n'ai plus envie de faire demi-tour pour chercher le bon chemin et je suis hors carte, alors je me contente de suivre les panneaux qui indiquent la direction de Nyon.

Le reste de l'étape n'est qu'une enfilade monotone de villages dortoirs de plus en plus banlieusards et de petites routes de campagne. En traversant une zone de villas à l'entrée de Prangins, je loupe encore le balisage et fais les trois derniers kilomètres jusqu'à Nyon le long d'une route principale. Cette étape a été la plus longue depuis le début de mon Chemin panorama alpin, mais aussi de loin la moins intéressante. Espérons que la dernière sera meilleure.

Dans le train qui me ramène à Lucerne, un couple francophone suit un cours audiovisuel d'anglais  sur une tablette. Ils doivent en être à la leçon où on apprend à commander dans un restaurant, car la voix enregistrée n'en finit pas de répéter : "I would like a glass of white wine". C'est un sentiment que j'approuve entièrement : d'ailleurs, une bouteille de Féchy s'est glissée dans mon sac à dos en attendant le train…

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Hike partners: stephen


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Comments (2)


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Piccolo_M says: Aubonne
Sent 10 April 2017, 07h33
Zut, si j'avais su que vous alliez passer par Aubonne ce week-end, nous aurions pu faire connaissance!
Peut-être une prochaine fois!

stephen Pro says: RE:Aubonne
Sent 10 April 2017, 19h55
Ah, quelqu'un d'autre qui écrit en français, ça fait plaisir :-)


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