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Du nord au sud : Treizième étape, de Sörenberg à Giswil


Published by stephen , 2 September 2018, 19h53.

Region: World » Switzerland » Obwalden
Date of the hike:19 August 2018
Hiking grading: T2 - Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-LU   CH-OW   Hagleren und Giswilerstöcke 
Time: 5:30
Height gain: 630 m 2066 ft.
Height loss: 1300 m 4264 ft.
Route:Sörenberg - Glaubenbielen - Giswil
Access to start point:cff logo Sörenberg, Post
Access to end point:cff logo Giswil

English version here

Je reprends le Trans Swiss Trail au dernier jour de mes vacances d'été, ayant traversé la moitié des Alpes françaises du nord au sud, puis la moitié de l'Oberland bernois d'est en ouest. Je me sens désormais complètement déconnecté de ce projet commencé à Pâques et je dois vraiment me forcer pour me lever et reprendre le chemin. Après tous les glaciers et les "4000" de ces dernières semaines,  les paysages plus douces de la vallée de Sörenberg ne m'inspirent pas : de toute évidence, il va me falloir un peu de temps pour me remettre dans le rythme.

Devant l'arrêt de bus Sörenberg Post (1170 m), un panneau jaune indique 4 heures 30 minutes de temps de marche jusqu'à Giswil, ma destination du jour. Je suis généralement d'accord avec les durée indiquées - j'ai même tendance à être un peu plus rapide - mais ces 4 heures 30 minutes vont se révéler excessivement optimistes : il me faudra presque une heure de plus. Cette journée sera d'ailleurs ponctuée par des divergences entre le balisage, les cartes en ligne de wanderland.ch et de map.geo.admin.ch, ma vieille carte au 1:50,000ème qui date de 2003 et le topo-guide Rossolis "Trans Swiss Trail" qui, même si je l'ai acheté cette année, a été publié en 2008. A un moment ou un autre de la journée, toutes ces sources d'information se révéleront être fausses par rapport à la réalité du terrain.

Je quitte Sörenberg en direction de l'ouest, montant doucement à travers des pâturages et des bosquets. Derrière moi, la Schrattenflue s'éloigne, comme l'ont fait beaucoup d'autres montagnes depuis le début de l'itinéraire. C'est l'une des choses qui fait le charme de ces randonnées à long cours : une montagne apparaît loin devant, domine le paysage pendant une ou deux étapes, puis disparaît petit à petit pour faire place au massif suivant. Aujourd'hui c'est au tour de la Schrattenflue de tirer sa révérence, après m'avoir accompagné depuis le Wachthubel entre Eggiwil et Schangnau.  A ma droite, les sommets du Brienzergrat jouent à cache-cache avec des nuages résiduels que le soleil n'a pas encore réussi à chasser. En très peu de temps, je couvre les 400 mètres de dénivelée jusqu'au parking de Glaubenbielen (1565 m) : selon la carte, il ne me reste plus qu'à descendre.

La carte et le topo-guide semblent indiquer que je dois suivre la Panoramastrasse sur quelques centaines de mètres, avant de descendre vers Mörlialp. Mais le balisage au parking indique plutôt qu'il faut continuer tout droit, sans doute pour éviter de marcher le long de cette route étroite et assez passagère. Giswil n'est plus indiqué du tout comme destination alors que Mörlialp, qui ne se trouve qu'à un kilomètre environ d'ici, est à quatre heures de marche selon le panneau. Il y a quand même quelque chose qui cloche.

Je fais confiance au balisage plutôt qu'à la carte, stratégie qui s'avère juste plus d'une fois aujourd'hui. Je traverse la route et continue sur un chemin caillouteux au-dessus de Jänzimatt (1619 m), un peu irrité de devoir suivre  à nouveau un chemin que j'ai déjà parcouru il y a un an à peine, lorsque je suis monté au Brienzer Rothorn depuis Glaubenbielen. Mais un peu plus loin, un sentier étroit se détache à gauche, revient vers l'est et monte en diagonal par des pentes herbeuses jusqu'à un petit col (1734 m, sans nom sur la carte).  Cette montée inattendue vient quand même avec une récompense au bout : il y a une belle vue sur le lac de Sarnen, un peu perdu dans la brume mais très bleu. A ma droite, j'entends le bruit de pierres qui roulent dans les pierriers sous la Schafnase, sans doute mises en mouvement par un animal plus haut dans la falaise.

Je descends par des pentes herbeuses sur un sentier indistinct et labouré par les vaches. Celles-ci se trouvent d'ailleurs un peu plus bas : elles ont décidé d'occuper le sentier et ne semblent pas très heureuses de me voir arriver. Je contourne le troupeau par en bas, pour retrouver le sentier un peu au-dessus des chalets d'Alpoglen (1563 m). Je suis la route d'accès à la ferme sur quelques épingles à cheveux, jusqu'à ce qu'un sentier étroit part à droite, traverse une zone humide et marécageuse puis s'engage dans une forêt sombre. Ce sentier en sous-bois est beau, mais il est également très glissant, encombré par de nombreuses pierres et racines qui n'attendent que de surprendre les randonneurs inattentifs. Le son de cloches à vaches vient de quelque part sur ma droite, mais leurs propriétaires restent invisibles : le sentier ne quitte pas la forêt et contourne la clairière.  La Panoramastrasse n'est pas très loin et on entend quand même le rugissement des nombreuses motos qui montent vers le col, mais le sentier ne rencontre la route qu'une seule fois, en dessous de l'alpage de Sandboden (1276 m).

Je sors de la forêt un peu au-dessus de Gütschschwand (1037 m, bel exemple d'un mot avec 8 consonnes qui se succèdent). Il y a une belle vue sur le lac de Sarnen depuis ici, également sur le Stanserhorn que je contournerai pendant la prochaine étape. Le sentier se perd un peu dans un alpage pentu, les marques de balisage rouge-blanc sur les rochers sont à moitié effacées et, à deux reprises, je dois passer sur des barbelés dont le tracé coupe celui du chemin, sans aménagement de passage. C'est plutôt rare en Suisse, mais le propriétaire de ce terrain a envoyé un message clair aux randonneurs : vous n'êtes pas les bienvenus ici.

A priori, il ne me reste plus qu'à descendre à Kleinteil sur des pistes forestières et des petites routes, puis de traverser le fond plat de la vallée jusqu'à Giswil. Je suis donc surpris lorsque la piste caillouteuse que je suis commence à remonter, tout en se dirigeant vers le sud. Sur la carte c'est clair : le chemin descend vers l'est, il n'y a plus le moindre mètre de dénivelée positive. J'ai dû me tromper, je reviens donc en arrière. Mais dix minutes plus tard, le balisage est sans équivoque : l'itinéraire national No. 2 est clairement indiqué, j'étais sur le bon chemin. Morale de l'histoire : ne pas faire confiance à une carte au 1:50,000ème vieille de quinze ans. Cela dit, le changement doit être récent, car en regardant la carte plus tard sur map.geo.admin, cette piste n'st pas indiquée comme chemin de randonnée.

Faisant confiance une nouvelle fois au balisage, je remonte la piste et, un peu plus haut que l'endroit où j'ai fait demi-tour, je tombe sur une bifurcation (Zopfwald, 897 m) où Giswil est indiqué à gauche. Etant remonté d'une cinquantaine de mètres, maintenant il faut redescendre. Le sentier est étroit et extrêmement raide, suivant le fil d'une crête entre deux vallées profondes. De nombreuses marches en bois et rambardes (qui ont l'air toutes neuves) facilitent le passage. Ce détour me paraît un peu inutile - il ajoute une bonne demi-heure au temps de marche total de la journée - mais je dois admettre que le sentier est beau et il évite certainement de marcher sur la route. La partie raide se termine près du pied d'une belle cascade, très haute et très fine, à moitié cachée au fond de la forêt. La suite est moins raide, sur un sentier qui longe le torrent sous la cascade jusqu'à ce que je retrouve l'itinéraire marqué sur la carte près de la scierie de Rütimatt (534 m).

Il me reste une grosse demi-heure de plat pour rejoindre la gare de Giswil, sur de petites routes et des sentiers de bord de rivière. La gare se trouve à l'autre bout du village : cette dernière partie me paraît interminable. La balade a été agréable sans être mémorable, et les trois prochaines étapes couvriront du terrain que je connais déjà. Il va falloir que je trouve une nouvelle motivation si je veux aller au bout de cette traversée nord-sud ! En attendant, c'est le retour au bureau… 

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Hike partners: stephen


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