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Du Léman à la Vanoise, sur l'itinéraire de la Grande Traversée des Alpes : troisième partie


Published by stephen , 8 August 2018, 17h42.

Region: World » France » Savoie » Massif du Beaufortain
Date of the hike:29 July 2018
Waypoints:
Geo-Tags: F 

Deuxième partie

Jour 8 : Bellevue - col de Tricot - chalets de Miage - chalets du truc - Les Contamines. +700 m, -1300 m, T2

Pour cette étape et une partie de la suivante, nous suivons l'itinéraire du Tour du Mont Blanc… et cela se ressent aussitôt. J'ai fait le Tour du Mont Blanc en juillet-août 2007, et j'en ai un excellent souvenir. Bien sûr, il y avait du monde sur les sentiers, mais ça restait dans des limites raisonnables. Je suis donc étonné (quoique prévenu par le guide) de la surfréquentation, des panneaux d'information, de bienvenue et d'interdiction qui ont poussé partout, des buvettes avec terrasses de 100 places là où en 2007 il n'y avait que des chalets semi-abandonnés.  Il paraît qu'il y a même des agences de trekking spécialisées dans la vente de ce tour aux Chinois et aux Coréens : 3,000 euros pour une semaine sur l'autoroute à randonneurs, avion non compris !

Depuis les Houches, nous montons à Bellevue (1801 m) en téléphérique, puis empruntons un joli sentier en balcon face à l'aiguille de Bionnassay. Le chemin est étroit avec quelques passages câblés qui doivent surtout servir par temps de pluie, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui : après la petite douche d'hier après-midi, le soleil et la chaleur sont de retour. Nous franchissons le torrent qui descend du glacier de Bionnassay sur un pont suspendu au-dessus d'une petite gorge, puis montons tranquillement au col de Tricot (2120 m). Dans la montée, nous doublons de nombreux Américains et Indiens, mais nous ne voyons aucun des fameux groupes de Chinois fortunés. La descente depuis le col jusqu'aux chalets de Miage (1559 m) est raide et glissant. Ca grouille de monde autour du refuge et nous nous en éloignons pour manger, remontant dans les pâturages vers le pied des glaciers sous les Dômes de Miage, où nous trouvons une belle place ombragée.

Une montée courte mais terriblement chaude nous fait grimper jusqu'aux chalets du Truc (1720 m), puis c'est la plongée vers le village des Contamines et son église baroque. L'itinéraire officiel suit une piste, mais le guide nous a concocté une variante qui passe par d'agréables sentiers forestiers, certes un peu plus longue mais bien loin de la foule du chemin principal.

Aux Contamines, nous logeons dans un grand centre d'hébergement qui doit accueillir des classes de neige en hiver : il y a des salles de classe en plus des dortoirs. Nous craignons le pire au niveau confort mais c'est impeccable : petits dortoirs de quatre places avec douches privées, terrasses, salons, tout est très bien. Au souper il y a des lasagnes : là encore, on pourrait croire au pire vu le décor de cantine scolaire, mais elles sont vraiment excellentes et quand nous avons fini de vider le plat, le cuisinier nous en apporte un deuxième : "Elles sont au four, autant les manger". Nous les mangeons donc, ainsi que la salade, le plateau de fromages et le dessert qui suivent.
 

Jour 9 : Notre Dame de la Gorge - col du Bonhomme - col de la Croix du Bonhomme - crête des Gittes - col de la Sauce - Plan Mya. +1300 m, -1000 m, T2

La surfréquentation du sentier qui monte au col du Bonhomme depuis Notre Dame de la Gorge (1210 m) est encore pire que la veille. Il fait encore plus chaud : j'ai du mal à trouver mon rythme et je me trouve souvent largué derrière le reste du groupe. Dans une randonnée de deux semaines, il y a toujours un jour sans, un gros coup de mou : ce neuvième jour sera le mien.

Une fois de plus, le guide fait de son mieux pour nous éviter les foules. Au-dessus du refuge de la Balme, à l'endroit où commencent les névés sous le col du Bonhomme, il nous emmène hors sentier et nous arrivons au col (2329 m) par un petit vallon parallèle à l'itinéraire principal. Alors que nous mangeons entre le col du Bonhomme et celui de la Croix du Bonhomme (2433 m), un gypaète barbu nous survole de tout près. Au niveau du refuge de la Croix du Bonhomme, nous quittons enfin l'itinéraire du tour du Mont Blanc et le calme revient aussitôt, miraculeusement.

Il faut encore remonter un peu pour atteindre la crête des Gittes, où un sentier aérien mais large a été taillé dans le roc par l'armée en 1912. Derrière nous, le Mont Blanc se montre sous un angle peu habituel. Passé le point culminant, la crête s'abaisse vers le col curieusement nommé de la Sauce (2307 m). Le reste de la descente jusqu'au plan de la Lai (1821 m) est peu intéressant : j'ai trop chaud, j'ai mal partout, j'ai juste envie que la journée se termine. C'est bientôt chose faite, il ne reste qu'un petit quart d'heure de montée jusqu'au gîte d'alpage de Plan Mya (1853 m), où nous passons la nuit. C'est peut-être l'hébergement le plus rustique de la quinzaine : cuisine, salle à manger et dortoir d'une trentaine de places partagent tous une grande pièce plus ou moins (plutôt moins) divisée en sous-espaces séparés. Mais l'ambiance est conviviale et le souper est excellent, l'endroit est à recommander.

 
Jour 10 6m: Plan Mya - col du Bresson - chapelle de Saint-Guérin. +1100 m, -1700 m, T2

Après avoir souffert hier sur le tour du Mont Blanc, j'apprécie nettement plus cette étape tranquille qui traverse le massif du Beaufortain du nord au sud. La journée commence par une petite montée jusqu'à la Grande Berge (2089 m), puis se poursuit par un sentier balcon au-dessus du lac de Roselend, avec une tendance plutôt à la descente.  La principale montée de la journée - raide mais pas excessivement dure - nous mène au col du Bresson (2469 m), juste sous le bloc extraordinaire de la Pierra Menta qui, selon la légende, a été plantée là un jour de colère par Gargantua. Cette dent de pierre flanquée d'aiguilles pointues est très impressionnante.

Après avoir cassé la croûte sur un replat juste sous le col, nous descendons par un beau vallon fleuri, le long d'un torrent sorti d'une carte postale. Au-dessus du refuge de Balme (1995), un vaste champ de fleurs bleues ressemble à de la lavande vue de loin : ça sent déjà le Sud ! Le sentier se transforme en piste pour la fin de la descente jusqu'à la chapelle Saint-Guérin (1593 m), où l'étape se termine. Devant nous se trouve la vallée de la Tarentaise avec ses stations de ski, sa route nationale, ses villes et sa voie ferrée. Ce n'est pas vraiment du terrain idéal pour randonneurs, alors on nous a organisé un transfert en taxi jusqu'au refuge de Rosuel, au-dessus de Peisey-Nancroix. Ce trajet en voiture me fait vivre les moments les plus tendus de la quinzaine : le chauffeur abuse de l'accélérateur, lit les prévisions météo sur son téléphone portable tout en conduisant d'une seule main dans les multiples épingles à cheveux de la route, déclenche à plusieurs reprises le bip qui l'avertit qu'il suit la voiture précédente de trop près (distance de deux mètres environ, alors que nous roulons à 100 sur la nationale entre Aime et Landry…). Nous arrivons malgré tout vivants au refuge.

Ce ne sont pas toujours les refuges les plus luxueux ou les plus près de la civilisation qui sont les plus accueillants, et celui-ci en est un exemple. Il n'y a que peu de clients malgré la présence d'un vaste parking à 200 mètres du refuge, l'accueil est quelconque et, même si la tartiflette servie au souper est très bonne, les portions sont chiches… cela ne vaut de loin pas la tartiflette d'Ubine ! Nous laissons le Beaufortain derrière, demain nous entrerons dans le parc national de la Vanoise pour les quatre dernières étapes. 

Quatrième partie

Hike partners: stephen


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