Bico do Papagaio : escalade et randonnée dans le sanctuaire du PN de Tijuca, au coeur de Rio


Publiziert von Bertrand Pro , 26. August 2010 um 11:44.

Region: Welt » Brasilien
Tour Datum:21 August 2010
Wandern Schwierigkeit: T4 - Alpinwandern
Klettern Schwierigkeit: 6a+ (Französische Skala)
Wegpunkte:
Geo-Tags: BR 
Aufstieg: 400 m
Abstieg: 400 m

Petite escapade rando-grimpesque à l'issue d'une semaine de travail à Rio dans notre siège sud-américain. Bon pas de jaloux, hein, les conditions étaient apparemment top dans les Alpes ce WE là aussi...Il s'agit en fait d'une longue et magnifique rando (sans doute la plus belle du Parc National de Tijuca) menant au 2ème plus haut sommet (987m, pas mal au bord de la mer), pimentée par une petit morceau d'escalade à la fin. Qui est court mais intense, ça doit valoir un bon V en cotation bloc, ou un 6a+ / 6b pas commode en cotation falaise, tout se joue sur des équilibres assez précaires dans un style plutôt déroutant, comme souvent à Rio.

Journée assez mouvementée par ailleurs : nous avons passé la matinée au Congrès de l'Association Brésilienne des Photographes de Nature où André devait intervenir en tant que chargé de la biodiversité au sein du Ministère de l'Environnement de l'Etat de Rio. Tout le gratin de la photo carioca était là, avec des projections d'une qualité exceptionnelle, en présence de sommités comme Elton Leme, spécialiste mondial reconnu des bromélies, qui est aussi la personne vivante ayant découvert le plus d'espèces végétales nouvelles...

A midi, cap sur le Parc National de Tijuca, l'immense forêt tropicale montagneuse de 5000 hectares au coeur de la ville de Rio. Il faut d'abord faire un détour, car la police a bouclé un axe majeur pour traquer une soixantaine de traficants (bilan des courses : 1 mort, 4 blessés et 15 otages retenus dans l'Hotel Intecontinental...welcome to Rio...). 2ème détour dans le Parc lui même car l'une des routes de montagne a été emportée par les pluies diluviennes de mars dernier (200 morts à Rio). Bref on finit par attaquer vers 13h après une marche d'approche tropicale à mach 2.

La voie proposée par André, dite de la "Novice Rebelle" sur le Pico da Tijuca (1020m, point culminant du PN) tourne au fiasco dès L2 : dalles lisses de rocher poussièreux zigzagant tant que bien que mal au sein d'une abondante végétation épineuse, cotations aberrantes, et surtout équipement spartiate au delà du raisonnable. Même en second je commence à prendre peur...et quand je vois André s'engager les jambes tremblantes dans une immense traversée de 8m entre les clous, qui flaire son bon 6a sur des adhérences précaires, avec plein de cactus en dessous pour amortir mon probable pendule, je lui fais signe que pour moi c'est game over. A l'époque où je vivais à Rio il y a 20 ans j'avais pris l'habitude de ce genre de sketch tous les WE, mais aujourd'hui je n'ai plus ni l'age, ni le courage, ni la motivation pour ce type de défis.

Retour à la case départ. L'après-midi est trop entamé pour envisager une autre longue voie (il fait nuit à 18h), le plan B proposé par André pour sauver la journée est de retraverser tout le PN par le somptueux sentier menant au Bico do Papagaio (Bec du Perroquet, 987m, 2ème sommet du Parc), une des plus belles randos du coin, pour gravir ensuite la voie Lilliput sur le bloc sommital. C'est l'une de ses créations, avec 12m de haut c'est plus un gros bloc mais les mètres en question se défendront du 1er au dernier : un bon 6a / 6b sur un rocher arrondi, tout en équilibre sur des adhérences précaires. Enchainé avec la rando d'approche, une bien belle combinaison...on a du mettre pas loin d'1h (!) pour venir à bout de ces 12 derniers mètres (enfin moi surtout), ce qui a permis une descente encore plus belle dans la lumière du soir : au 1er plan toute un série de monolithes émergeant de la forêt tropicale, au lointain le regard porte vers les plages des quartiers sud et l'océan urbain des banlieues nord...

1/2 heure plus tard, revenus dans l'animation bruyante de Copacabana où André habite, nous sirotons l'apéro en discutant du programme du lendemain, plus modeste afin de ne pas rater l'avion. Avant de regarder les images de ses dernières "conquistas" sur d'immenses formations rocheuses perdues au fin fond du Sertão ou du Mato Grosso. Pedra dos Caboclos, Dois Irmãos de Cajuita et tant d'autres...tu es vraiment le Whymper brésilien, André !

J'en profite pour faire un peu de pub sur l'extraordinaire (et étonnamment méconnu) gisement de grandes voies d'escalade de la région de Rio. La ville elle-même propose plus de 500 voies, du II au 8b ou à l'A4, de 1 à 15 longueurs, dans un cadre urbano-maritimo-junglesque évidemment unique. Le PN de la Serra dos Orgões (à 1h30 de la ville) présente une foule d'étonnants monolithes jaillissant de la jungle, dont certaines faces atteignent 800m de haut, sur un rocher dalleux toujours compact et excellent comme à Rio même. L'équipement des voies est "économique", car elles ont toutes été ouvertes au tamponnoir en tête, parfois en baskets dans le VI, et il faut avoir une bonne marge et un bon moral en tête...Les cotations brésiliennes sont bien plus sèches que les notres jusqu'au VI (jusqu'à 1 chiffre entier d'écart), comparables voire plus faciles ensuite. Je suis à disposition des amateurs pour leur fournir des contacts avec des grimpeurs locaux, en général aussi chaleureux et enthousiastes que savent l'être les cariocas...Topos et cartes pas faciles à trouver, (parfois inexistants), être accompagné est souvent recommandable, et aussi tellement plus sympa !

Météo & conditions : Beau et un peu brumeux. Excellentes pour Rio, avec une température délicieusement fraiche (24° sur les plages, mais plutôt 16-17° au sommet 1000m plus haut) ce qui est rare ici où il faut souvent accepter de suer des litres pour grimper.

Participants : Moi même avec Andre Ilha, le pape de la grimpe carioca, qui a également réalisé les 1ères d'une cinquantaine (!) de sommets majeurs (en général des monolithes perdus et gigantesques n'ayant rien à envier à Madagascar...) au Brésil.

Itinéraire détaillé : Se rendre à Rio...puis accéder (voiture ou combinaison bus-taxi via le Col de l'Alto da Boa Vista) au Bom Retiro (600m) , terminus de la petite route menant au coeur du PN de Tijuca, à l'intérieur de la ville de Rio. Suivre ensuite le chemin balisé pour le Pico da Tijuca, prendre un peu plus loin une bifurcation à G (balisée "Bico do Papagaio). Le chemin serpente dans la forêt tropicale (somptueuse rando, une des plus belles du PN) avant de gravir l'édifice sommital au moyen de barreaux plantés dans le rocher. On aboutit juste sous le bloc sommital, de 12 mètres de haut pour lequel une corde est indispensable...La voie "Liliput" (en vérité presque un très haut bloc) est sur l'angle D de la face de D en arrivant : 12 mètres protégés par 4 spits, mais qui se défendent du 1er au dernier, sur un rocher aux prises arrondies rappelant un peu Fontainebleau. 1 petit rappel pour descendre. D'autres voies plus faciles existent sur ce Bico, dont la VN en versant opposé, 1 petite longueur de corde en III/IV avec quelques clous.
 


Tourengänger: Bertrand

Galerie


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