Autour du Chemin panorama alpin : Huitième étape, de Mühlehorn à Näfels


Published by stephen , 1 September 2015, 19h29.

Region: World » Switzerland » Glarus
Date of the hike:30 August 2015
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-GL   Oberseegruppe 
Time: 3:00
Height gain: 520 m 1706 ft.
Height loss: 510 m 1673 ft.
Route:Mühlehorn – Obstalden – Filzbach - Näfels
Access to start point:cff logo Mühlehorn
Access to end point:cff logo Näfels-Mollis

English version here

Dernier dimanche d'août : le journal annonce, avec plus qu'un soupçon de Schadenfreude, que c'est le dernier week-end de l'été et que l'automne arrivera dès mardi prochain. Je devrais profiter de cette belle journée pour faire une longue randonnée en altitude afin de fuir la chaleur, mais j'ai un billet pour un concert à Lucerne en début de soirée. Je me limite donc à cette courte balade de trois heures qui, sans être la plus passionnante que j'ai jamais faite, a au moins le mérite d'être beaucoup plus intéressante que celle de l'étape précédente de ma traversée lac de Constance – lac Léman.

Pas très motivé, je ne réussis pas à me lever avant 7h 30 et n'arrive à Mühlehorn qu'à dix heures et demie. Dès que je quitte le cocon climatisé du train, la chaleur m'accable : il va faire chaud, très chaud. La plus grosse partie de la montée se fait pendant les 45 premières minutes de marche. Je remonte par les ruelles étroites du village, entre palmiers et jardins fleuris sur le fond bleu-vert profond du lac. Le bruit de la circulation qui a largement ruiné l'étape précédente semble être nettement moins évident : l'autoroute s'est enfoncée dans un long tunnel, il ne reste que le bruit de la route cantonale. Au-dessus des dernières maisons, je prends un chemin qui monte en forêt, bien raide. La chaleur est oppressante et je suis en nage au bout d'un quart d'heure. Mais la montée n'est pas trop longue et la pente s'adoucit au moment où je quitte la forêt pour continuer à travers champs vers le hameau de Walenguflen, situé à l'altitude modeste de 683 mètres.

Dans sa description de cette randonnée, le guide Rother "Glarnerland-Walensee" la déconseille à ceux qui ont peur des chiens. Ce n'est pas spécialement mon cas, mais je me demande quand même à quelle sauce je vais être mangé en passant dans les villages et cours de ferme. Il y a effectivement un chien qui aboie alors que je m'approche des quelques maisons de Walenguflen, mais il reste invisible. Chaque fois que le chien aboie, un coq, lui aussi invisible, lui donne la réplique. Le seul animal visible est un chat gris tigré, qui me regarde d'un air totalement désintéressé depuis l'ombre où il est assis. Quelques maisons plus loin, un autre chien se met à aboyer furieusement : celui-ci est bien visible dans son jardin et, de toute évidence, ses crocs aimeraient faire connaissance avec mes mollets. Heureusement pour moi (et malheureusement pour lui), le chien est attaché à une chaîne et ses efforts restent sans récompense.

Alors que je poursuis mon chemin le long d'une petite route tranquille, j'entends crier "Achtung!" derrière moi. Suis-je poursuivi par une horde de chiens déchaînés, peut-être ? Mais l'avertissement vient du premier d'un  grand groupe de VTTistes, pour la plupart des enfants, qui m'arrive dessus à fond la caisse. Je m'écarte de la route pour les laisser passer… mais certains des enfants ont eux aussi décidé de faire du hors-piste et sont à côté de la route plutôt que dessus. Je ne sais pas trop comment, ils réussissent tous à m'éviter et s'en vont vers le bas, toujours à fond.  Mais deux minutes plus tard, au point où le sentier quitte la route sur la gauche, c'est une autre histoire : les cyclistes reviennent, beaucoup plus lentement à présent. Ils ont loupé la bifurcation et sont obligés de remonter la pente raide qu'ils viennent de dévaler. Je souris intérieurement pendant qu'ils me doublent, cette fois-ci au pas. Un sentier herbeux agréable m'emmène maintenant vers le village d'Obstalden. Sur la route en contrebas, une file de vieilles voitures de collection, décapotables et décapotées pour la plupart, avance lentement sous le soleil radieux.

Obstalden est un joli petit village, avec de vieilles maisons regroupées autour de son clocher et de sa place centrale, au milieu de laquelle se trouve une grande fontaine. Je profite pour remplacer l'eau devenue tiède de ma gourde par celle, beaucoup plus fraîche, de la fontaine. Devant l'une des belles maisons de la rue principale, un panneau avertit les passants que toute personne qui empilerait de la neige contre le mur de la maison ou du jardin voisin se verra infliger une amende de 500 francs. Heureusement qu'il fait 30 degrés et que la neige manque...  Le village est encore plus fleuri que Mühlehorn ; chaque jardin semble avoir lancé à son voisin le défi de qui aurait la plus grande variété de fleurs et de couleurs. Je quitte Obstalden avec une impression très favorable, continuant le long d'un sentier herbeux qui traverse le flanc de la colline plus ou moins horizontalement. La vue est somptueuse, on voit la presque totalité du Walensee flanqué de la forteresse des Churfirsten qui vont bientôt laisser la place à d'autres montagnes. Un panneau d'informations touristiques m'apprend que ce sentier était déjà utilisé à l'époque romaine.

C'est à la première maison du prochain village, Filzbach, que j'ai la rencontre canine la plus chaude de la journée. Soudain, à deux mètres devant moi, un énorme saint-bernard sort d'un jardin et se plante au milieu du sentier. Le message est clair : c'est MON jardin et MON sentier, et je vais les protéger. J'avance tout doucement, essayant de ne pas trop regarder le chien dans les yeux et évitant de passer entre lui et le portail de son territoire. Le chien se rapproche de plus en plus et, arrivant à ma hauteur, fait un grand WOUF, histoire sans doute de me paniquer un peu. Il espère peut-être provoquer un mouvement brusque de ma part, ce qui lui donnerait une bonne excuse pour mordre. Mais je ne bronche pas et il me laisse passer, il doit être un habitué de ce petit jeu. Je me demande combien de randonneurs par jour il terrorise de cette manière.

Filzbach, sans être désagréable, a moins de charme qu'Obstalden. J'y arrive au moment où l'horloge sur le toit de l'école sonne midi. Au mur d'un grand bâtiment, une enseigne annonce que le lieu offre un "Adventure Minigolf".  Quelle est la différence, je me demande, entre le minigolf "aventure" et le minigolf normal ? Faut-il utiliser des tyroliennes ou descendre des falaises en rappel tout en tapant dans la petite balle ?  Les voitures de collection repassent dans l'autre sens, suivies cette fois-ci par une énorme Rolls-Royce blanche et par une Porsche verte et noire, pas vintage du tout mais très "bling". Je dois suivre cette route pendant un bon kilomètre avant qu'un sentier se détache vers la droite, descendant vers la lisière d'une forêt.

Même si je ne marche que depuis deux heures, je commence à avoir faim. Sur la carte, une clairière pas très loin devant semblerait être une bonne option. Mais la clairière se révèle être un pâturage bien tapissé de bouses de vaches et d'orties, pas du tout l'endroit de pique-nique idéal souhaité. Une grosse vache gris foncé se tient au beau milieu du sentier ; trois veaux déjà assez grands se trouvent plus loin dans le pâturage. Je dois passer tout à côté de la vache, il n'y a pas de place pour la contourner de plus loin. Va-t-elle bien vouloir que je passe, ou va-t-elle chercher à défendre ses petits ?  J'avance doucement, lui raconte qu'elle est une vache bien jolie et bien sympathique. Flattée, elle me laisse passer sans céder d'un pouce, mais sans aucun signe d'agressivité non plus.  Plus loin, je finis par m'asseoir sur un talus au-dessus du sentier : il n'y a pas de vue, mais au moins c'est à l'ombre. Je me suis fait une salade aux lentilles, saucisses et tomates que je mange avec un gros morceau d'Appenzeller, excellente alternative par rapport à mes sandwiches habituels. En contrebas dans la vallée, l'autoroute est ressortie de son tunnel et le bruit de la circulation redevient gênant.

Je finis mon déjeuner, me remets en route… et cinq minutes plus tard, trouve un endroit qui aurait été bien meilleur pour faire la pause ; une grande clairière herbeuse sans bouses mais avec, au milieu, un grand arbre à qui on a dû dire que l'automne est déjà arrivé, tellement il a déjà viré au jaune-orange. Le sentier continue en forêt, rejoint brièvement la route, puis commence à descendre plus raide vers la vallée.

Après quatre étapes dominées par les Churfirsten, de nouvelles montagnes apparaissent maintenant. Le sentier se dirige à présent vers le sud et vers la vallée du Glarnerland, et la vue est dominée par le Rautispitz au-dessus de Näfels. Plus loin, on commence à distinguer le Glärnisch, la montagne la plus haute que j'ai vue depuis le lac de Constance avec ses presque 3000 mètres. Vers le nord, je vois toute la plaine industrialisée de la Linthebene que j'essaie d'éviter depuis trois étapes. Le sentier descend agréablement le long d'un ruisseau, puis entre à nouveau en forêt et devient assez raide. Je manque de tomber à plusieurs reprises sur ce sentier poussiéreux ; de petits cailloux se dérobent sous mes pieds et provoque quelques glissades à peine maîtrisées. Mais je survis jusqu'en bas, quittant la forêt au bord de la Linth canalisée. Pour la dernière demi-heure de la randonnée, je suis la piste qui longe la rive droite de la rivière rectiligne ;  cela pourrait être monotone, mais il y a quand même des choses à voir. Un grand héron gris surgit de l'herbe juste devant moi et s'envole lentement au-dessus de la rivière alors que, sur l'eau, quelques canots pneumatiques emmènent des familles doucement vers l'aval, les pères recherchant les passages les plus turbulents pour amuser les enfants ou pour leur faire peur (voire les deux à la fois). Mais par cette chaleur intense, je suis bien content lorsque j'arrive à la gare de Näfels. En face, au-dessus de la petite ville, une vallée suspendue m'appelle déjà vers la prochaine étape…
 
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Hike partners: stephen


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