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Sur le Chemin panorama alpin : première étape, de Rorschach à Trogen


Published by stephen , 21 April 2015, 20h12.

Region: World » Switzerland » Appenzell
Date of the hike:19 April 2015
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-AR   CH-SG 
Time: 4:30
Height gain: 1125 m 3690 ft.
Height loss: 700 m 2296 ft.
Route:Rorschach – Heiden – Kaienspitz – Rehetobel - Trogen

English version here

Cela fait quelques années que je m’intéresse à l’idée de faire l’itinéraire national No. 3, dit Chemin panorama alpin, qui traverse la Suisse d’est en ouest, du lac de Constance au Léman. Pas en une seule fois, bien entendu : sa trentaine d’étapes nécessiteraient de prendre des congés d’une longueur difficilement compatible avec une vie professionnelle normale. Mais pourquoi pas le faire en une série de randonnées d’une à trois journées, cela pourrait constituer un fil rouge agréable à la saison estivale, un peu à l’image de mon tour du lac des Quatre Cantons en 2012. Et, comme l’itinéraire ne monte guère au-dessus 1500 mètres, il se prête très bien aux débuts et aux fins de saison, lorsque les sommets plus élevés sont inaccessibles pour cause de neige.

Je m’autoriserai toutes sortes d’écarts par rapport à l’itinéraire "officiel". En effet, celui-ci comporte quelques étapes de plaine qui n’ont pas l’air très intéressantes, plus un certain nombre d’autres étapes que j’ai déjà parcourus. Dans ces cas, je rechercherai des variantes… peut-être même que je finirai par faire un parcours complètement différent !

Mais pour cette première étape, je respecte scrupuleusement l’itinéraire décrit dans le topo-guide de Suisse Rando, qui annonce un temps de marche de six heures pour relier Rorschach à Trogen. Cela me paraît beaucoup, d’autant plus que Swiss Map Online suggère cinq heures. Néanmoins, je me lève tôt, car Rorschach est plutôt loin de Lucerne : deux heures trois quarts de trajet en train, et autant en fin de journée pour rentrer depuis Trogen. Avec un peu plus d’organisation j’aurais débuté en enchaînant plusieurs de ces étapes loin de chez moi, mais je ne l’ai pas fait : tant pis, ce ne sera pas la première fois que je passerai plus de temps dans le train que sur le sentier !

Je fais un court détour depuis la gare de Rorschach pour aller saluer le lac de Constance, bleu foncé sous un petit vent froid qui arrive tout droit de l’Allemagne en face. Malgré le ciel bleu, la matinée est encore loin d’être chaude. La randonnée ne commence pas de la manière la plus passionnante, et il me faut trois bons quarts d’heure pour quitter complètement la zone urbanisée.  Je longe la vois ferrée, remonte des rues résidentielles désertes, passe sous l’autoroute et continue de monter en bordure de ville. Ce n’est qu’après le château de Wartensee converti en centre de conférences que la ville fait enfin place à la campagne. Je n’ai pas vraiment l’impression d’être au début d’un itinéraire de trente étapes.  

Le sentier devient alors plus agréable. Il monte en forêt, quittant celle-ci pour une belle vallée verte au niveau de la gare minuscule de Wienacht-Tobel. Le printemps a vraiment avancé depuis une semaine, beaucoup d’arbres ont acquis leur revêtement estival de feuilles, d’autres sont en pleine floraison.  Les prés sont couverts d’herbe très verte, de pâquerettes et de pissenlits jaune vif. Vers l’est, les premiers "panoramas alpins" s’offrent au regard : ici il s’agit des contreforts des Alpes autrichiennes, loin là-bas à l’est. Le sentier monte et descend beaucoup, il n’y a que peu de plat. Je soupçonne que ceci sera un trait caractéristique te tout l’itinéraire : je suis en terrain préalpin qui, par sa nature, est plutôt vallonné.

Au hameau de Schwendi, qui ne compte pas beaucoup plus qu’une gare et un restaurant rustique, je repasse sous la voie ferrée et descends vers le fond du vallon, suivant une petite route sinueuse. Je passe entre deux fermes qui constituent autant d’exceptions à la règle qui dit que tout est propre et bien ordonné en Suisse alémanique, puis franchit un ruisseau au-delà duquel la route se transforme en chemin boueux. Une montée courte mais péniblement raide me fait gagner 100 mètres d’altitude en à peine 300 de distance et me fait ressortir de la vallée et de la forêt. Devant une ferme, une voiture s’arrête et un chien en sort : il me voit, commence à courir vers moi en aboyant… puis voit une vache dans le pré d’à côté et décide qu’il sera plus intéressant de courir après celle-ci qu’après un randonneur transpirant.

Je traverse le village de Heiden, qui possède de nombreuses grandes et belles maisons de style appenzellois : toits rouges, pignons tournés vers la rue, boiseries le plus souvent blanches et surtout un très grand nombre de toutes petites fenêtres. Cette architecture qui ne m’est pas familière sera l’un des points forts de l’étape.

A présent, il faut monter quelque 250 mètres jusqu’au Kaienspitz, point culminant de la randonnée avec une altitude de 1122 mètres. Une grande partie de cette montée se fait sur une route goudronnée ; cette première étape est d’ailleurs un peu gâchée par un excès de revêtements durs. J’espère que ce ne sera pas toujours le cas, mais j’en ai peur : à ces altitudes modestes, je risque de trouver plus de routes agricoles et de pistes forestières que de sentiers de montagne. Enfin, au-dessus d’Ober Brunnen, un escalier raide se termine en pâturages herbeux, alors que la vue s’ouvre de plus en plus dans toutes les directions. Devant, vers le sud, elle est encore bouchée par des arbres, mais cela ne va pas tarder à changer de manière spectaculaire.

Je remonte le pâturage raide et sans sentier, passant devant des granges et des chalets isolés. Derrière moi, le lac de Constance est déjà loin va bientôt disparaître. Je traverse une zone boisée et voilà enfin la pente sommitale Kaienspitz. Le nom est quelque peu usurpé, car cette colline herbeuse au sommet plat n’a absolument rien de "spitzig". J’arrive au point culminant et, tout d’un coup, me trouve devant un panorama tout simplement magnifique : toute la chaîne de l’Alpstein est là, encore bien enneigée, dominée par le majestueux Säntis qui semble faire bien plus que ses 2500 mètres. La montée depuis Rorschach m’a pris deux heures trois quarts : il est un peu après 13 heures et l’endroit est parfait pour manger mes sandwiches, assis au soleil sur l’un des nombreux bancs installés sur ce petit sommet visiblement populaire avec les gens du coin.

Trogen, la destination de cette étape, est bien visible du Kaienspitz et paraît tout proche. Le seul hic est qu’il y a une vallée bien profonde entre moi et Trogen : pour y parvenir, il va falloir descendre de 450 mètres jusqu’au fond de cette vallée, puis remonter de 250 mètres de l’autre côté. En fin de randonnée, ça promet... Je me remets en route vers deux heures et quart, descends par les pentes sud herbeuses du Kaienspitz, puis suis déçu de retomber sur une route goudronnée au bout de dix minutes à peine, au-delà d’Ober Kaien. Il faut ensuite suivre cette petite route pendant deux kilomètres, jusqu’au village de Rehetobel. C village a l’air plus campagnard que Heiden, mais comporte également quelques belles maisons appenzelloises. Il y a un Gasthaus Post et, juste é côté, un Café Alte Post qui a l’air bien plus moderne que l’autre malgré son nom.

Je descends par les rues de Rehetobel, puis continue sur un sentier qui devient vite raide, descendant en bordure de forêt, puis remontant à nouveau pour suivre la lisière. Toujours plus bas, toujours plus raide, jusqu’à ce que j’arrive enfin au fond de la vallée au lieu-dit Chästenloch. Comme son nom l’indique c’est un vrai « trou », un peu comme Ranft au-dessus de Sarnen. Je suis surpris d’y voir deux maisons : l’une d’elles est à l’abandon, mais l’autre fait restaurant et semble avoir attiré pas mal de monde.

Le chemin pour sortir du Chästenloch est encore plus raide que celui du vallon de ce matin. La journée est devenue chaude et j’avance tout lentement, les jambes lourdes après 1000 mètres de dénivelée déjà. Je parviens enfin aux premières maisons de Trogen. A l’entrés du village se trouve un stade tout moderne, le terrain de foot est impeccable, digne d’un fairway de golf… mais dépourvu de buts et de marquage : la saison du FC Trogen aurait-elle trouvé une fin prématurée, ou s’agirait-il d’un immense "bowling-green" à l’anglaise ?

Je remonte vers le centre du village, passant devant quelques maisons magnifiques. Certaines sont dotées d’un nombre hallucinant de fenêtres ; le métier de nettoyeur de vitres doit être dur dans le pays appenzellois !   J’arrive au Landsgemeindeplatz où, il y a moins de vingt ans, la démocratie fonctionnait encore dans sa forme la plus directe et traditionnelle. Cinq minutes de marche suffisent pour m’amener à la petite gare de la Trogenbahn, plus un tramway qu’un vrai train, qui m’emmène en une vingtaine de minutes à la métropole saint-galloise. Loin des six heures du topo-guide, j’ai mis quatre heures et demie de marche effective pour compléter la première étape. La suivante me fera découvrir les collines appenzelloises et la "capitale" régionale.
 
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Hike partners: stephen


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