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De Sargans à Grindelwald sur la Via Alpina - Neuvième et dernière étape


Published by stephen , 3 August 2010, 17h04.

Region: World » Switzerland » Bern » Jungfraugebiet
Date of the hike:28 July 2010
Hiking grading: T1 - Valley hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-BE 
Time: 5:30
Height gain: 750 m 2460 ft.
Height loss: 920 m 3018 ft.
Route:Kaltenbrunnen - Grosse Scheidegg - Grindelwald
Access to start point:Kaltenbrunnen, sur la ligne de car postal Meiringen - Grindelwald
Access to end point:Grindelwald, train pour Interlaken Ost
Accommodation:Nombreuses à Grindelwald
Maps:1229 Grindelwald

 Neuvième étape, de Kaltenbrunnen à Grindelwald


Le rêve ne se réalisera pas

Mercredi matin, quel bonheur…  en ouvrant les rideaux, je vois un ciel parfaitement bleu, sans un seul nuage !  C'est la première fois depuis six jours que je vois autre chose que des nuages en me levant. Je verrai enfin des sommets et pourrai enfin photographier autre chose que des alpages détrempés !

Le patron de l'auberge me sert un petit déjeuner copieux et très montagnard, tendance germanique. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à manger du boudin noir et du fromage d'alpage de l'année dernière à huit heures du matin ! Heureusement il y a aussi des croissants et du pain, et c'est avec le ventre bien rempli que je me mets en route vers huit heures et demie.

Je me demande comment va réagir ma jambe, blessée la veille. Je la sens effectivement au tout début, mais au bout de cinq à dix minutes il n'y a plus du tout de douleur. Je suis soulagé, car hier soir je me demandais vraiment si j'allais être en état de continuer.

La montée à la Grosse Scheidegg est facile et très belle. La vallée monte tout en douceur vers le col, il n'y a aucun passage raide. Le sentier suit la rive sud du Rychenbach, parfois au bord même du torrent, parfois en forêt un peu au-dessus. La route est toute proche mais reste généralement invisible. Devant moi, le paysage est dominé par le Wetterhorn saupoudré de neige fraîche et par le Rosenlauigletscher flanqué du Dossen et du Wellhorn. Au-dessus du sentier sur ma gauche se dressent les Engelhörner, alors que derrière la vue s'ouvre progressivement sur le Hasliberg, que j'ai traversé hier sans le voir.

Après quarante-cinq minutes j'arrive à l'hôtel Rosenlaui, où c'est a la foule des grands jours. Des randonneurs prennent le petit déjeuner sur la terrasse de l'hôtel, alors que d'autres descendent de leur voiture ou d'un car postal qui vient d'arriver. Un troupeau de vaches est en train de remonter la route vers le pâturage qui l'accueillera pour la journée.

Un peu plus loin, à Broch, je fais une pause. Les nuages arrivent ; ce n'est pas une grosse surprise car je savais que l'embellie n'était que provisoire, mais le ciel se couvre à une vitesse étonnante. Lorsque j'arrive au niveau de Schwarzwaldalp, la couverture nuageuse est totale, l'épisode "ciel bleu" n'a finalement duré que deux petites heures.

A Schwandboden, le sentier passe de l'autre côté du torrent et quitte le couvert de la forêt. Le reste de la montée à la Grosse Scheidegg se fait dans les pâturages, sur un sentier qui coupe plusieurs lacets d'une route visiblement très prisée des cyclistes. La pente devient un peu plus raide vers la fin mais ça reste une balade facile. Juste sous le col, il y a une zone marécageuse avec plusieurs petites gouilles, un très bel endroit à quelques mètres seulement de la route et des infrastructures touristiques du col.

A la Grosse Scheidegg il fait froid. Un vent frais souffle depuis le versant Grindelwald, versant sur lequel la dégradation de la météo est déjà plus avancée. Le sommet de l'Eiger est déjà dans les nuages, et les montagnes derrière le Lauterbrunnental sont elles aussi en train de mettre leur chapeau nuageux. J'avais prévu de descendre un peu avant de pique-niquer, mais le froid me fait changer d'avis et je me réfugie dans l'hôtel. La Tagessuppe mit Würstli ne vaut pas la Klostersuppe au Jochpass mais elle est quand même bonne, chaude et nourrissante, c'est l'essentiel.

Je commence ma descente sur Grindelwald… et là, c'est la catastrophe. Dès les premiers pas en descente, ma jambe se remet à me faire mal. J'y vais doucement, je mets plus de poids que d'habitude sur mes bâtons, j'essaie de faire travailler l'autre jambe le plus possible mais au bout de vingt minutes, je sais que la descente va être difficile. Paradoxalement, les quelques passages plus raides sont les plus faciles ; descendre "en escalier" ne me fait pas mal. Le pire, ce sont les pentes moyennes, comme les parties où l'itinéraire suit la route sur quelques centaines de mètres.

Je fais une pause, profitant d'une éclaircie où le soleil arriver à percer pendant un quart d'heure. C'est seulement en repartant après cette pause, en sentant que ça ne va pas mieux, que je sais que je ne pourrai pas aller plus loin, que je me suis vraiment fait mal et qu'il faudra quelques jours de repos avant que je sois à nouveau en état de faire des étapes de montagne.

La fin de la descente est interminable. J'ai mal, je boite et j'avance très lentement, faisant des pauses toutes les dix ou quinze minutes. Pour couronner le tout, il se met à pleuvoir assez fort et je suis obligé de me rééquiper pour la pluie pendant les trois derniers quarts d'heure.  Et enfin, il faut traverser Grindelwald d'un bout à l'autre jusqu'à la gare, au milieu des randonneurs, des touristes et des magasins de sports de montagne, le moral dans les chaussettes.  Dans le train, un jeune Chinois veut absolument faire la conversation, me demandant si j'ai fait une belle rando et s'il vaut mieux aller voir le Bachsee ou le Jungfraujoch. J'essaie de lui répondre poliment alors que j'aurais plutôt envie de le passer par la fenêtre !

Cela faisait longtemps que je rêvais de traverser la Suisse à pied, de Sargans à Montreux. Je n'aurai finalement réussi qu'à faire la moitié de ma traversée, le reste devra attendre une autre fois. Neuf jours de marche et seulement deux et demi de beau temps… et il a continué de pleuvoir pendant les jours suivants, ce qui atténue un peu mes regrets.  Mais quand même…


Logistique

Quelques notes sur la planification de cette longue randonnée et sur le contenu de mon sac, pour ceux que cela intéresse.

Le livre (en anglais) de Kev Reynolds "Alpine Pass Route, East to West Across Switzerland", aux éditions Cicerone était très utile aussi bien pour la planification des hébergements que pour l'itinéraire. Ce livre indique les hôtels les moins chers à chaque fin d'étape, ainsi que les possibilités de ravitaillement en cours d'étape.

J'ai réservé tous mes hébergements à l'avance. En fin de compte c'était une mauvaise idée car, après mon abandon, j'ai quand même dû payer quatre nuits dans des hôtels où je n'ai pas dormi, le délai d'annulation étant dépassé. Un coup de chapeau au Berggasthaus Golderli à Griesalp, qui ne m'a rien facturé alors que j'ai annulé ma réservation en donnant seulement 24 heures de préavis.

J'ai essayé de choisir les hébergements les moins chers, en prenant l'option dortoir quand c'était possible. Ca, c'était une bonne idée, car je me suis souvent trouvé seul ou presque au dortoir, avec beaucoup de place et plusieurs douches pour moi tout seul – impeccable pour laver et faire sécher les vêtements.  Il semble y avoir beaucoup plus de possibilités en Suisse orientale et centrale en ce qui concerne les petites auberges de montagne pas chères ; plus on va vers l'ouest, plus il devient difficile de trouver des hébergements de type "Berggasthaus". 

Dans mon sac à dos de 40 litres, pour les 18 étapes initialement prévues, j'avais :

  • Deux T-shirts légers
  • Deux slips à séchage rapide
  • Une paire de chaussettes
  • Un pantalon de rechange
  • Un short
  • Une serviette
  • Un sac à viande
  • Des tongs pour le soir
  • Un sac "bazar" contenant pharmacie de base, quelques épingles à linge et lampe frontale
  • Trousse de toilette contenant brosse à dents, dentifrice, shampooing, savon, rasoir et produit pour lentilles de contact. Le savon a aussi servi pour laver mes habits et pour me raser, m'évitant de prendre lessive et mousse à raser.
  • Deux polaires légères (vu la météo, l'une d'elles était quasiment toujours sur moi sauf les deux premiers jours)
  • Une veste imperméable
  • Un surpantalon imperméable
  • Une paire de gants
  • Un chapeau de soleil
  • Un carnet de notes/de croquis (mais la météo n'a pas du tout été propice aux croquis)
  • Un roman policier
  • Le topo-guide anglais mentionné ci-dessus
  • 15 cartes au 1:25,000. Cela ajoute beaucoup de poids, je sais, mais elles ont parfois été très utiles et en plus, j'adore regarder les cartes ! Pour être vraiment complet il en aurait fallu deux de plus, mais celles-ci ne couvraient qu'un ou deux kilomètres de l'itinéraire chacune, je ne les ai donc pas achetées.
  • Une boîte Tupperware contenant le pique-nique du jour (parfois pour deux jours), un couteau suisse et une cuillère en plastique
  • Une gourde 1.5 litre
  • Lunettes de soleil et de vue
  • Appareil photo (le plus souvent attaché à ma ceinture et pas dans le sac)

Je crois que tout à servi à un moment ou un autre, sauf les gants et les lunettes de soleil.

Etape précédente : http://www.hikr.org/tour/post26160.html

English version: http://isitmuchfurther.blogspot.com/2011/07/from-sargans-to-grindelwald-on-via_28.html


Hike partners: stephen


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Comments (2)


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Bertrand says: Dommage...mais bravo !
Sent 5 August 2010, 15h30
J'ai lu avec bonheur ton récit, en savourant les feuilletons les uns après les autres, le tout dans des coins que je connais bien ayant longtemps vécu à ZH...du coup je me sens presque frustré que ça ne continue pas !

En tous cas chapeau de ne pas t'être découragé devant la pluie (assez habituelle dans les Préalpes Orientales en été, il faut bien l'avouer). La grande rando itinérante n'a pas forcément la cote en dehors du TMB ou du GR20, on en savoure les comte-rendus avec d'autant plus de plaisir. J'espère que tu repartiras !

stephen says: RE:Dommage...mais bravo !
Sent 5 August 2010, 18h04
Merci pour le commentaire... si j'avais continué, normalement je serais arrivé à Montreux aujourd'hui... sous la pluie, comme il se doit ;-)

Une semaine après mon abandon ma jambe semble s'être remise, maie je ne l'ai pas encore testée en montagne. Si tout va bien, j'essaierai peut-être de faire la seconde moitié de la traversée fin août ou début septembre. Ou alors recommencer au début, car ça m'embête de ne pas avoir vu ces paysages de Suisse centrale que je ne connaissais pas.

Stephen


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