De Roseg à Sils Maria par la Fuorcla Surlej


Publiziert von stephen Pro , 16. August 2014 um 17:23.

Region: Welt » Schweiz » Graubünden » Oberengadin
Tour Datum:12 August 2014
Wandern Schwierigkeit: T2 - Bergwandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-GR   Bernina-Gruppe   Corvatsch-Sella-Gruppe 
Zeitbedarf: 5:00
Aufstieg: 850 m
Abstieg: 1050 m
Strecke:Roseg – Fuorcla Surlej – Sils Maria
Zufahrt zum Ausgangspunkt:Roseg est accessible par "taxi-cheval" depuis cff logo Pontresina
Zufahrt zum Ankunftspunkt:cff logo Sils Maria, Post, bus pour cff logo St. Moritz
Unterkunftmöglichkeiten:Hotel Roseg Gletscher, chambres et dortoirs.

English version here

J'arrive en Engadine pour la première fois au sein d'un groupe d'une douzaine de randonneurs français et belges. Depuis une dizaine de jours, nous traversons la Bavière et le Tyrol dans des conditions fraîches, souvent nuageuses et parfois pluvieuses. J'ai fait la bêtise d'informer mes coéquipiers que l'Engadine bénéficie d'un microclimat particulièrement favorable, et qu'il y fait souvent sec alors qu'il pleut sur le reste de la Suisse. Malheureusement, j'ai l'impression très nette que les dieux de la météo vont me faire payer mon excès d'optimisme : plus le petit train rouge du Chemin de fer rhétique avance vers Pontresina, moins il y a de signes d'une possible amélioration. Dans le Val Roseg, où nous passons la nuit avant l'étape du lendemain, l'ambiance est grise et le plafond bas. Rien ne laisse deviner le paysage majestueux du lieu, si ce n'est qu'un petit bout de langue glaciaire qui dépasse de sous les nuages, là-bas au fond de la vallée.

En buvant une bière à  la Sonnenterrasse mal nommée de l'hôtel Roseg Gletscher, nous nous demandons quelles seront les conditions du lendemain. Hier, à St. Gallenkirch en Autriche, un chauffeur de bus local nous a annoncé un temps complètement pourri pour les prochains jours. Pourrons-nous jouir de vues spectaculaires vers le massif de la Bernina, ou devrons-nous nous contenter d'une nouvelle douche froide et de pieds humides ? L'un des membres du groupe a vu la météo à la télé, qui n'a rien annoncé de bon. Le Blick du jour, que j'ai trouvé sur la table voisine, est moins pessimiste et annonce un mélange de tout : éclaircies, averses, nuages, orages.  Le site web de Météosuisse semble être d'accord avec le Blick, preuve si jamais il en fallait que ce dernier a toujours raison  ;-)

Mardi matin au réveil, il fait sec, il y a même un peu de ciel bleu. Mais le temps de déjeuner et de se préparer, les nuages sont de retour et c'est sous un ciel de plomb que nous nous mettons en marche vers 8 heures 30 du matin. Mes coéquipiers sont difficiles à identifier dans la première montée : le groupe s'est transformé en un cortège lent de capes de pluie noires et de couvre-sacs Deuter bleus, tous identiques. Seul le guide se distingue du groupe, ayant opté pour un parapluie à la place de la veste et de la capuche.

Le sentier est facile et nous gagnons rapidement de l'altitude. Loin en dessous, dans la brume, les multiples petits torrents qui descendent depuis le lac glaciaire dessinent un maillage complexe le long du fond de la vallée. Au chalet d'alpage isolé de Surovel, le plafond nuageux se lève un tout petit peu, et tout le monde se rue sur des appareils photo planqués bien au sec dans le fond des sacs à dos, dans l'espoir qu'il y aura quelque chose à voir. Mais les nuages redescendent aussitôt, la pluie reprend de plus belle et un vent froid se met à souffler, nous rappelant que des chutes de neige sont attendues assez bas demain. Je suis très content d'avoir pensé à amener des gants et de les avoir laissés dans un endroit facilement accessibles sans devoir défaire tout mon sac.

Et puis, alors que nous arrivons vers une altitude de 2,500 mètres, un petit miracle se produit. Vers le sud-ouest, le ciel vire du gris-noir au gris clair, puis les nuages commencent à se déchirer, laissant apparaître de petits carrés de ciel bleu. De l'autre côté de la vallée, le brouillard se dissipe pour révéler de hautes falaises, des tours impressionnantes et des pics pointus. Au-dessus, des glaciers bleu-blanc-rose et des arêtes de neige s'élèvent vers des sommets encore invisibles dans les nuages. Le grand glacier de Roseg qui ferme la vallée à son extrémité sud est enfin visible dans sa splendide intégralité.

Nous arrivons au Fuorcla de Surlej, point culminant de la randonnée avec ses 2,755 mètres, vers onze heures et demie. Il est un peu tôt pour déjeuner, mais personne n'a très envie de manger dehors dans de telles conditions, et nous préférons profiter du fait qu'il y ait un restaurant au col. Nous entrons, retirons nos vêtements de pluie trempés et nous installons bien au chaud dans la grande salle à manger. De grandes tasses de thé et des bols deBündner Gerstensuppe, servie avec des saucisses de Vienne, nous réchauffent rapidement. Pendant que nous attendons la soupe, les nuages se déchirent complètement, révélant enfin les grands sommets vers l'est : voilà le Piz Bernina et son satellite le Piz Roseg. Nous nous ruons tous à l'extérieur et avons juste le temps de faire quelques photos rapides avant que les nuages reviennent et que le paysage disparaisse comme s'il n'avait jamais été là.

Réchauffés et repus, nous nous remettons en route pour la descente vers Sils. Du côté ouest du col, les conditions sont totalement différentes : soleil, ciel bleu et un panorama qui s'étend loin au-delà de la vallée de la Haute Engadine vers des sommets lointains. Le début de la descente est peu intéressante, sur une large piste et devant une vue où le premier plan est dominé par les installations du téléphérique du Piz Corvatsch. C'est seulement après être passé sous les câbles du téléphérique, vers 2,5000 mètres, que les choses s'améliorent. La piste fait place à un étroit sentier en balcon. En dessous, les grands lacs bleu turquoise de Silvaplana et de Sils apparaissent, la surface de l'eau parsemée de multiples petites tâches de couleurs vives : des planches à voile. Des conifères poussent de manière improbable sur des ressauts rocheux, de petits ponts de bois nous font franchir des torrents gonflés par la pluie. Au lointain, la station chic de St. Moritz apparaît. Nous atteignons la limite de la forêt et continuons vers le bas sur un beau sentier (quoique boueux et glissant) où le parfum des aiguilles de pin est très marqué.

Nous nous arrêtons pour faire une pause à Alp Präsura, où il y a une maison isolée dans une clairière. En ouvrant mon sac à dos, je me rends compte que mes deux gourdes d'un litre chacun sont encore pleines : mise à part le thé au col, je n'ai rien bu de la journée. J'ai la mauvaise habitude de ne pas boire assez en randonnée, et aujourd'hui je vais être puni pour cette bêtise. Lorsque nous nous remettons à marcher, je ressens une petite sensation de gêne au-dessus de la cheville droite, le long du tibia. Pendant la demi-heure qu'il nous reste à descendre, cette douleur s'accentue rapidement et s'étend : ça sent la tendinite. Heureusement, la fin de l'étape est proche et j'arrive à terminer la randonnée sans trop de difficulté. Mais le soir à l'hôtel, monter et descendre les escaliers me fait mal et, le lendemain matin, je dois me résigner au fait que je ne suis pas en état de marcher pendant six heures avec 1,000 mètres de dénivelée positive et négative.

Mercredi matin, mes coéquipiers se mettent en route sans moi sous une pluie battante ; ils passeront en Italie par le Passo del Muretto dans des conditions qu'un membre du groupe me décrira plus tard comme cauchemardesques. Pour ma part, je prends la route de la maison, par St. Moritz et la ligne de l'Albula vers Chur. A St. Moritz, j'attrape le train de justesse. Et là, j'ai vraiment eu de la chance : deux minutes plus tard et j'aurais loupé ce train et aurais dû attendre le suivant… celui qui a déraillé à Tiefencastel.  Cela met mes petites douleurs à la cheville bien en perspective.   
 

Tourengänger: stephen


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