Dans la Valle del Salto


Published by stephen Pro , 12 June 2019, 18h59.

Region: World » Switzerland » Tessin » Locarnese
Date of the hike:31 May 2019
Hiking grading: T2 - Mountain hike
Waypoints:
Geo-Tags: CH-TI   Gruppo Poncione Piancascia 
Time: 5:00
Height gain: 855 m 2804 ft.
Height loss: 855 m 2804 ft.
Route:Maggia - Cassinella - Maiasco - Ceir - Maggia
Access to start point:cff logo Maggia, Centro
Access to end point:cff logo Maggia, Centro

English version here

Depuis quelques années, nous avons pris l’habitude de passer l’un des longs week-ends du printemps au Tessin.Tout est différent sur le côté sud de la chaîne alpine : la météo, les versants densément boisés et étonnamment raides des montagnes, les palmiers, l’architecture des villages qui sent déjà l’Italie. Cette année, nous avons choisi de nous baser dans la Valle Maggia pour deux jours de randonnée pendant le week-end de l’Ascension.

La première de nos deux randonnées démarre au village même de Maggia (332 m) et nous fera découvrir la Valle del Salto, vallée latérale très encaissée qui remonte vers l’est depuis la Valle Maggia. A 9 heures 30, la matinée est déjà chaude et, au vu du ciel bleu immaculé, la température ne fera qu’augmenter. Depuis le centre du village, la raideur de tous les versants est intimidante : pour ceux qui cherchent de longues marches d’approche à plat et des montées en douceur, le Tessin n’est pas vraiment conseillé !
 
Quittant notre auberge sur la place du village, nous remontons une ruelle pavée entre de vielles maisons en pierre, nous arrêtant pour jeter un oeil dans la petite église dont les vitraux modernes sont fort jolis. La partie la plus physique de la journée commence tout de suite. Nous remontons un escalier qui me paraît interminable, ses vieux pavés grimpant rapidement entre des vignes à gauche et la forêt à droite. Après quelques lacets, nous arrivons en sueur sue un replat où se trouve la grande chapelle de Santa Maria della Pioda (476 m), depuis laquelle on jouit d’une vue panoramique sur le village de Maggia et sur toute la vallée. Vers le nord, les sommets sont encore bien enneigés.

Au-dessus de la chapelle, le sentier quitte la vallée principale pour s’enfoncer dans la Valle del Salto. Pendant un petit moment, la pente reste raide et les marches de pierre continuent. Nous traversons le premier des nombreux hameaux de montagne qui sont si caractéristiques du Tessin : certaines maisons ne sont plus que des ruines sans toit, alors que d’autres ont été restaurées et servent sans doute de résidences secondaires. L’idée d’avoir un petit pied-à-terre dans ce coin de paradis est bien tentante au premier abord…  mais ces hameaux sont accessibles uniquement à pied, et l’idée devient tout de suite moins attrayante quand on pense à tout ce qu’il faudrait amener depuis Maggia chaque week-end : nourriture, eau, quelques bouteilles de merlot peut-être…
 
La pente devient enfin moins raide et le sentier, toujours recouvert de pavés en granit, devient moins fatigant. Les versants abrupts de la vallée sont couverts de forêt et nous apprécions la possibilité d’avancer à l’ombre. Par des trouées dans la verdure, nous apercevons la vallée, raide et sauvage, avec au fond une série de sommets encore saupoudrés de neige. Un panneau nous informe que si nous continuons tout là-haut, nous arriverons au bout de sept heures de marche à Brione dans la Valle Verzasca. C’est très tentant, mais nous sommes partis trop tard pour entreprendre une si longue étape.

A Cassinella (777 m), nous quittons soudainement la forêt pour atteindre un promontoire dégarni d’arbres, loin au-dessus d’une gorge dont les côtés semblent presque verticaux. Il y a un petit oratoire ici, ainsi que quelques vieilles maisons, toutes rénovées cette fois-ci, sans doute en raison de l’emplacement panoramique de choix. Nous nous asseyons sur l’herbe courte pour nous désaltérer, tout en admirant la vue magnifique vers les montagnes qui ferment la vallée à l’est, puis continuons sur un sentier désormais plus étroit, qui court presque à plat au-dessus de la gorge. Un escalier métallique permet de franchir un ravin latéral sans difficulté, puis nous redescendons doucement vers un carrefour de chemins à une altitude de 746 mètres. Nous avons atteint le point le plus éloigné du «Tour de la Valle del Salto » : ayant remonté la vallée par son versant sud, le chemin du retour passera par le côté nord. Il y a un petit barrage hydro-électrique ici : en aval, le torrent plonge vers des marmites ténébreuses bleu profond. Au-dessus du barrage, une petite cascade déverse dans une vasque peu profonde et plus étendue, dont l’eau est d’une limpidité incroyable.
 
Plutôt que de redescendre directement sur Maggia, nous décidons de poursuivre vers l’est et de pique-niquer quelque 200 mètres plus haut dans la vallée. Une demi-heure de lacets assez raides nous amène à l’alpage de Maiasco (965 m), où une grande maison isolée et vide regarde vers l’ouest et vers les sommets au-delà de la Valle Maggia. Il y a un grand replat herbeux devant la maison, au milieu duquel trône un panneau marqué “Héliport”… cette propriété hyper isolée appartiendrait-elle à un millionnaire zurichois ? Le bord sud de l’héliport international de Maiasco se trouve à l’ombre, c’est l’endroit parfait pour casser la croûte et pour une bonne sieste. Le calme est presque total, brisé seulement de temps en temps par le passage d’avions en altitude et par quelques randonneurs qui descendent le sentier depuis le col au-dessus.
 
Vers deux heures et demie, nous redescendons rapidement jusqu’au barrage avec son petit lagon d’eau transparente. J’imaginais cette eau glaciale, mais plusieurs randonneurs s’y baignent à présent, se débarrassant de la transpiration et de la poussière de leurs efforts. Nous poursuivons notre chemin sur le versant nord de la vallée, par un sentier qui remonte, très raide au début, jusqu’au hameau d’alpage de Ceir (975 m), dont les maisons sont couverts de rosiers grimpants d’un rouge vif.

La montée jusqu’à Ceir est la dernière de la journée. A partir d’ici, le reste de l’itinéraire se déroule en descente, parfois raide, parfois plus en douceur. Ce sentier est plus étroit que celui du versant sud, avec quelques passages exposés au-dessus de l’abîme qui se trouve à gauche. Le sentier est néanmoins très bien construit et est toujours assez large pour éviter toute sensation de vertige. Il y a des lézards partout : chaque dalle du sentier semble avoir été squatté par un reptile qui prend son bain de soleil. Chaque pas ou presque les fait sortir de leur torpeur et partir à toute vitesse, souvent par-dessus le bord vertical du chemin…  pas la moindre trace de vertige chez ces petits animaux parfaitement à l’aise sur un mur vertical qui descend de 100 mètres à pic. Nous sommes témoins d’un assassinat dans les règles de l’art : un lézard vient d’attraper un ver de terre et, devant nous, cache l’évidence du crime en l’engloutissant, centimètre par centimètre, jusqu’à ce que le ver disparaisse entièrement. De l’autre côté de la vallée, là où nous sommes passés trois heures plus tôt, nous constatons que le versant est parsemé de minuscules clairières, chacune occupée par un ou deux maisons isolées et apparemment inaccessibles. La forêt qui entoure les clairières est d’un vert luxuriant, pas encore rendu fade par le soleil de l’été. La gamme des tons va du vert-jaune vif, là où le relief est directement touché par le soleil, au vert bouteille qui vire presque au noir dans les replis les plus ombragés du terrain.
 
Tout au long de cette descente, nous passons devant de petites chapelles, toutes décorées d’images peintes de saints. Les fresques ont souvent besoin de restauration, leur peinture ternie et écaillée au point d’être presque invisible. Par contre, les peintures de la chapelle du hameau de Braiaa (592 m) ont été refaites plus récemment et leur couleur est vive au point d’être criarde.
 
Une dernière descente nous amène à un pont de pierre qui franchit le torrent juste au-dessus de la cascade à l’entrée de la Valle del Salto. Depuis ici, un escalier nous fait remonter jusqu’à la Capella della Pioda, où nous retrouvons l’itinéraire de la montée. Il ne nous reste qu’à descendre le long escalier entre forêt et vignes : il me paraît tout aussi interminable à la descente qu’à la montée ! C’est notre première randonnée depuis Pâques et mon corps me le fait savoir : même si la journée n’a pas été très longue ni particulièrement ardue, mon genou droit me fait mal. La rando de demain sera nettement plus sérieuse, avec sept heures de marche et 1400 mètres de dénivelée positive et négative. Nous devons donc soigner nos membres fatigués… et quoi de mieux pour commencer qu’une grande bière à la terrasse de la Locanda Poncini ?
 

Hike partners: stephen


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