Coronette di Camposecco (2700m) : bike & hike dans la sauvage Valle Antrona


Publiziert von Bertrand Pro , 16. Juni 2009 um 16:08.

Region: Welt » Italien » Piemont
Tour Datum:12 Juni 2009
Wandern Schwierigkeit: T4 - Alpinwandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: I 
Zeitbedarf: 2 Tage
Aufstieg: 3400 m
Abstieg: 3400 m
Kartennummer:284S, ou alors la Carta Escursionista Transfrontaliera "Anzasca Antrona" éditée par la Fabrica di Carta

Très beau circuit parfois assez aventureux à la découverte du Valle d'Antrona, avec départ à vélo de Domodossola, traversée des Coronette di Camposecco et nuit au romantique Bivacco Camposecco. La région est encore incroyablement enneigée, le 1er jour nous avons marché en continu dans la neige dès 1800m, souvent au milieu de cones d'avalanche cyclopéens, glissements de terrain et torrents en crue...très impressionnant.

L'idée était de profiter de la Fête Dieu, j'ai donc rameuté un Fribourgeois et une Valaisanne pour recomposer le même trio infernal que l'an dernier à la même époque autour de Gauli. Nous pensions aussi profiter du remplacement de ces m... de Cisalpino par des trains conventionnels sur l'axe Bale - Milan, ce qui permettait d'emmener les vélos. Pas de souci à l'aller jeudi matin, le 7h35 de Berne est un bon vieil IC à 1 étage, les péripéties du retour sont décrites à la fin...On débarque à Domodossola sous un soleil estival, les nuages encore présents sur la crête frontière avec le Valais se dissiperont gentiment au fur et à mesure de notre progression vers le fond de la Valle Antrona. 7km de plat jusqu'à Villadossola (250m), puis 23km de montée sur une petite route bucolique dans sa 2ème partie nous amènent au village de Cheggio (1500m), au bord du Lac homonyme. La route n'est jamais trop raide et se parcourt facilement avec un sac à dos - même lesté de piolet, réchaud et sac de couchage -  sur le porte-bagages. Une grosse coulée barre encore les 100 derniers mètres de route, ce qui donne déjà une idée de la suite.

Les bicyclettes attachées, nous poursuivons à pied en fond de vallon, dès 1600m il faut souvent traverser de gros névés sous lesquels on entend de bons gros torrents bien nourris gronder, mieux vaut bien s'espacer et se faire léger...le moindre petit ruisseau est d'ailleurs tellement gonflé que nous passons notre temps à sauter et à zigzaguer à la recherche du meilleur passage. L'enneigement est continu dès le replat à 1850m, mais la neige porte bien. La progression reste quand même un peu laborieuse jusqu'à 2200m à cause des torrents, puis se fait plus facile (il faut juste accepter les pieds mouillés) jusqu'au lac anonyme à 2390m d'ou la Brêche des Coronette (2690m) se gagne facilement par une pente ne dépassant jamais les 30-35°, crampons-piolet restent dans le sac. Le couloir sur le versant opposé (sud) est déneigé mais bien boueux, et équipé de chaines pas désagréables à la descente, puis de grands névés permettent de gagner rapidement le barrage de Camposecco et le bivouac du même nom.

Incroyable nous n'y sommes pas seuls, Cesare, un adorable montagnard solitaire de Lecco nous tient compagnie pour la nuit. Lui non plus n'en revient pas, "il n'y a jamais personne dans cette vallée en dehors du mois d'août". "Certo non siete Italiani, ils sont trop paresseux pour ça, pour eux la montagne c'est en 4*4 !" nous explique-t-il pourquoi il se balade souvent seul malgré son caractère sociable et enjoué. Nous papotons un peu du Val Grande hivernal (sa grande spécialité), des 4000 classiques et de la décadence de ses compatriotes...mais nous sommes un peu fourbus après 2500m de montée à vélo et à pied, surtout dans ces conditions - la purée-lardons de Daniel est donc vite avalée et nous sommes au lit à peine le soleil couché. Le bivouac est assez comfortable avec ses 12 places, ses couvertures sèches et même un petit réchaud à gaz et de la vaisselle.

Un RV vendredi après-midi au bureau m'oblige à être impérativement au train de 12h48 à Domodossola, donc réveil à 5h et départ à 6h pour une boucle modeste sur la carte, à peine 1000m de montée pour 1700m de descente, dans le but de retrouver les vélos en fin de matinée. Mais comme souvent dans la région les bons sentiers balisés figurant sur les cartes font souvent place sur le terrain à de sérieux exercices d'orientation déductive et de débroussaillage exploratoire...le chemin C34 redescend vers le Lac de Campiccioli, plus de névés sur ce raide versant S, par contre après l'alpage de Banella (1800m), le balisage se perd, nous avons tenté d'emprunter le sentier figurant sur la carte 284S Mischabel mais il n'est plus entretenu - le nouveau sentier est celui de la carte italienne, il longe de près la gorge et rejoint le précédent au replat inférieur, plus de souci ensuite jusqu'au Lac et jusqu'au Pt 1014 par un joli chemin à flanc dominant le Lac d'Antrona sans y descendre.

Les péripéties reprennent au Pt 1014 : panneau et balisage flambants neuf semblent faire croire que la remontée à la Forcola (1914m) sera une simple promenade, il n'en est rien; les alpages sont abandonnés, les randonneurs bien rares, la végétation a repris ses droits et elle est du genre agressif...malgré un balisage exemplaire du CAI de Viladossola, on se retrouve rapidement à débroussailler des ronces, des rosiers (aïe !) et des orties au milieu d'un terrain des plus chaotiques. Ne pas se décourager, remettre le bas du pantalon si vous êtes en short, les choses s'améliorent vers 1300m quand le sentier rentre en forêt, il est ensuite assez facile à suivre jusqu'en haut. Et comme les bonnes surprises existent aussi, la redescente finale sur le Lac de Cheggio se déroule sur un sentier digne de chez nous, évident, agréable et parfaitement balisé. Nous nous remettons en selle à 11h30, 1h18 avant le départ du train à Domo, avec quelques coups de pédale énergiques dans la plaine surchauffée j'ai même un peu d'avance...mes 2 amis qui ont le temps partent  manger une glace sur la Piazza del Mercato avant d'embarquer dans le train suivant.

A 12h48, c'est la dernière surprise du circuit. Mauvaise à nouveau. Au lieu du train conventionnel attendu avec ses beaux pictogrammes vélo sur chaque wagon ou presque, c'est un vrai Cisalpino qui entre en gare. Avec d'autres pictogrammes vélo sur chaque porte. Mais barrés, ceux-là. J'attend le moment ou le contrôleur a le dos tourné, je monte dans un wagon de 1ère déserté, je planque le vélo derrière une rangée de siège avant de m'asseoir un wagon plus loin en 2ème. Je retiens mon souffle...ouf, on est partis. Mais je ne vais pas m'en tirer comme ça ! A 2 minutes de l'entrée en gare de Brig, message menaçant sur la haut-parleur du train. Le cycliste présent à bord est invité à descendre immédiatement, son vélo clandestin sera déchargé sur le quai. L'explication avec le contrôleur, un Bernois ventru et antipathique, est assez houleuse. "Pas fait exprès, je pensais avoir un train conventionnel comme vous l'indiquez sur le website des CFF, je ne gêne personne dans ce train à moitié vide" - "Vous avez contrevenu à la loi, n'aggravez pas votre cas, si je vous avais surpris à Domodossola cela aurait été bien plus sérieux" (je cite texto).

J'en suis quitte pour attendre le train suivant pour Berne 30min plus tard ! En vomissant d'autant plus ces saletés de Cisalpino. A noter que mes 2 camarades monteront sans souci dans le Cisalpino Domo - Genève 1h plus tard, leur contrôleur ne dira rien...était-ce pour les beaux yeux de Carine ? Etait-ce parce qu'il était romand et pas bernois? Ou était-ce simplement le fruit du hasard ? Chacun se fera son idée...et il y a bien sûr plein d'autres choses plus importantes ! Comme de savoir comment revenir par ici avec ou sans vélo, comment trouver les bonnes conditions pour gravir l'Eperon du Lac Majeur au Mittelrück ou l'arête S du Portjengrat avec l'un de nos guides cet été, etc ... En tous cas un souvenir vraiment mémorable avec deux chouettes amis. Vive les fériés catholiques !


Tourengänger: Bertrand

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