Quatre jours dans l'Oberland bernois : Quatrième étape, de l'Oeschinensee à Adelboden


Publiziert von stephen Pro , 27. August 2018 um 18:52.

Region: Welt » Schweiz » Bern » Frutigland
Tour Datum:14 August 2018
Wandern Schwierigkeit: T3 - anspruchsvolles Bergwandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-BE 
Zeitbedarf: 7:00
Aufstieg: 1215 m
Abstieg: 1570 m
Strecke:Oeschinensee - Kandersteg - Bunderchrinde - Adelboden

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Pour cette quatrième et dernière journée de notre mini-traversée de l'Oberland, le mauvais temps finit par nous rattraper, 24 heures plus tard que prévu. Les prévisions étaient pourtant plus optimistes que la veille : pluie en début de matinée, suivie de l'arrivée d'éclaircies depuis l'ouest. Mais je ne peux pas me plaindre : sur 20 jours de randonnée au cours de ces vacances d'été 2018, c'est la seule vraie journée de pluie que nous avons eue.

La pluie a commencé pendant la nuit et tout est détrempé sous une chape de nuages bas lorsque nous descendons prendre le petit déjeuner peu avant 8 heures. Dehors, une employée de l'hôtel est en train d'essuyer les tables et chaises de la terrasse et d'ouvrir les parasols… bon signe, ou optimisme téméraire ?

Ayant passé la nuit à près de 1600 mètres, nous commençons cette étape par une petite heure de descente jusqu'à Kandersteg (1170 m). J'avais pensé prendre la télécabine mais en réalité, une fois qu'on a monté à la station supérieure depuis l'Oeschinensee, le gain de temps est minime. Nous descendons dans la vallée de la Kander par une alternance de sentiers glissants et de petites routes, le long d'un torrent gris dont le débit doit au moins quintupler après un orage, à en croire la largeur de son lit. Nous faisons la descente au sec, mais la pluie reprend au moment où nous Kandersteg. L'humidité a fait sortir de nombreuses salamandres noires, qui ont élu domicile sur le sentier, au point où il est difficile de ne pas marcher dessus. La météo ne me préoccupe pas trop : j'ai déjà fait cette randonnée en 2010 et je sais qu'il n'y a pas de difficultés particulières… ce sera juste dommage de ne pas pouvoir profiter de la vue magnifique sur l'Altels et le Balmhorn en montant au col.

Nous traversons Kandersteg sous l'averse, puis continuons le long de la rivière jusqu'à Eggeschwand, où commence la montée qui nous fera quitter le Kandertal vers l'ouest. D'ici jusqu'à la Bunderchrinde il y a quelque 1200 de dénivelée, montée qui se fait assez confortablement, par une alternance de passages plus raides et de replats. La première partie est plutôt raide, sur un sentier en forêt qui contourne des arbres, longe des clairières et croise une petite route d'alpage à plusieurs reprises, avant une dernière montée le long d'un torrent bordé de hautes falaises à gauche. Cette première partie se termine à Usser Üschene (1595 m), où le sentier débouche dans une large et longue vallée d'altitude, parsemée de chalets. Les nuages se sont retirés et la pluie s'est arrêtée, il y a même du ciel bleu, mais les sommets restent cachés. Nous traversons le fond de la vallée, d'abord en montée toute douce, puis sur un chemin plus raide qui remonte jusqu'à la base de barres rocheuses dont le haut est invisible dans les nuages. Il faudra surmonter cette barre avant de trouver le prochain replat à Alpschele, où je compte faire une pause casse-croûte, après quoi il ne restera plus qu'une traversée ascendante facile jusqu'au col.

A partir du chalet de Bärgli (1702 m), un sentier étroit remonte en lacets raides et serrés, se faufilant comme il peut entre les barres rocheuses. Des nuages remontent à nouveau depuis la vallée : il se remet à pleuvoir et nous sommes à nouveau enveloppés dans le brouillard. Ce brouillard a néanmoins l'avantage de masquer le vide qui se dessine à droite du chemin, à une bonne distance de celui-ci la plupart du temps, mais avec un ou deux passages assez aériens vers la fin de la montée. La pluie s'intensifie alors que nous nous rapprochons d'Alpschele (2097 m), où nous sommes accueillis par un troupeau de vaches. Nous décidons de continuer et de finir la montée avant de faire la pause et, quelques minutes plus tard, le temps s'améliore une nouvelle fois.

Nous poursuivons notre montée au milieu des vaches, essayant de rester sur nos deux pieds sur une surface qui semble consister entièrement de boue et de bouses, en quantités égales. Les nuages se lèvent un peu, nous permettant d'apercevoir le col juste au-dessus, une brèche étroite en forme de U entre des falaises sombres. Dans mon souvenir, cette ultime montée au col était facile. Mais le sentier a souffert depuis 2010, sans doute endommagé par des orages et des éboulements. Ce qui était une traversée ascendante en ligne droite dans les pierriers est devenu nettement plus difficile : le sentier (ou ce qu'il en reste) fait des zigzags dans un terrain devenu instable, où chaque pas en avant s'accompagne d'une glissade en arrière. Mais nous y sommes enfin, voici le col de la Bunderchrinde (2382 m), il ne nous reste plus qu'à descendre sur Adelboden, un bon millier de mètres en dessous. Une fois de plus nous remettons la pause midi à plus tard, car un petit vent frais souffle au col.

Le début de la descente est presque ridicule, tellement il est raide (sans toutefois être exposé), c'est assez miraculeux que nous arrivons à rester debout … là aussi, j'ai l'impression que l'itinéraire est devenu plus difficile depuis 2010. En dessous de 2200 mètres les choses deviennent plus faciles et le schiste noir cède sa place à l'herbe. Nous faisons enfin notre pause midi vers 14 heures, assis sur un rocher plat au milieu du chemin… mais nous sommes tout seuls aujourd'hui, nous n'allons déranger personne en squattant le sentier ! C'est un pique-nique vite avalé, composé de restes des trois derniers jours et d'œufs durs libérés du buffet de petit déjeuner de l'hôtel Oeschinensee. Au bout de dix minutes la pluie reprend… et cette fois-ci elle ne nous quittera plus jusqu'à la fin de l'étape.

Nous descendons doucement par un chemin boueux et très glissant jusqu'au chalet de Bunderchumi (2113 m), puis en pente plus raide mais moins boueuse jusqu'à I de Schrickmatte (1811 m), où l'odeur d'un feu de bois émane de l'un des chalets. Notre itinéraire se poursuit sur une route d'alpage que nous suivons presque jusqu'en bas : un sentier raide à travers champs coupe les lacets de la route, mais le terrain est tellement glissant que nous optons pour la facilité de l'asphalte sous nos pieds. Tout est très vert sous la pluie, on a de la peine à croire que nous sortons de deux mois de canicule, on pourrait se croire en avril si ce n'était cette chaleur moite et estivale.

Nous descendons en forêt par la route, puis sur un sentier lorsque la route décide de s'en aller vers le nord, essayant de ne poser les pieds ni sur les pierres glissantes, ni sur les racines encore plus traîtres. Je suis certain que nous n'arriverons pas à l'arrêt de bus d'Oey en dessous d'Adelboden pour le bus de cinq heures, mais nous le faisons avec une minute de marge. Une demi-heure plus tard, nous attendons le train à Frutigen sous un soleil chaud, on a l'impression qu'il n'a pas plu du tout ici, pourtant nous sommes encire bien humides ! Ces quatre jours de randonnée ont été tout simplement fantastiques, il faudra revenir sur la Via Alpina et dans l'Oberland bernois dès que possible ! 

Etape précédente

Tourengänger: stephen


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