De Glaubenbielen à Flühli par sommets, crêtes et hauts-marais


Publiziert von stephen Pro , 17. Oktober 2017 um 19:57.

Region: Welt » Schweiz » Obwalden
Tour Datum:15 Oktober 2017
Wandern Schwierigkeit: T2 - Bergwandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-OW   Entlebucherflühe - Fürstein   CH-LU   Hagleren und Giswilerstöcke 
Zeitbedarf: 6:45
Aufstieg: 660 m
Abstieg: 1300 m
Strecke:Glaubenbielen - Nünalpstock - Haldimattstock - Bärenturm - Trogenegg - Seewenseeli - Stäldeli - Flühli
Zufahrt zum Ausgangspunkt:cff logo Glaubenbielen, Parkplatz
Zufahrt zum Ankunftspunkt:cff logo Flühli LU, Hüttlenen

English version here

C’est le dernier jour de circulation du bus sur la route du Glaubenbielen avant sa pause hivernale et, pour le grand bonheur des nombreux passagers qui montent dedans à Giswil, c’est un jour d’automne absolument parfait.  Certes il fait encore frais à l’ombre dans la vallée à 9 heures du matin, mais la température va monter rapidement, cela ne fait aucun doute.
 
Le trajet de 30 minutes entre Giswil et le parking de Glaubenbielen doit faire partie des plus beaux du réseau des cars postaux en Suisse : ce n’est pas pour rien que cette route est dénommée Panoramastrasse. Etroite et sinueuse, la route serpente à flanc de montagne, laissant apparaître une vue de plus en plus magnifique vers le Sarner See bleu et les montagnes au-delà. Alors que nous montons, le feuillage jaune et orange des forêts de la vallée cède progressivement sa place au vert foncé des conifères de la montagne. Le klaxon du car postal n’en finit pas de retentir alors que les lacets de la route se succèdent : ce klaxon semble d’ailleurs préparer son hibernation imminente, car une seule note de sa mélodie à trois tons fonctionne encore. Le chauffeur commente les points les plus intéressants de la route et identifie les sommets que nous pouvons voir. A Glaubelbielen, où la plupart des voyageurs descendent, il nous souhaite une bonne balade puis : “A ce soir, sinon à l’année prochaine !”.
 
Je commence à marcher à 9 heures 30. Le soleil est déjà inhabituellement chaud pour la saison et un T-shirt suffit, même à plus de 1500 mètres d’altitude. Je suis déjà venu ici en juillet lorsque je suis allé au Brienzer Rothorn ; aujourd’hui je vais partir dans la direction opposée pour une randonnée qui me fera passer par toute une série de petits sommets avant de redescendre soit vers Langis, soit vers Flühli – je déciderai de ma destination finale plus tard en fonction de l’heure et de mes envies.
 
Je suis une route d’alpage qui monte en pente douce au-dessus d’une vallée verte où des maisons isolées se blottissent dans les replis du terrain. De l’autre côté de la vallée, la face nord du Brienzergrat se trouve encore en grande partie à l’ombre, alors que le soleil encore bas effleure tout juste quelques-uns de ses sommets pointus et falaises abruptes.
 
A Scheidbach (1584 m), je quitte la route pour un sentier étroit qui remonte en lacets assez raides vers la base du Rotspitz rocheux, puis continue en terrain plus dégagé le long du Heimegg, une large crête herbeuse qui file au nord-ouest vers le Nünalpstock. A ma droite, au-delà de grandes pentes d’herbe jaune, la longue vallée du Glaubenbielental attire le regard vers le Sarner See, le Stanserhorn, le Pilatus et le Rigi lointain. La météo est tout simplement parfaite : il fait chaud sans la moiteur du mois d’août et l’air est parfaitement limpide, sans la brume de chaleur du plein été.
 
Après un carrefour de chemins à 1767 m, la crête du Heimegg bute sur les pentes nettement plus raides du Nünalpstock. Il s’ensuit la montée la plus raide de la journée: 100 mètres de lacets serrés pour atteindre le premier sommet du jour, qui est aussi le plus élevé avec ses 1900 mètres. La vue depuis le Nünalpstock est magnifique dans toutes les directions. Vers le sud, derrière le triangle rocheux du Rotspitz se dresse un panorama de montagnes plus hautes qui s’étend de l’Eiger au Sustenhorn et au-delà, en passant par le Titlis. Certains sommets se trouvent encore à l’ombre alors que d’autres, touchés par le soleil, scintillent de blanc et d’argent. Au nord-ouest, devant la Schrattenflue gris argenté, se trouve la pyramide herbeuse du Haglere, que j’ai gravi avec une amie le 30 décembre dernier par des conditions tout aussi inhabituelles pour la saison. Vers le nord-est, une longue crête m’attire déjà vers la suite de la randonnée.
 
Laissant le Nünalpstock derrière, je descends par des pentes d’herbe touffue jaune-brune vers la crête qui mène au sommet suivant, le Haldimattstock. De part et d’autre de cette large crête se trouvent des vallées sauvages et densément boisées. Les vallées de cette partie de la Suisse centrale sont étonnamment isolées : sur la carte, on peut voir que certaines d’elles sont totalement dépourvues d’habitations et même de chemins… ou alors il y a des chemins qui ont dû servir autrefois mais qui ne vont plus nulle part, commençant et finissant en pleine forêt. Dans la vallée à gauche de la crête, seules deux clairières occupées chacune par une grange interrompent le vert uniforme de la forêt. A droite, quelques chalets d’alpage isolés parsèment les pentes ensoleillées au-dessus de la limite supérieure de la forêt, mais la vallée en dessous est tout aussi sauvage.
 
Le Haldimattstock s’élève presque imperceptiblement depuis l’ouest jusqu’à une altitude de 1792 mètres. Le côté oriental est plus raide, descendant assez abruptement jusqu’à une selle située cent mètres plus bas. De nouveau sur terrain plus ou moins plat, je continue à travers un paysage de haut-marais et de forêt clairsemée. Le terrain est marécageux et boueux à souhait mais les couleurs sont superbes : les longues tiges des herbes du marais sont un festival de tons orange-jaune-vert contre le fond noir de la tourbe. Le soleil, encore relativement bas dans le ciel à midi passé, projette des ombres qui accentuent encore plus les couleurs vives de la végétation.
 
Petit à petit le terrain s’élève et le sol devient moins marécageux. Je sors à nouveau de la forêt pour atteindre la crête herbeuse du Looegg (1750 m), surplombant les quelques chalets de l’alpage de Loo. Deux itinéraires permettent d’atteindre le Sattelpass depuis ici : l’un passe par le sommet du Bärenturm, alors que l’autre contourne celui-ci par l’est. Je choisis le premier des deux : il est presque une heure et le sommet plat du Bärenturm – mon troisième sommet du jour – devrait être l’endroit idéal pour la pause déjeuner. Un quart d’heure de montée assez raide suffit pour atteindre le point culminant (1798 m) qui, selon la carte, devrait être coiffé d’une croix. Je ne vois aucun signe de celle-ci : en effet, elle est couchée par terre, ayant peut-être perdu la bataille contre une tempête ?  Après avoir mangé mes sandwiches je m’allonge moi aussi sur l’herbe et passe une demi-heure très agréable à faire la sieste sous le soleil agréablement chaud. La vue vers le sud et l’est est splendide, avec une quantité innombrable de sommets visibles. Tout le chemin (ou presque) que j’ai parcouru depuis trois heures est là devant mes yeux, c’est somptueux.
 
Le sentier qui descend du côté nord du Bärenturm vers le Sattelpass est plutôt raide. Certains rapports sur ce site le qualifient de niveau T3, ce que je trouve pourtant exagéré. Le sentier est certes étroit, glissant et raide, mais il n’est ni exposé ni difficile, et les endroits les plus raides ont été aménagés avec des marches en bois. En cas de glissade, le pire que l’on risque est d’avoir les fesses couvertes de boue : je sais, j’ai testé… et plutôt deux fois qu’une !  Deux cents mètres plus bas et vingt minutes plus tard j’arrive au  Sattelpass (1594 m), où il y a un restaurant d’alpage, un parking et un nombre assez conséquent de randonneurs et de VTTistes. Deux meules de foin constituent un premier plan agréable à la vue panoramique du côté est du col.
 
Au-delà du Sattelpass, la demi-heure qui suit est plus monotone et moins intéressante. Une piste caillouteuse remonte en forêt sous le Sattelstock ; c’est la seule partir de cette randonnée où il n’y a pas de vue à admirer. Ce n’est qu’à Miesenegg  (1696 m) que je quitte à nouveau la forêt pour retrouver le panorama dégagé qui caractérise cet itinéraire.
 
Je dois maintenant décider de la suite de mon itinéraire : soit continuer dans la même veine par d’autres sommets et crêtes jusqu’à Langis, soit descendre par Stäldeli jusqu’à Flühli. C’est cette dernière option que je finis par choisir :  plutôt que de rester en altitude et de voir d’autres paysages du même type, ce sera sympathique de descendre par les alpages et de profiter un peu des couleurs d’automne à plus basse altitude. Mais avant de descendre, il me reste une dernière montée à faire jusqu’au vaste plateau marécageux du
Trogenegg (1820 m). On pourrait s’imaginer ici dans le Peak District anglais, s’il n’y avait pas toutes ces cimes enneigées en arrière-plan. Le terrain est tourbeux, humide et glissant et je manque à plusieurs occasions de remplir mes chaussures de boue gluante. Ce n’est que peu avant le Seewenseeli (1716 m) que je me retrouve sur terre ferme. Ce petit lac très bleu occupe le fond d’une cuvette naturelle, entourée de forêt sur deux côtés et surplombée par une petite chapelle avec, en toile de fond, les sommets jumeaux du Fürst in et du Chli Fürst in.
 
A partir du Seewenseeli, le reste de la randonnée se fait tout en descente, par une alternance de passages plus raides et de replats. Je descends dans une vallée parsemée de conifères qui ont l’allure de bonsaïs géants, avec les sommets encore plus géants de l’Oberland bernois en point de mire. Plus bas, la terrasse du restaurant d’alpage de Stäldeli (1373 m) est bondée ; toute la Suisse centrale veut profiter jusqu’au dernier moment de l’été indien exceptionnel.
 
En dessous de Stäldeli, le sentier devient plus raide et plus étroit, plongeant en forêt vars la vallée du Rotbach. C’est la partie la plus « difficile » de la randonnée : le soleil est maintenant très bas dans le ciel et le contraste entre zones de soleil et zones d’ombre est très prononcé. Avec ces contrastes et le fait que j’ai le soleil dans les yeux, j’ai beaucoup de peine à voir sur quoi je mets mes pieds : il y a des racines, des cailloux, des trous qui attendent en embuscade, le tout recouvert d’un tapis de feuilles mortes et d’aiguilles de conifères extrêmement glissant. Je glisse et tombe plusieurs fois et suis soulagé lorsque j’arrive enfin en bas : me casser un poignet à cinq heures du soir sur un chemin de montagne désert serait une très mauvaise idée. Par des trouées dans la forêt je vois un paysage enchanté de prairies, de corps de ferme et d’arbres touchés par le soleil couchant.
 
A cinq heures et demie, alors que le soleil passe derrière les montagnes du côté ouest de la vallée, j’arrive  enfin au bout de la descente dans la gorge profonde du Chessiloch. Plus haut, le flanc des montagnes se trouve encore au soleil et flambe de toutes les couleurs d’automne. Juste avant d’arriver à l’arrêt de bus de Hüttlenen, un dernier rayon de soleil illumine un arbre au-dessus de la route, l’éclairant d’un rouge vif pendant quelques secondes. C’est l’aboutissement parfait d’une journée magnifique, une belle fin à la saison de randonnée estivale 2017.
 

Tourengänger: stephen


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