Sur le Chemin panorama alpin : Seizième étape, du Napf à Neumühle


Publiziert von stephen Pro , 13. Mai 2016 um 19:20.

Region: Welt » Schweiz » Bern » Emmental
Tour Datum: 7 Mai 2016
Wandern Schwierigkeit: T2 - Bergwandern
Wegpunkte:
Geo-Tags: CH-BE   Napf   CH-LU 
Zeitbedarf: 6:00
Aufstieg: 1120 m
Abstieg: 1770 m
Strecke:Napf – Lushütte – Lüderenalp – Neumühle
Zufahrt zum Ausgangspunkt:A pied uniquement. L'arrêt de bus le plus proche est à cff logo Mettlenalp, à 50 minutes de marche du Napf et desservi uniquement le dimanche en été.
Zufahrt zum Ankunftspunkt:cff logo Neumühle
Unterkunftmöglichkeiten:Berghotel Napf

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Découper une grande traversée comme le Chemin panorama alpin en une série de randonnées à la journée est pratique, mais en même temps a quelque chose de frustrant. Il manque la sensation de voyage au long cours, de déconnexion par rapport au quotidien qui vient au fil de la longue et lente suite  des étapes.  C'est donc un vrai bonheur de me lever au sommet du Napf pour enchaîner la seconde étape du week-end de l'Ascension sans besoin de train ni de bus pour arriver au point de départ.  Mon bonheur ne fait qu'augmenter en ouvrant les volets pour découvrir le ciel bleu et la vue somptueuse sur l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau.

Le petit déjeuner est servi à partir de huit heures. Nous ne sommes que le 7 mai, mais il fait assez doux pour que nous puissions déjeuner en terrasse, sous un soleil qui réchauffe déjà bien l'air. Le pigeon qui, hier soir, a tant surpris le propriétaire de l'hôtel est toujours là, ayant sans doute réalisé que la combinaison d'une terrasse ensoleillée et de nombreux randonneurs va se traduire par de nombreuses miettes à manger. Un randonneur solitaire arrive depuis l'ouest ; entre dans l'hôtel, puis en ressort avec une bière et un croissant qu'il s'en va déguster à l'autre bout de la pelouse sommitale, face aux géants de l'Oberland bernois. Nous reconnaissons des gens de la veille : un couple avec un chien de berger noir et blanc, un vététiste portant un short vert criard, un groupe de cinq francophones qui débattent du pour et du contre de l'importation de produits laitiers néerlandais. Nous nous amusons à leur inventer des prénoms et à essayer de deviner les relations au sein du groupe : qui est le père, la sœur ou le petit ami de qui ?

Nous prenons notre temps pour déjeuner ; après tout, l'étape du jour est facile et tout en descente…  Ce n'est donc que vers neuf heures et demie que nous sommes enfin prêts à démarrer, et nous aurions facilement pu rester là, au sommet du Napf, à bronzer. Nous n'avons peut-être pas suivi la direction du Paradisli hier, mais nous n'en sommes pas loin ici. Mais bon, nous avons six heures de marche devant nous, il faut se mettre en route.

Nous suivons un sentier étroit qui descend par le flanc ouest herbeux de la montagne, puis entre en forêt. Ce sentier est typique de ceux que nous suivrons ce matin : étroit, parfois boueux, souvent en balcon au-dessus de pentes boisées raides. De temps en temps, les arbres se séparent pour révéler des vues plongeantes vers des vallées reculées, où le soleil du matin crée des jeux de lumière et d'ombre vert clair et foncé. Le chant des oiseaux est omniprésent et je ne pense pas en avoir jamais été aussi conscient qu'aujourd'hui. La variété de chants que font tous ces oiseaux invisibles est étonnante. Un chant en particulier semble prédominer, avec des paires d'oiseaux qui le répètent au-dessus de nos têtes. Nous ne sommes pas très doués en matière d'identification des oiseaux, mais plus tard, une fois rentrés à la maison et après une longue consultation de sites web, nous finirons par attribuer ce chant au pinson. A deux endroits, le sentier semble avoir été emporté par des glissements de terrain tout récents : une semaine ou deux plus tôt dans la saison, nous n'aurions probablement pas pu passer.

Nous quittons la forêt peu avant le chalet d'alpage de Niederänzi, 1235 m. Le sentier étroit cède sa place à une large crête herbeuse, avec de beaux panoramas vers le nord et le sud. Loin au nord, un champ de colza déjà vu hier saute aux yeux, tâche de jaune vif au milieu d'un océan de verdure. Il n'y a pas le moindre souffle de vent : à l'horizon, la plume de vapeur de le centrale nucléaire de Gösgen monte vers le ciel avec une verticalité parfaite. Une vieille publicité en métal vantant les mérites de la bière Felsenau laisse croire que le chalet a dû faire buvette dans un passé pas si lointain.

Vient ensuite une montée raide de 150 mètres ("la seule de la journée", je dis à ma coéquipière…), depuis l'Änzisattel jusqu'aux chalets de Hochänzi. Cette montée nous ramènera presque à l'altitude de notre point de départ sur le Napf. Je remonte le sentier caillouteux d'un pas lent. Au troisième virage, un homme plus âgé est en train de reprendre son souffle ; je l'encourage avec un "Presque en haut" qui se révèle un peu trop optimiste, car il reste plus de la moitié de la montée à faire !

Depuis  Stächelegg hier après-midi, nous suivons la limite cantonale entre Lucerne et Berne. A Hochänzi, cette frontière vire au nord alors que nous continuons vers l'ouest, en territoire bernois désormais, laissant la Suisse centrale définitivement derrière.  Nous contournons une autre vallée profonde et boisée en balcon : jamais vraiment exposé, le sentier demande néanmoins un minimum d'attention, car il y a des endroits où mettre le pied 50 centimètres trop à gauche conduirait à une bonne chute. Au bout de deux heures de marche dans un paysage de toute beauté, nous arrivons à la Lushüttenalp, 1323 m, où on peut se restaurer et où les grandes tables en bois devant le chalet sont un appel clair à pause café. Le couple avec le chien de berger passe sans s'arrêter ; le cycliste au short vert fluo arrive également et s'installe à une table voisine. Une demi-douzaine d'autres vététistes sont assis  à une autre table à boire des Rivella : nous verrons beaucoup de cyclistes aujourd'hui et même un groupe mixte de VTT et de marcheurs, chose que je n'avais encore jamais vue.

La tendance générale est maintenant à la descente, même si les nombreuses petites remontées rendent ma théorie d'une journée tout en descente quelque peu caduque. Les passages en forêt se succèdent aux crêtes herbeuses, avec la pente tantôt à gauche, tantôt à droite. Peu avant la Lüderenalp, un banc très panoramique est l'endroit parfait pour déjeuner au soleil. Pas de salade élaborée aujourd'hui, notre pique-nique est plus basique : tomates-cerises, jambon cru, viande des grisons, salami et deux sortes de fromage d'alpage, accompagnés de pain de seigle. Après un peu moins de quatre heures de marche nous arrivons à la Lüderenalp, avec son hôtel et son arrivée de route depuis Langnau, à une altitude de 1164 mètres. Avec toutes ces montées et descentes, nous n'avons perdu que 250 mètres d'altitude depuis le Napf, il en reste beaucoup à descendre…

Jusqu'ici je connaissais le chemin, l'ayant parcouru dans l'autre sens à l'automne 2006. Au-delà de la Lüderenalp, je me trouve en terrain inconnu. Le Chemin panorama alpin tourne au sud et se dirige vers notre destination à Neumühle, dans la vallée de la Grosse Emme. Je m'attends à ce que cette seconde partie de la randonnée soit moins intéressante ; sans doute des routes d'alpage qui vont simplement descendre vers la vallée. Mais une fois de plus, je me trompe complètement. Le sentier reste en altitude, remontant même une nouvelle fois vers un mamelon herbeux à 1201 mètres d'altitude. L'itinéraire parvient à éviter les revêtements durs presque entièrement, et le parcours de crête offre une vue qui n'en finit pas de changer et de nous révéler de nouveaux panoramas. Nous nous trouvons à la limite ouest des montagnes : à notre droite, le terrain descend tout doucement vers un paysage de bocage avec fermes, bosquets et champs. A notre gauche, le trio Eiger – Mönch - Jungfrau est toujours là, vu sous un angle différent, alors que le Stockhorn et le Niesen sont facilement identifiables devant. Mon amie me fait remarquer, très justement, qu'en deux jours de marche nous n'avons absolument rien vu de laid.

Nous entamons enfin la descente vers l'Emmental. Au hameau de Hollerenscheuer, 900 m, nous passons devant une maison en bois absolument magnifique, eh face duquel se trouve un potager tout aussi magnifique, ses parterres de légumes entourés de tulipes et de myosotis.  Plus loin, à la lisière d'un bois, nous voyons ce qui semble être un lilas géant : il doit faire pas loin de dix mètres de haut. Vu de plus près, ce ne sont pas des fleurs de lilas, mais nous ne parvenons pas à identifier ces jolies fleurs blanches au parfum mielleux de tisane.
Vers cinq heures nous arrivons au village de Neumühle, avec ses villas coquettes et ses jardins impeccables. L'étape du jour a été longue : six heures de marche environ sans les pauses. Cette étape magnifique n'a pas du tout été la petite promenade que j'avais imaginée, et nos pieds et mollets nous le rappellent. De retour à la maison, en calculant les dénivelées du jour sur Swiss map, je suis étonné de découvrir que nous avons fait plus  de 1100 mètres de montée (pas si mal pour une étape "toute en descente") et non moins de 1772 mètres de descente depuis le Napf. Au centre du village, des palines de gondoles plantées dans un ruisseau apportent un grain de folie méditerranéenne à ce bourg tranquille de la campagne bernoise.

Le train arrive et nous emmène en quelques minutes à Langnau, où nous changeons pour Lucerne. Une bière assis au balcon et un bain sont les deux priorités ; plus tard viendront un verre de Heida avec la viande séchée qui reste du pique-nique de ce midi, puis un très bon souper de poulet avec des pommes e terre nouvelles et une sauce crémeuse à l'estragon… quel week-end formidable !
 
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Tourengänger: stephen

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